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Critiques Séries : Undercover. Saison 1. BILAN (UK).

25 Mai 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Undercover

Critiques Séries : Undercover. Saison 1. BILAN (UK).

Undercover // Mini-series. 6 épisodes.
BILAN


Peter Moffat a voulu raconter une histoire touchante et troublante à la fois, un mélange de drame social et de drame familial. L’histoire de Maya Cobbina n’est pas vraiment à envier. En effet, cette avocate britannique cherche à prouver l’innocence de son mari Nick Johnson. Après s’être vu proposé le poste de Directrice des Accusations Publiques, le passé de son mari (et les circonstances de la rencontre de Maya et Nick vingt ans plus tôt) revient les hanter. En seulement six épisodes, la série parvient à rester forte et surtout à montrer à coeur ouvert ce que ses personnages sont et ce à quoi ils pensent. Grandement aidé par une Sophie Okonedo (Hotel Rwanda, Criminal Justice) étonnante, Undercover s’avère être un drame fort malgré le manque de crédibilité de l’histoire par moment. Sauf que je ne pense pas que cela soit pour la crédibilité qu’il faille regarder Undercover. Au contraire,e la série n’a clairement pas besoin de ça. Elle se concentre surtout sur les émotions de chacun des personnages et c’est là où justement la série est forte. C’est donc souvent brutal avec le téléspectateur qui se prend en plein fouet les émotions de son héroïne. Je pense notamment à l’épisode 2 qui est peut-être bien l’un des épisodes les plus intéressants de la série. Après un premier épisode rythmé et intelligent, la série a voulu nous plonger la tête la première au coeur des émotions.

Et elle le fait de façon assez intelligente. Maya est surtout là pour se battre pour avoir une chance de réouvrir l’affaire de la mort de Michael Antwi, décédé sous garde policière il y a vingt ans de ça. Le fait est que cette histoire reflète surtout quelque chose de terrible dans la relation entre Maya et Nick. C’est une femme inspirée et bien que le côté judiciaire soit un peu vulgarisé alors que le reste se veut assez complexe, j’aime bien le fait qu’elle veuille être la première Directrice des accusations publiques. C’est un poste important et Undercover cherche à faire passer un message intéressant de plusieurs points de vue. Le premier est celui du fait que ce serait la première femme noire. C’est une façon de parler de l’évolution de la société et de parler d’égalité des chances pour tous, pas seulement du point de vue du sexe mais également de la race. Sophie Okonedo porte donc ici un étendard vraiment brillant qui sied à merveille à l’idée que l’on peut se faire de ce personnage et de ce qu’elle peut bien impliquer à sa façon. En parallèle,  le second est celui de la femme forte qui n’a peur de rien. La symbolique que tente d’incarner Maya est assez féministe finalement.

Peter Moffat a beau avoir créé un personnage de femme torturée qui n’a de cesse d’être secouée par tout ce qui se passe dans sa vie. Dès qu’elle est remuée par une révélation, une autre vient en rajouter une couche. Elle n’a pas de chance et bien que les émotions soient parfois un peu trop présente, l’ensemble a de quoi séduire. Les flashbacks sont cruciaux quant à eux car ils permettent de comprendre notamment en 1996 comment Nick en est venu à se marier avec la femme qu’il espionnait. En parallèle, Undercover parle aussi de brutalité policière et des raisons pour lesquelles Maya était aussi enthousiaste à l’idée de rouvrir l’affaire de Michael. Si je parle souvent de Sophie Okonedo, Adrian Lester est lui aussi très convaincant sous les traits de Nick. Il a du mal à garer ses sentiments personnels et professionnels séparés, commençant ainsi à questionner ses propres croyances en tant qu’homme noir au sein de la police, qu’en homme sous couverture espionnant une organisation anti-raciste. Il gère alors le rôle avec beaucoup de sensibilité et une détermination à raconter l’histoire qui s’avère à la fois réaliste et honnête. Au fil des épisodes Undercover se révèle et nous en dire un peu plus sur ce qu’elle veut réellement faire passer comme message. Après tout ce n’est pas la série la plus simpliste.

En effet, Undercover va beaucoup plus loin que l’on ne pourrait probablement l’imaginer au premier abord. Elle pose des vraies questions et tente d’apporter sa propre version des réponses. Tout est fait petit à petit, laissant ainsi les sentiments consommer chacun des personnages petit à petit. Notamment l’héroïne qui est à bout de forces la plupart du temps. Avec un brin d’action ici et là, secouant un peu la série, Undercover parvient à mélanger les genres même si encore une fois elle a un peu de mal à garder le tout sur le terrain le plus réaliste qu’il soit. On apprend des tas de choses dans les flash-backs et accessoirement dans le présent afin de voir qui sont les personnages mais aussi ce que chacun incarne à sa façon dans cet univers. Maya et Nick jouent chacun dans une cours différente, ce qui laisse au téléspectateur l’occasion de se poser les bonnes questions. Les révélations se font alors au fil des épisodes (et notamment à partir de l’épisode 4). Nick va surtout mettre Maya sur une piste, ce qui va permettre de se poser tout un tas de questions et encore une fois nous conduire à l’inéluctable fin. BBC One démontre encore une fois qu’elle sait miser sur les bons chevaux en matière de série. Undercover fait partie des très bonnes surprises que je n’attendais pas. Il y en a là dedans qui méritent des BAFTA.

Note : 7/10. En bref, une belle petite mini-série.

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