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Critiques Séries : Greenleaf. Saison 1. BILAN.

7 Septembre 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Greenleaf

Critiques Séries : Greenleaf. Saison 1. BILAN.

Greenleaf // Saison 1. 13 épisodes.
BILAN


Si les drames lancés jusqu’à présent sur OWN ne sont pas forcément les plus brillants du monde, ils n’en restaient pas moins efficaces. Avec Greenleaf, la série cherche à séduire un public légèrement différent, peut-être un peu plus biberonné à des séries léchées et soignées. Quand Lady Mae Greenleaf sort au début du pilote « Promise me you’re not here to sow discord in the fields of my peace. », la série installe déjà le ton qui va servir de base au mélodrame dynastique qu’est cette série. L’idée de raconter toute cette histoire autour de la religion était ambitieux dans le sens où Greenleaf ne devait pas tomber dans les clichés du genre et encore moins dans un ersatz de 7 à la Maison. Par chance, la série évite certains clichés et les intrigues trop conventionnelles afin de faire d’autres choses avec une certaine forme d’intelligence que je n’attendais pas réellement. Avec Greenleaf, OWN a enfin un joyaux à sa couronne et il était temps. Bien que j’ai beaucoup d’affection pour les séries de Tyler Perry (sauf ses comédies auxquelles je n’ai jamais accroché), cette série pourrait presque incarner à la perfection ce que UnREAL est à Lifetime et Mr Robot à USA Network. Je ne compare pas la qualité de toutes ces séries mais disons que pour OWN, Greenleaf est une sorte de lâché prise qui part dans une direction différente.

Car le truc c’est que Greenleaf n’est pas une série à concept particulièrement intéressante. Si l’on regarde le pitch et les intrigues, elle reste assez simpliste dans sa façon de les aborder mais tout est soigné dans l’enrobage et la façon de faire coïncider toutes ces histoires. L’Eglise afro-américaine est quelque chose qui est souvent dépeint dans la pop culture américaine et utilisé comme un symbole comme un autre de différence culturelle ou bien à cause du pouvoir rédempteur que peut avoir la musique gospel. Mais aucune série ne se situe au sein de l’Eglise afro-américaine et je pense que Greenleaf vient enfin de réussir quelque chose qui manquait. C’est bien beau de parler d’une culture et de son Eglise, mais si l’on ne va pas au fond des choses, il n’y a pas vraiment d’intérêt. La seule image que l’on pouvait avoir de l’Eglise afro-américaine c’est surtout celle de Sister Act (et encore…). Le concept est en tout cas intéressant pour une série comme celle-ci, notamment car cela permet d’injecter dans la série l’intérêt d’Oprah Winfrey pour la foi et la spiritualité dans une série qui nous permet de suivre des personnages tentant de vivre selon les préceptes de la Bible. Bien entendu, Greenleaf a aussi ses rebondissements, ses mensonges, ses secrets, ses révélations, en somme tout ce qui fait la base pertinente d’un soap de primetime.

On est aussi très loin de ce que Empire peut faire avec son histoire dynastique. Greenleaf est concentrée sur d’autres éléments de la vie familiale (et nous permet de nous sentir plus proche de ses personnages que l’on soit croyant ou non). Déjà car Bishop James Greenleaf (incarné par un Keith David en forme) est loin d’être Lucious Lyon dont la comparaison est vaine. Mais cela ne veut pas pour autant dire que si l’on adore Empire (et il n’y a pas vraiment de quoi), on ne peut pas aimer Greenleaf. Bien au contraire, les deux sont complémentaires. Le point de départ ressemble par moment à Dirty Sexy Money (ABC) créée par Craig Wright qui se trouve être également le créateur de … Greenleaf. Il n’y a donc qu’un pas et ce n’est pas pour rien que l’on accroche assez facilement à cette grande dynastie comme c’était le cas de se plonger assez facilement dans l’ancienne série dynastique (imparfaite) de ABC. Greenleaf est aussi imparfaite, mais derrière ses imperfections se cache aussi des envies de faire d’autres choses. De plus, contrairement à sa précédente série, Greenleaf parvient à maintenir une certaine forme d’ambiance plus soignée et plus satisfaisante. La série se concentre alors intelligemment sur les différentes nuances de dysfonctionnement dans cette famille, sur les relations et les problèmes de communication de chacun.

En soi, Greenleaf sort réellement du lot et arrive à apporter quelque chose de neuf dans le monde des drames afro-américains. C’est peut-être même la première série qui s’avère être aussi simple à suivre et intelligente de façon sous jacente. On a déjà eu d’autres bons exemples comme Being Mary Jane sur BET (mais plus sur le côté romantique et le fait d’être une femme afro-américaine de l’histoire). ici, Greenleaf parle de tout un tas d’autres choses et c’est bien pour cela que c’est appréciable. Greenleaf se repose aussi énormément sur les performances d’un solide casting plus que son écriture qui ne tient pas toujours la route. Il y a des épisodes un peu plus ennuyeux (1.04, 1.07, 1.09 pour ne citer qu’eux) et ce même s’il se passe toujours un truc.

Note : 6.5/10. En bref, une bonne surprise.

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