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Critiques Séries : Bloodline. Saison 2. Episodes 3 et 4.

13 Juin 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Bloodline

Critiques Séries : Bloodline. Saison 2. Episodes 3 et 4.

Bloodline // Saison 2. Episodes 3 et 4. Part 16 / Part 17.


La saison 2 d’une série est le passage le plus difficile. Alors que « Part 15 » n’était pas l’épisode le plus engageant de tous, « Part 16 » tente de relancer la machine à sa façon petit à petit mais j’ai eu un peu de mal à me lancer dans cette nouvelle aventure qu’est cette nouvelle saison. Il y a toujours un problème qui fait que la série n’arrive pas à éclipser les changements fondamentaux qu’elle a fait. La saison 1 posait une question : Comment Danny est mort ? Suivre les évènements qui ont conduit à sa mort était intéressant car l’on avait un but vraiment intéressant, son destin semblait inévitable, c’était comme suivre une tragédie Shakespearienne. Toute la famille Rayburn finissait par devenir responsable de la chute et de la mort de Danny et cette histoire n’a pas vraiment de héros, elle n’a qu’une famille qui se trouve être l’élément central de la série. Mais cette saison 2 ne pose pas de question. Elle a quelques mystères, quelques idées mais pas de grande question comme celle de la première saison. Il y a Nolan, que personne ne semble croire. Tout le monde veut savoir ce que cache Nolan, pourquoi il est là. Mais ce conflit n’est pas grand chose pour le moment, laissant au téléspectateur l’impression que l’histoire n’ira pas trop loin. Un personnage important est introduit dans cet épisode, Ozzy Delvecchio incarné par John Leguizamo.

Il s’agit d’un associé du passé de Danny. Les flashbacks sont d’ailleurs parmi les meilleurs moments de cet épisode, montrant un Danny troublé et désespéré, alors qu’il se dirige petit à petit vers la destruction de son propre moment. Ben Mendelsohn continue d’être l’un des membres le casting le plus intéressant, ce qui rend le tout forcément beaucoup plus efficace que l’on ne pourrait l’imaginer. Les scénaristes sont encore bons dans leur façon de construire une certaine forme de tension omniprésente, palpable, avec la direction qui nous met rapidement en condition. L’un des exemples les plus intéressants de « Part 16 » est quand John sait que Kevin a disparu et entend par la suite qu’un corps - qui pourrait être Kevin - a été retrouvé. J’étais sûr que le corps ne pouvait pas être celui de Kevin, mais John n’est pas sûr lui-même. La performance de Kyle Chandler à ce moment là est excellente et la mise en scène, créant une forme de suspense l’est tout autant. Ce n’est pas Kevin, John semble exploser de soulagement mais reste stoïque. Danny était la bombe qui manquait d’exploser l’an dernier, mais John est presque en train de nous faire un Jekyll & Hyde cette année avec sa double vie. Bloodline est bien entendu une série sur la famille, c’est sur des personnages qui ont un peu de mal à aller de l’avant par moment, mais aussi sur le fait que la famille peut parfois être toxique.

Les membres de la famille Rayburn n’ont de cesse de désespérer tenter de s’entre-aider mais ils se font du mal d’autant plus en retour. Cet épisode est aussi celui du retour de Chelsea O’Bannon, incarnée par Chloe Sevigny. Eric et Chelsea apporte donc un peu plus au thème de la famille dans Bloodline. Ce n’est pas seulement les Rayburn qui tentent de se protéger les uns les autres, mais les O’Bannon également. Mais il y a quelque chose de différent et la façon dont Bloodline dépeint les liens familiaux me plaît énormément. Cela change de ce que l’on a pour habitude de voir mine de rien et ce n’est pas plus mal. « Part 17 » est à côté beaucoup plus complexe et surtout bien meilleur. C’était l’épisode que j’attendais depuis le début de la saison, ou en tout cas il en avait l’allure. Cela ne veut pas pour autant dire que les problèmes ont totalement disparus mais c’est un rare épisode de la série qui a une conclusion et un arc narratif en lui-même qui s’est avéré être particulièrement efficace. Bien des épisodes de Bloodline semblent être là pour mettre en place des choses et c’est clairement là durant les trois premiers épisodes de la saison. Bloodline fait beaucoup de mise en place d’intrigues, petit à petit, de façon méticuleuse. Dans la première saison, tout était lié mais les scénaristes ont réussi à nous accrocher en nous donnant des éléments pièce par pièce.

Par ailleurs, dans la saison 2, les scénaristes nous demandent d’être patients. Très patients. « Part 17 » a un début clair, un milieu et une fin, ce qui en fait un épisode bien plus original que prévu. Encore une fois, Bloodline démontre que John est bon dans le mensonge, surtout à lui-même, mais aussi que John est un peu plus convaincu maintenant par ses mots qu’il ne semblait l’être il y a quelques temps. Dans cet épisode il demande à Marco s’il pense qu’il est une bonne personne et Marco n’hésite pas à dire oui. L’épisode ne perd pas de temps à explorer complètement l’accord Lowry, Kevin fait du Kevin et s’arrange pour faire des erreurs, en pensant que s’il redonne le produit à Lowry alors tout va bien se passer. Bien entendu, Bloodline ne délivre pas ici l’épisode le plus simpliste de son histoire, restant là avec pas mal de questions en suspend. C’est aussi un épisode qui permet à John de montrer encore une fois à quel point il est plus touché que jamais par ce qui s’est passé avec Danny la saison dernière. Cette sorte de double personnalité qu’a John, couplé aux visions, tout cela est une occasion de plonger encore plus dans la psyché de John tout en montrant à quel point il semble s’isoler du reste. L’an dernier il était presque le héros de la famille Rayburn, celui que tout le monde aime, désormais les choses sont un peu plus difficiles.

Cet épisode dure 1h07, ce qui dans un sens est beaucoup mais pour une fois toutes les secondes comptent dans cet épisode. Chaque moment est important, chaque décision prise est accompagnée d’une signification, s’ajoutant au poids émotionnel qu’il y a derrière le ton de cet épisode. Quand John voit Danny une seconde fois dans cet épisode, ce n’est pas au travers d’un miroir. C’est Danny qui est assis à la place du passager. Ils sont tous les deux mis sur le même plan, car à ce moment précis, John considère devenir Danny. Il a envie de savoir ce que Danny ferait dans ce moment là. Dans un sens, cette saison 2 pourrait être celle de la naissance d’un Jekyll & Hyde chez John. Pourquoi pas, un John & Danny, cela sonne plutôt bien.

Note : 5.5/10 et 8/10. En bref, tout ce que j’attendais arrive dans le second épisode de cette salve.

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