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Critique Ciné : Quand on a 17 ans (2016)

1 Septembre 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Quand on a 17 ans (2016)

Quand on a 17 ans // De André Téchiné. Avec Sandrine Kiberlain et Kacey Mottet Klein.


Ce que je trouve dommage avec Quand on a 17 ans c’est que le film est ultra prévisible. Tout ce que le film enchaîne n’a rien de bien original et de ce fait on a l’impression à chaque fois de connaître la scène suivante avant même qu’elle ne se raconte. Certes, il y a des scènes intéressantes qui permettent de sortir le scénario d’une certaine forme de torpeur mais ce n’est pas suffisant à mon goût. Le film utilise donc les gros sabots afin de parler d’une histoire de sentiments qui se cache derrière la violence voire la haine. Et pourtant, tout cela cache quelque chose d’intéressant, qui change un peu de la prévisibilité de l’histoire. André Téchiné tente donc de parler à la française de l’homosexualité et de la difficulté de vivre sa sexualité quand on aime quelqu’un mais que l’on n’ose pas le lui dire pour savoir s’il est lui aussi du même camp. Il manque un petit truc dans ce film qui aurait pu permettre de voir un peu moins passer le temps. Il y a pourtant derrière une volonté de raconter quelque chose (notamment lors de la visite chez l’agriculteur) mais une fois de plus le film ne prend pas suffisamment le temps de prendre la température. Du coup, j’étais légèrement déçu.

Damien, 17 ans, fils de militaire, vit avec sa mère médecin, pendant que son père est en mission. Au lycée, il est malmené par un garçon, Tom. La violence dont Damien et Tom font preuve l'un envers l'autre va évoluer quand la mère de Damien décide de recueillir Tom sous leur toit.

Surtout que Quand on a 17 ans avait toutes les cartes en main pour faire d’autres choses. André Téchiné maîtrise la beauté des paysages qu’il filme, nous donnant l’impression de plonger dans un poème. Je pense notamment à la scène de la cigarette dans la grotte au milieu du film qui est pleine de poésie et de tendresse. Malgré cette belle maîtrise du paysage, Quand on a 17 ans ne maîtrise pas la technologie d’aujourd’hui. Le film se sent donc rapidement dépassé et à certains moments on a plus l’impression d’être dans les années 70 que de nos jours. Ce sentiment d’incohérence n’aide pas toujours le récit à prendre racine ou en tout cas le téléspectateur pour qu’il y croit réellement. Il est vrai que le film aurait pu être brillant, qu’il y avait des tas de bonnes et belles idées, mais l’ensemble ne ronronne pas suffisamment bien pour que l’oeuf éclose. Il y a aussi des personnages comme celui de Sandrine Kiberlain qui ont énormément de mal à se faire une place. On a donc l’impression que son histoire n’a aucun intérêt par rapport au reste du film et c’est là que je ne comprends pas trop Téchiné ou en tout cas ce que ce dernier tente de faire.

Il y a près de 20 ans, André Téchiné filmait l’adolescence de son époque avec Les Roseaux Sauvages. C’était un joli film, qui avait du répondant et qui savait très bien dans quel direction aller. Puis il tente de filmer l’adolescence perdue des années 2010, alors que le résultat est assez différent de ce que j’avais réellement envie d’imaginer. Ainsi, Quand on a 17 ans est à la fois un film fabuleux et un film qui surnage un peu trop dans un monde qu’il ne cerne pas totalement.

Note : 5/10. En bref, un film en demi-teinte, mi figue mi raisin.

Date de sortie : 30 mars 2016

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Ilwan 01/09/2016 23:05

Ça me rassure de voir que je ne suis pas le seul à penser ça... mais le point qui m'a exaspéré le plus, c'est la longueur du "1er acte". Vu que j'avais l'impression que c'était découpé en segment par saisons/ou périodes scolaires, le 1er segment était peut-être nécessaire pour installer le contexte mais mon dieu qu'il était trop long. Pour moi, l'intrigue commençait vraiment au second segment et c'est un peu, à mon sens, une perte de temps d'avoir fait un premier segment aussi long....