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Critiques Séries : Maron. Saison 4. BILAN.

15 Juillet 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Maron

Critiques Séries : Maron. Saison 4. BILAN.

Maron // Saison 4. 13 épisodes.
BILAN


Maron est une comédie qui peut être étrange par moment dans le sens où elle veut ressembler à tout un tas de choses en même temps qu’elle raconte la vie de Marc Maron sous un angle plus tragicomique. Après tout, la vie de cet homme n’a rien d’exceptionnelle. Il est surtout connu grâce à ses podcasts mais je suis forcé de reconnaître qu’au bout de 4 années, Maron continue de proposer des choses. Tous les épisodes ne sont pas indispensables ou en tout cas ne racontent pas toujours quelque chose de brillant mais la série sait reste assez droite dans sa façon de raconter les personnages, et notamment son héros. Au fil des épisodes on suit des chroniques de vie sympathiques au milieu de moments plus drôles écharpés par quelques moments plus humbles. Les passages « podcasts » sont toujours aussi empruntés à Louie et ses passages de stand-up. Comme Louis C.K., Marc Maron tente de nous introduire à son univers, à ce qu’il fait chaque semaine dans son garage même si petit à petit (et comme Louie encore), Maron s’émancipe aussi de ce schéma afin de proposer quelque chose de légèrement différent. Au fil des épisodes, on sent la volonté d’aller plus loin, de creuser des recoins qui ne l’ont pas encore été, peut-être car justement Maron ne veut pas toujours être dans l’ombre de ce qu’elle incarnait au départ.

Les quelques bons épisodes de cette saison 4 sortent du lot, permettent de parler de sujets toujours très différents de ce que l’on peut voir actuellement mais avec un ton propre qu’elle a gagné au fil des années. Dans mes souvenirs, la saison 3 n’était pas exceptionnelle et manquait un peu de pep’s. Peut-être car Maron n’arrivait pas à trouver de nouvelles façons de se renouveler ou en tout cas de nouvelles façons de proposer des histoires qui ne ressemblent pas à d’autres trucs que l’on a pu croiser ailleurs. C’est ainsi que l’on peut se rendre compte cette année du changement, du fait qu’il s’agit probablement de la saison de la maturité. Les propositions sont plus fluides et même dans les épisodes les plus faibles il y a des trucs à garder. Certes, ce n’est pas la comédie de l’année mais il y a du travail qui est fait en arrière plan qui me plaît. Maron n’a pas besoin de sortir énormément du lot pour rester séduisante, elle sait très bien ce qu’elle est, d’où elle vient et surtout ce que son héros ne veut pas devenir. On sent les nouveautés dans une saison qui va peut-être plus loin que les autres tout en restant elle-même. En parlant notamment de drogue, la série parvient à creuser des passages de la vie de son héros que l’on n’avait pas encore vu. Dans une saison plus fraîche que toutes les autres, Maron adopte encore les mêmes tenants et aboutissants que WTF with Marc Maron.

Dans cette saison, Maron prend une approche dramatique légèrement différente, en mettant son héros dans une ambiance familière mais nouvelle, d’un point de vue professionnel et personnel, mais à son plus bas. Après avoir ruiné ses chances à animer un talk show en devenant accro à l’oxy dans le dernier épisode de la saison 3, la série reprend l’histoire un an après les évènements avec un Marc toujours aussi accro. La banque a saisi sa maison, il a abandonné son podcast, il couché avec une infirmière (incarnée par Rebecca Metz) qui va forcément remplir ses petits flacons, ne lui permettant pas de guérir de son addiction. Son manger, Emily, l’a lâché, et ses amis Andy et Dave se sont détachés de lui. Pour faire court, Marc est perdu et c’est plus ou moins là où Marc Maron, le vrai, s’est déjà retrouvé par le passé dans sa vraie vie. En changeant l’univers de la série légèrement, Maron parvient à sortir un peu d’un schéma que l’on a déjà vu durant trois années. Maron peut également parler des problèmes que le héros a réellement vécu dans la vie avec beaucoup de simplicité. Le scénario est d’ailleurs très cohérent, gardant des éléments comiques mais devenant un peu plus dramatique que l’on ne pourrait probablement l’imaginer au premier abord. D’un point de vue créatif, Maron est à son meilleur ici depuis le milieu de la saison 2.

Lynn Shelton (Humpday) apporte un visuel différent dans le premier épisode et donne donc le ton. La saison change légèrement aussi de ce point de vue là, permettant de donner là aussi une vision différente des choses. Le second épisode est très drôle, rappelant les débuts de la série et surtout les belles références qu’il y a derrière cette série. En changeant son univers et en devenant plus dramatique, Maron parvient donc à délivrer des tas de trucs différentes. La saison cherche à reconstruire petit à petit le héros, à son rythme, sans jamais renier les principes qui ont fait le « succès » de la série (ou en tout cas l’intérêt de ses débuts).

Note : 7/10. En bref, une saison soignée, intelligente et plus tragique. On retrouve la série à son meilleur, probablement en étant la meilleure saison de son histoire.

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