Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : Bang Gang (Une Histoire d'Amour Moderne) (2016)

14 Juin 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Bang Gang (Une Histoire d'Amour Moderne) (2016)

Bang Gang (Une Histoire d’Amour Moderne) // De Eva Husson. Avec Finnegan Oldfield, Marilyn Lima et Lorenzo Lefebvre.


La sexualité de la jeunesse d’aujourd’hui et ses nouvelles pratiques fascine toujours autant le cinéma. Ce n’est pas le premier film qui tente de parler de la sexualité libérée des jeunes d’aujourd’hui et le film d’Eva Husson n’était pas facile à faire. Il ne faut pas apparaître vulgaire et encore moins ringard pour les jeunes qui connaissent très bien leurs pratiques. Eva Husson sait très bien se porter sur la chose, ne serait-ce que pour avoir joué dans La révolution sexuelle n’a pas eu lieu (1998) mais en guise de première réalisation et premier scénario, Bang Gang s’avère être un regard intéressant sur une jeunesse en quête de repaire, de reconnaissance et d’amour, mais qui trouve sur son chemin un parcours complexe. Aidée par un casting novice mais déjà très prometteur, Bang Gang sort du lot dans sa façon de mettre en scène du sexe sans vulgarité mais toujours pour parler des problèmes majeurs de cette jeunesse perdue entre son avenir qu’elle a du mal à voir venir et le besoin de vivre sa vie avant qu’il ne soit trop tard. Du coup, Bang Gang pousse les choses à l’extrême en parler de sexe, de drogue, d’alcool, d’amour à plusieurs, etc.

Les faubourgs aisés d’une ville sur la côte atlantique.George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d’Alex. Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d’amis va découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales et de l’effondrement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente.

Dans une certaine mesure, Bang Gang me fait penser au cinéma de Larry Clark mais avec un regard beaucoup moins pervers. En effet, Larry Clark et sa fascination pour les jeunes éphèbes skateurs n’est pas du tout la même fascination que celle que cherche à transmettre Eva Husson. Cette dernière ne transforme pas le corps comme un objet de désir, mais comme un objet de réflexion, de miroir de l’adolescence et des dérives qu’elle est en train d’arborer. La complexité de Bang Gang reste justement de ne pas tomber dans les clichés du genre. Par chance, le film est plus sobre, plus tendre. Il y a tout de même une histoire d’amour à suivre en filigrane, c’est notre fil conducteur du film. Bien entendu, derrière toutes ses qualités Bang Gang n’est pas non plus un film brillant et il y a quelques problèmes. Notamment car dans son exercice contemplatoire, Eva Husson échoue par moment à faire autre chose qu’à filmer (certes très joliment) des visages et à faire des gros plans lors de scènes qui auraient mérité un angle beaucoup plus large afin de montrer l’éloignement qu’on ces adolescents face au monde qui les entoure. Et le fait qu’ils sont perdus. Il y a quelques belles fulgurances pourtant (notamment la scène de la piscine, la première scène de sexe, etc.) mais ce n’est pas suffisant.

Bang Gang c’est donc un film sur les problèmes d’une jeunesse qui ne connaît plus vraiment ses limites et que la société n’arrive pas vraiment à orienter. La perte de repère, de son propre avenir, toutes ces thématiques sont importantes et permettent justement de voir les choses autrement (normalement). Grâce à une belle esthétique, le film sort de certains carcans. Le scénario réfléchit lui aussi un peu en créer des histoires intelligentes et simples dans le but de rapprocher le spectateur un peu plus des personnages (peut-être était-ce le but du cadrage serré sur l’action, mais ce n’est pas ce que Bang Gang a le mieux réussi malheureusement). La jeune Marilyn Lima, qui incarne ici son premier rôle, démontre qu’elle est parfaite pour ce rôle de lolita perdue entre ce qu’elle a créé et qu’elle ne peut contrôler et l’amour qu’elle a au fond d’elle et qui la torture de plus en plus.

Note : 6/10. En bref, une jeunesse perdue, du sexe et une analyse parfois intelligente, parfois moins bien ficelée.

Date de sortie : 13 janvier 2016

Commenter cet article