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Critiques Séries : 12 Monkeys. Saison 2. BILAN.

10 Août 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #12 Monkeys

Critiques Séries : 12 Monkeys. Saison 2. BILAN.

12 Monkeys // Saison 2. 13 épisodes.
BILAN


Fraîchement renouvelée pour une saison 3 (amplement méritée), la saison 2 de 12 Monkeys a tenté de poursuivre le travail qui avait été fait durant la saison 1 et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne s’en sont pas trop mal sorti. Le risque de la saison 2 de 12 Monkeys était de perdre complètement l’essence du film dont vient 12 Monkeys. L’univers de Terry Gilliam avait été légèrement modifié en saison 1 dans le but de pouvoir étendre cet univers au delà d’une première saison. Terry Matelas et Travis Fickett ont réussi à faire quelque chose de véritablement sympathique lors de la première saison et continuent ici leur oeuvre. Le scénario est malicieux, trouvant toujours de nouvelles façons de nous prendre de court. James Cole et Cassandra Railly doivent de nouveau faire équipe dans le but de stopper une étrange confrérie. Cette nouvelle histoire s’avère être à la hauteur des attentes et les voyages dans le temps sont alors utilisés de façon complètement différente. Le fait que 12 Monkeys donne une toute nouvelle dimension à son histoire permet réellement de casser cette ambiance que l’on avait l’impression d’avoir déjà vu plusieurs fois l’an dernier. Les protagonistes de la série peuvent maintenant passer d’un point à un autre dans le passé, ce qui est presque une facilité pour permettre encore plus de voyages et surtout traiter d’autres choses en parallèle.

C’est justement pourquoi cette nouvelle astuce narrative est intéressante car cela permet réellement à 12 Monkeys de casser cette ambiance que l’on a l’impression d’avoir déjà vu l’an dernier afin de transformer une quête de virus en guerre à travers le temps. C’est captivant dès le premier épisode de la saison qui redistribue intelligemment les cartes. Ce que je trouve dommage cependant cette année c’est le fait que 12 Monkeys semble avoir compris qu’elle est là pour aller au delà de deux saisons et ne compte donc pas tout nous révéler tout de suite. Les révélations sont faites en prenant le temps de les installer et qu’elles aient leur efficacité sur le spectateur. Faire durer le suspense n’est pas toujours une bonne idée pour une série mais 12 Monkeys tend à démontrer tout le contraire. En effet, la saison a tellement casser la dynamique de la première saison qu’elle se créée une nouvelle identité et de nouveaux repères. Parmi l’écurie Syfy, 12 Monkeys est un poulain à ne surtout pas lâcher, prouvant encore cette année le fait que la série est loin d’être bête. C’est de la science fiction à l’ambition prononcée. Quand on connaît le film original, on est en droit de se demander comment cette adaptation a t-elle bien pu tenir sur pied ? Et encore pire, avoir une saison 2 tout aussi bonne, pour des raisons légèrement différentes.

Car 12 Monkeys ne s’arrête jamais. Elle est en évolution constante, tant au travers de son histoire, que dans les relations entre les personnages. Cole et Cassie par exemple ont une relation à des années lumières de ce qu’elle était l’an dernier. C’est une bonne chose qui permet de dynamiter un peu une série qui aurait pu manquer de mordant sans redonner à ses personnages l’identité dont ils avaient besoin. En laissant derrière elle tout ce que le film de Gilliam avait passé son temps à installer, 12 Monkeys s’ouvre de nouvelles portes et les showrunners veulent afficher leur indépendance face à l’histoire originale. Libérés des chaînes du film original, les créateurs de la série expriment alors tout ce qu’ils avaient renfermés lors de la première saison afin de ne pas trop dénaturer l’oeuvre (qui a été très respectée d’ailleurs de mon point de vue). Le délire va beaucoup plus loin et la série s’affiche comme une série différente. On retrouve alors Cole, Cassie et Ramse dont la mission est complètement différente cette année de ce qu’elle était l’an dernier. A certains moments, 12 Monkeys me donne l’impression de retrouver la ferveur de Battlestar Galactica.

D’ailleurs, maintenant que le futur a été réécrit, le passé a besoin d’être de nouveau changé. La façon dont joue le temps est importante dans 12 Monkeys car en plus d’être l’élément central de l’histoire, c’est aussi une façon de donner une rythmique à la série qui sort réellement du lot. Une fois les retrouvailles passées et toute l’aventure en 1944 écoulée (et quelle aventure !, c’était mine de rien le pied et une belle entrée en matière), 12 Monkeys peut nous faire ses propositions pour la saison. La série n’oublie pas de jouer avec le temps et les éléments : les paradoxes temporels, le croisement des voyageurs, ou encore la forêt rouge et les diverses théories de chacun. Le seul souci vient peut-être de Syfy. Il aurait été intelligent de nous délivrer une introduction au premier épisode de 3 ou 4 minutes afin de résumer tous les points de détail les plus importants de la première saison. Il y a des tas de choses que l’on a forcément oublié et que l’on aurait plus apprécié cette année en se remémorant tout ce que l’on a apprécié. Mais la mythologie de 12 Monkeys reste riche et il ne fait aucun doute que la saison 3 sera d’un aussi bon acabit. Le paradoxe qu’il y a chez chacun des personnages apporte toujours un petit plus et des questions différentes.

La mythologie ne désemplit d’ailleurs pas cette année, peut-être car 12 Monkeys a plus à révéler que l’on ne pourrait probablement l’imaginer. Que cela soit sur la forêt rouge, sur le Witness, sur Jennifer Goines, etc. Les voyages dans le temps c’est une idée vieille comme le monde et pourtant ici cela fonctionne brillamment. Comme quoi, 12 Monkeys était sortie de nulle part et s’avère encore une fois ici à être l’une des meilleures surprises de la saison.

Note : 7.5/10. En bref, une saison 2 soignée dépassant les limites fixées lors de la première saison par le film de Terry Gilliam. En sortant de ces barrières, 12 Monkeys se libère et devient une série plus que jamais ambitieuse à la mythologie et aux personnages brillamment dessinés.

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