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Critiques Séries : BoJack Horseman. Saison 3. BILAN.

7 Août 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Bojack Horseman

Critiques Séries : BoJack Horseman. Saison 3. BILAN.

BoJack Horseman // Saison 3. 12 épisodes.
BILAN


Avec cette saison 3, BoJack Horseman boucle la boucle qu’elle avait entamée avec la première saison. Ce sentiment de conclusion n’imposait pas nécessairement une saison 4 mais Netflix a décidé de renouveler sa comédie animée et c’est l’une des meilleures choses qui pouvait arriver cet été. La série trouve cette année une certaine forme de maturité, un équilibre juste entre les éléments les plus tendres et la satire d’Hollywood qu’elle monte en épingle intelligemment. La série s’amuse donc encore une fois à parler des problèmes de notre héros, notamment vis-à-vis du vide qui s’est créé dans sa vie. L’épisode 3.04 est l’un des plus beaux de toute l’histoire de BoJack Horseman. C’est un voyage différent, sous l’eau, comme une métaphore pour dire qu’au fond le héros est lui aussi sous l’eau. Il n’entend rien, reste mutique, sans un bruit. L’épisode est intéressant lors de la rencontre entre notre héros et ce jeune crustacé qu’il va ramener à son père. L’image de BoJack laissant cette famille derrière lui est crève coeur. On a envie qu’il ait lui aussi une famille mine de rien. Et je pense que l’une des forces de BoJack Horseman est de toujours parler des problèmes les plus tendres de son héros. Si l’on enlève à BoJack Horseman ses gags, son côté satirique ou encore son ingéniosité artistique il reste alors tous les bons sentiments.

Et c’est ceux-ci qui nous attachent à BoJack Horseman. Grâce à eux on est liés avec le héros et la tendresse instantanée qu’il dégage. J’aime bien la façon dont cette année le lancement de Secretariat permet d’entrevoir sur Hollywood. Cela ne va faire qu’accentuer la névrose et la dépression du héros, quitte par moment à le laisser au fond du trou. Et puis il y a cette fin de saison qui m’a laissé fondre en larmes. Je me demande vraiment ce que la saison 4 nous réserve car elle ne pourra pas prendre le même angle narratif et va devoir passer par tout un tas de choses et d’états complètement différents. BoJack Horseman continue d’être un personnage à qui tout va très mal. La saison 3 est celle de la maturité, aussi car elle permet à la série d’équilibrer les choses intelligemment. A la fois avec le drame d’un côté mais aussi avec l’humour de l’autre. En innovant de ce point de vue là, BoJack Horseman s’amuse et délivre ainsi au spectateur un spectacle coloré et intelligent. Les références à la pop culture, le comique de situation toujours soigné et enrichi d’idées, etc. BoJack Horseman continue de briller aussi par sa façon d’écrire l’histoire. C’est avant tout une satire de ce qui se passe à Hollywoo(d) et sincèrement, je trouve que dans son absurdité, la série a trouvé quelque chose.

Car oui, le rire est grotesque d’une certaine façon mais tout ce qui est conté reste tellement sincère. On pourrait ne pas se sentir concernés par ce qui se passe dans BoJack Horseman à cause du côté anthropomorphique mais c’est tout le contraire, le côté animal nous rapproche encore plus facilement de chacun des personnages et notamment du héros. Avantage à la saison 3, la série peut lâcher un peu son héros et se concentrer aussi sur les autres personnages que l’on connaît (de vue au moins) depuis la première saison. En s’intéressant aux secondaires, la série parvient à faire évoluer ses décors et le monde qu’elle dépeint. On a d’autres points de vue, d’autres chroniques de vie. Je pense notamment à l’agent de BoJack, notre chatte préférée. Son histoire avec la souris dans la seconde partie de la saison m’a beaucoup fait rire, mais m’a aussi presque bouleversé. Il y a un charme que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. BoJack Horseman est unique en son genre et tout cela, on le doit aussi à l’animation en elle-même. Je crois pouvoir dire qu’il s’agit de l’une des plus belles séries animées que j’ai pu voir. Netflix n’a pas lésiné sur les moyens à donner à cette série qui se permet ainsi toutes les plus belles folies visuelles. Les décors sont somptueux, les personnages tout autant.

Ainsi, BoJack Horseman confirme ce qu’elle est : une série moderne avec un regard critique et intelligent sur le monde qui nous entoure. Son cynisme fait sa force mais c’est son regard tendre qui nous intéresse forcément le plus. La saison 3 a eu l’intelligence de conclure une quête, celle du héros pour le soi-même, pour la moitié qui va partager sa vie par la suite. Cette ex star de sitcom has been qui tente de faire son come-back a l’histoire la plus tragique du monde des séries et pourtant, BoJack Horseman parvient toujours à apporter un brin de lumière là dedans. La course à l’Oscar est d’ailleurs l’une des intrigues de la première partie de la saison. Sauf que tout cela s’achève de façon terrible où BoJack Horseman se rend compte encore une fois de tout un tas de choses. On apprend qu’il y a eu des erreurs dans les nominations et que BoJack n’était pas parmi les nominés. Quand quelque chose arrive, le pire est toujours à craindre. BoJack a l’habitude. J’aime bien la capacité de BoJack Horseman à toujours voir les choses à moitié vide : les relations amoureuses se terminent toujours en eau de boudin, les aventures professionnelles se heurtent à l’hypocrisie ou l’incompétence de certains, les relations amicales ne durent pas, etc.

Note : 8/10. En bref, avec une mention spéciale pour l’épisode 3.04 (l’un des meilleurs épisodes toutes séries confondues que j’ai vu cette année), cette saison 3 boucle une boucle entamée deux ans auparavant. BoJack Horseman brille et continue de briller.

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