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Critique Ciné : Moka (2016)

25 Août 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Moka (2016)

Moka // De Frédéric Mermoud. Avec Emmanuelle Devos, Nathalie Baye et David Clavel.


Ce qui est étrange avec Moka c’est qu’il m’a par moment donné l’impression de revoir La Volante avec Nathalie Baye. C’est d’autant plus frappant que cette dernière joue un rôle dans le film. Sorti au même moment l’an dernier, La Volante était une bonne surprise alors que Moka a des points à améliorer (même si l’on ne compare pas les deux films). Disons que Nathalie Baye, en occupant ici le rôle inverse s’en sort bien mais qu’il manque un brin de liant dans l’ensemble pour nous donner une vision globale des choses. Le film ne cherche pas à nous révéler tous les twists rapidement et choisit donc de garder plus ou moins tout pour la fin. C’est avec pas mal de bonnes surprises que l’on découvre tout un tas de choses sur l’histoire et notamment la révélation finale qui fait son petit effet. On retrouve aussi dans Moka un côté Hitchcockien qui fonctionne plutôt bien, notamment car Emmanuelle Devos a tout de la femme un peu perdue qui se retrouve au milieu d’une machine qu’elle ne maîtrise pas du tout. Le scénario de Moka reste assez simpliste et c’est d’ailleurs l’une des vraies forces de ce récit qui coule comme de l’eau de roche. On ne s’ennuie pas vraiment malgré quelques dérages au milieu alors que le film semble chercher de nouvelles choses à raconter autrement.

Munie de quelques affaires, d’un peu d’argent et d’une arme, Diane Kramer part à Evian. Elle n’a qu’une obsession : retrouver le conducteur de la Mercedes couleur moka qui a renversé son fils et bouleversé sa vie. Mais le chemin de la vérité est plus sinueux qu’il n’y paraît. Diane devra se confronter à une autre femme, attachante et mystérieuse…

Ce n’est pas toujours facile de raconter des tas de choses différentes et surtout d’enchainer les rebondissements à la fin (dont un que l’on ne va pas du tout venir). C’est l’une des plus belles réussites de Moka et je ne m’y attendais pas du tout. Par ailleurs, c’est aussi un film français qui, dans le creux de l’été dénote avec tout ce qui vient de sortir. Rien d’extravagant, juste une histoire de thriller assez classique qui ne cherche pas à faire d’esbroufe dans tous les sens ce qui est une vraie qualité en tant que tel. Nathalie Baye reste fidèle à elle même et forme avec Emmanuelle Devos un duo de choc qui fonctionne plutôt bien dans son ensemble. Il ne fallait pas beaucoup plis à Moka pour réussir son récit. Deux actrices suffisaient. Mais justement, le scénario n’est pas assez truffé de mystères et de surprises pour prendre le spectateur de court alors que c’est justement ce qu’il y avait de plus important ici. La tension se met en place et se relâche par moment à mon plus grand désarroi. Certes il y a de belles trouvailles (comme la scène dans la parfumerie, comme la scène de face à face final, comme la scène à la piscine, etc.) mais il manque un petit truc en plus.

Inspiré du roman de Tatiana de Rosnay, Moka se repose donc sur des bases assez faciles. Il ne créé rien de neuf et ne cherche même pas à faire quelque chose de nouveau. Frédéric Mermoud (La Vanité, Complices, Les Revenants) n’est pas un réalisateur des plus connus en France et il ne mérite pas nécessairement une grande reconnaissance non plus mais il fait le boulot demandé par le film. Il donne alors à Moka une ambiance Hitchcockienne comme il fallait, rien de plus, et c’est pile poil ce qu’il fallait afin de ne pas arpenter cette histoire simple avec trop de simplicité. Une mise en scène trop sobre et pas assez sympathique aurait sûrement délivré un film médiocre mais les choix visuels qui sont faits sont assez intéressants et permettent de sortir du lot.

Note : 6/10. En bref, un thriller Hitchockien qui ne mange pas de pain.

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