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Critiques Séries : Underground. Saison 1. BILAN.

13 Mai 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Underground

Critiques Séries : Underground. Saison 1. BILAN.

Underground // Saison 1. 10 épisodes.
BILAN


Derrière Underground se cache une série beaucoup plus complexe que son pitch ne semble vouloir nous le faire croire. En effet, au premier bord cette série est un thriller avec son lot de séquences qui collent avec le genre. Mais au fond la série a un propos beaucoup plus complexe, se dessinant presque comme une leçon d’Histoire. Il y a quelque chose de vraiment fort dans cette saison qui se dessine au fil des épisodes et qui fonctionne d’ailleurs très très bien. Si Underground pourrait être facilement prise comme une version télévisée de 12 Years a Slave, je dirais que c’est un peu différent tout de même. Ne serait-ce que dans le ton qui est loin d’être aussi scolaire et clinique que dans le film de Steve McQueen. Non pas que je n’aime pas le style McQueen, juste que je trouve Underground beaucoup plus chaleureuse dans sa façon de faire passer quelque chose de difficile dans l’histoire américaine. Je trouve qu’en plus de ça, la série ne cherche pas à devenir le mur des lamentations, simplement à raconter une belle histoire au travers de quelque chose de difficile. Car l’histoire de la ségrégation, de l’esclavage des afro-américains, etc. ce n’est pas la page la plus glorieuse de l’historie américaine mais je trouve que la série parvient à faire des choses assez intelligentes de ce point de vue là. A mon grand étonnement.

Il y a quelque chose de complexe dans cette série tout de même et c’est sa façon de dépeindre une certaine économie américaine, notamment basée sur le coton. J’aime bien ce qui est fait dans la série mine de rien car cela change un peu de tout ce que l’on avait pu voir auparavant. Misha Green et Joe Pokaski refusent donc de choisir entre l’histoire à proprement parler et un thriller nous racontant l’histoire d’esclaves qui ont envie de s’échapper. L’esclavage est quelque chose qui n’a pas été souvent traité dans le monde des séries. On a pu le voir dans Roots (dont on attend le remake prochainement), ou encore dans The Book of Negroes (BET) mais c’est une thématique complexe à laquelle peu de gens semblent vouloir toucher. Après tout, on les comprend dans le sens où ce n’est clairement pas facile de parler d’une période que les américains aimeraient bien oublier (ou pas pour certains ségrégationnistes qui partagent toujours ce point de vue qui n’aurait jamais dû voir le jour). L’esclavage reste donc l’une des pires périodes d’un pays aussi puissant que les Etats-Unis et sincèrement, Underground retranscrit plutôt bien l’époque et la façon dont tout cela était mis en place. Ce que je trouve avant tout de très intéressant dans Underground c’est la capacité qu’a cette série d’être à la fois consciente de son époque tout en développant une histoire passionnante derrière.

Car finalement Underground est à suivre comme un bon petit thriller sans grandes prétentions. La série se concentre donc sur l’histoire d’un esclave, Noah, dont l’aventure sera de tenter de s’échapper du terrible piège dans lequel l’esclavage l’a conduit. Si Noah est un personnage important de l’histoire, ce n’est pas le seul. Underground a une galerie de personnages très divers, de Cato à Tom Mâcon (Reed Diamond) en passant par Rosalee ou encore Ernestine, la mère de Rosalee. Tous ces personnages jouent des rôles très différents dans cette aventures tout en restant avec un but assez précis. La narration de Underground n’a de cesse d’évoluer et de proposer quelque chose de neuf autour des personnages qui me plaît réellement. En se concentrant sur l’évasion, Underground peut alors maintenir une certaine forme d’espoir dans un environnement de désespoir. C’est complexe à dire mais la série dépeint tout de même quelque chose de terrible pour les esclaves alors que l’idée même de s’échapper est justement cette note d’espoir dont tout le monde a besoin afin de survivre au coeur de ces champs de coton. Les scènes brutales sont nécessaires afin de permettre de justifier l’environnement complexe dans lequel les personnages vivent. Et aussi le fait que cet environnement reste hostile.

Au delà de !a, la série s’intéresse également à la vie des esclavagistes. Ce n’est pas la partie la plus facile car il faut rester objectif tout en parlant de la problématique de l’époque. Car le point de vue choisi pour Underground reste les esclaves et pas ceux qui les asservisse. C’est justement ça la difficulté de cette série. Mais c’est aussi ce que j’aime bien. Du coup, nous avons un avocat anti-esclavagisme incarné par Marc Blutas et sa femme : John et Liz Hawkes. Voilà des personnages blancs impliqués dans cette volonté de changer un peu la face du monde et surtout des américains. Au fil des épisodes, la série mélange les univers, les genres et les tons ce qui fait d’elle une série beaucoup plus imaginative que l’on ne pourrait l’imaginer. J’ai adoré la fluidité du récit que l’on suit durant ces dix épisodes. La saison 2, déjà commencée par WGN America, promet déjà pas mal de belles choses. En espérant que la suite soit du même acabit. Bien entendu, WGN America s’inscrit ces derniers temps comme une chaine à suivre. Après Manhattan, Outsiders ou encore la saison 2 de Salem, elle marque ici à nouveau de bons points en espérant que cela se poursuive dans cette direction.

Note : 8.5/10. En bref, une série intelligente qui manie les genres avec une vraie efficacité.

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