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Critique Ciné : Cemetery of Splendour (2015)

12 Juin 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Cemetery of Splendour (2015)

Cemetery of Splendour // De Apichatpong Weereasethakul. Avec Jenjira Pongpas et Banlop Lomnoi.


Parfois il y a des films à côté desquels on passe sans s’en rendre compte. A la rentrée dernière, je suis passé à côté de Cemetery of Splendour, le dernier film de Apichatpong Weereasethakul (Syndromes of a Century, Tropical Malady), un réalisateur thaïlandais de talent qui démontre encore une fois toute la splendeur de son cinéma. Cette capacité qu’il a de donner à son cinéma une sorte de sentiment particulier, ne serait-ce que pour l’amour tropical qu’il porte comme personne. Mais ce cinéma reste difficile, à aborder dans un premier temps mais aussi à discuter. Disons que ce n’est pas le cinéma le plus simple du monde, cachant derrière ses récits des choses très différentes. Le sous texte sur un pays, sur une histoire, mais Cemetery of Splendour est tout de même beaucoup moins fort que Tropical Malady (qui est le seul film du réalisateur avec Syndromes of a Century que j’ai vu). Il faut dire que Cemetery of Splendour n’est pas autant chargé d’émotions. Cela ne veut pas pour autant dire que c’est raté mais disons que ce n’est pas aussi fort. Mais derrière tout cela se cache un film étonnant, brillant, mélangeant certains genres comme jamais. En effet, on peut passer de moments terriblement calmes, à d’autres beaucoup plus drôle. L’utilisation de ce rythme, très lent, très calme et posé, réveille chez le spectateur une sorte de sentiment de fascination intense.

Des soldats atteints d’une mystérieuse maladie du sommeil sont transférés dans un hôpital provisoire installé dans une école abandonnée. Jenjira se porte volontaire pour s’occuper de Itt, un beau soldat auquel personne ne rend visite. Elle se lie d’amitié avec Keng, une jeune médium qui utilise ses pouvoirs pour aider les proches à communiquer avec les hommes endormis.
Un jour, Jenjira trouve le journal intime de Itt, couvert d’écrits et de croquis étranges. Peut-être existe-t-il une connexion entre l’énigmatique syndrome des soldats et le site ancien mythique qui s’étend sous   l’école ? La magie, la guérison, la romance et les rêves se mêlent sur la fragile route de Jenjira vers une conscience profonde d’elle-même et du monde qui l’entoure.

On retrouve alors tout ce que le réalisateur thaïlandais aime et défend dans ce film, ce qui finirait presque pas nous donner l’impression que Cemetery of Splendour n’est pas très original. En effet, il reprend des tas d’éléments que l’on a déjà vu auparavant, notamment dans Tropical Malady, mais le fait est que tout est fait avec une certaine modernité derrière ce besoin de rester très proche de ce que le film raconte. J’aime bien la façon dont le réalisateur tente de parler de son pays au travers de ces messages poétiques. Il y a énormément de jolies images pour mettre en scène les problèmes d’un pays. Bien que le propos se cache derrière une esthétique électrisante, le décor nous permet de voyager au travers des histoires, des dialogues, des personnages. Absent de la sélection officielle du Festival de Cannes 2015, Cemetery of Splendour n’a peut-être pas eu l’attention qu’il méritait (et peut-être un prix qu’il n’aurait pas volé). Le réalisateur pose alors souvent sa caméra, comme pour nous laisser contempler ce qui ressemble à un rêve éveiller par moment. Si j’ai tendance à être fasciné par des histoires du genre de celle de Cemetery of Splendour, je suis heureux de voir la réussite de ce film, et cette façon si essentielle de tout raconter au travers d’images qui en disent souvent plus que les mots.

Car le choc des images ici vient bien souvent de leur légèreté accompagnée d’un côté âpre. On sent que derrière la beauté de certaines scènes se cache quelque chose de beaucoup plus terrible que l’on va comprendre par la suite. Jenjira Pongpas incarne à merveille ce voyage. C’est un personnage à part entière, qui nous sert alors de guide au travers des scènes et des divers moments de la série. En utilisant notamment le plan fixe, Cemetery of Splendour cherche à nous faire vivre quelque chose, à nous hypnotiser et cela fonctionne du début à la fin sans même que l’on ne s’en rende réellement compte. La voilà la vraie réussite de Cemetery of Splendour.

Note : 9.5/10. En bref, un film d’une rare beauté.

Date de sortie : 2 septembre 2015

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