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Critique Ciné : Mr. Holmes (2016)

20 Juin 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Mr. Holmes (2016)

Mr Holmes // De Bill Condon. Avec Ian McKellen, Laura Linney et Hiroyuki Sanada.


Quand une affaire vieille de 50 ans vient hanter le plus connu des détectives, il doit forcément se remettre en selle une dernière fois et afin de casser un peu ce que l’on connaît déjà de Sherlock Holmes, Mr Holmes décide de nous raconter l’homme avant l’enquêteur. On retrouve alors l’univers de Sir Arthur Conan Doyle dans un film qui ressemble à un hommage à un héros auquel on devrait apparemment dire au revoir. C’est en tout cas le pari que fait Bill Condon en adaptant le roman de Mitch Cullin (à qui l’on doit également Tideland que Terry Gilliam avait adapté en 2005) grâce au scénariste Jeffrey Hatcher (Casanova, The Duchess) très habitué des biopics british. Il connait bien le genre policier puisqu’il a fait ses premières armes sur Columbo dont il a signé un épisode. Mr Holmes ressort alors les éléments policiers les plus classiques et les réadaptent à l’âge de Sherlock Holmes dans le film. Ian McKellen (X-Men) est d’ailleurs très bon dans le rôle de cet homme qui ne cherche qu’à mourir en paix mais que le destin va rattraper à un mauvais moment.

En 1947, Sherlock Holmes, depuis longtemps à la retraite, vit paisiblement dans le Sussex, avec sa gouvernante et son fils, un détective amateur. Mais la quiétude recherchée n'est que de façade... Une affaire vieille de 50 ans le hante encore et toujours. Malheureusement seuls quelques fragments sont encore vivaces : une altercation avec un époux en colère, un lien profond mais mystérieux avec son épouse fragile. Si son légendaire pouvoir de déduction n'est plus intact, et si Watson n'est plus là, Holmes va se lancer dans son ultime enquête, la plus compliquée de sa longue carrière...

Bien entendu, Bill Condon a voulu faire un film légèrement différent, notamment en donnant autant de place à la relation entre Sherlock et ce jeune garçon qui n’est finalement que l’avenir de Sherlock, celui à qui il doit transmettre une dernière fois. Avec des dialogues parfois facétieux, le film aurait très bien pu mieux réussir certaines séquences. Fort heureusement, Sherlock a beau être usé, il n’en reste pas moins rusé. On n’avait jamais vu le héros à cet âge, ce qui confère à Mr Holmes une certaine forme de nouveauté dans l’adaptation. Pas besoin de sortir une énième vision du personnage comme ont pu l’être ceux de Guy Ritchie, de Steven Moffat et Mark Gatiss ou encore de Robert Doherty ces dernières années. Chacun a eu sa vision du personnage mais je crois que celle de Bill Condon est l’une des plus intéressantes de toute. Certes, Mr Holmes vaut en grande partie pour la prestation de Ian Mckellen mais j’ai beaucoup aimé certaines séquences du film comme celle de la révélation, quand le héros nous permet de comprendre ce que cette affaire cache, puis ensuite ce que le personnage voulait réellement incarner du début à la fin de ce récit.

Et ce n’est pas qu’une simple intrigue policière. C’est beaucoup plus que ça. L’approche est donc un peu plus originale que l’on aurait probablement pu l’imaginer au départ, notamment car Mr Holmes tente d’aborder la vieillesse, le temps qui passe, la fin des légendes mais au delà de ça, le film laisse par moment une impression de légère problématique. Il y a des surprises, des twists comme on les appelle, et Bill Condon garde un certain retrait grâce à une mise en scène de biopic académique, mais Mr Holmes ne restera probablement jamais dans les annales, peut-être car justement le film n’est pas suffisamment remarquable, pas suffisamment original. L’affaire, certes anecdotique, n’est pas le problème de Mr Holmes. On ne saura que vous conseiller de déguster Mr Holmes avec une tasse de thé et quelques biscuits secs à tremper dedans. Tout cela avec un feu de cheminée non loin. Cela sera parfait.

Note : 6/10. En bref, la dernière enquête de Mr Holmes. Bien que le film reste anecdotique par moment, il n’en reste pas moins une belle offre tant pour la prestation de Ian McKellen que pour l’idée que le film cache.

Date de sortie : 4 mai 2016

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