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Critiques Séries : Black Mirror. Saison 3. Episode 1.

22 Octobre 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Black Mirror

Critiques Séries : Black Mirror. Saison 3. Episode 1.

Black Mirror // Saison 3. Episode 1. Nosedive.


Après deux années d’absence, Black Mirror est de retour pour une troisième saison de six épisodes produite par Netflix. On peut remercier Netflix d’avoir aidé au renouvellement de cette brillante série qui fait des constats assez étonnants sur la société actuelle. Avec « Nosedive », nous sommes plongés de nouveau dans le terrible univers de Black Mirror. Il n’y a aucun doute, la série est de retour. Il n’y a rien de véritablement horrifiant dans la première partie de l’épisode alors que l’on nous présente un monde rongé par le besoin de se noter à chaque fois que l’on se croise. Et ces notes permettent également notre ascension dans la société. Il n’est plus question de personnalité et de sentiments, tout est dicté par une simple note. C’est une exagération qui n’est pas bête que ça de ce que l’on vit et voit actuellement sur les réseaux sociaux. Le besoin d’avoir une photo likée le plus de fois retranscrit le fait que de nos jours on ne fait plus toujours de photos pour le plaisir d’en faire mais aussi car cela peut créer une certaine reconnaissance dans la société. « Nosedive » nous plonge au coeur de ce problème avec une réflexion qui prend surtout son sens dans la seconde partie de l’épisode. La seconde partie de l’épisode permet aux personnages d’évoluer et à l’intrigue de se développer intelligemment. Bien que tout cela soit intelligent et plausible, on sait pertinemment que l’on n’arrivera jamais à ce niveau là.

Mais tout de même. On retrouve sous les traits de Lacie la charmante Bryce Dallas Howard (la jeune femme qui courrait devant un TRex en talon aiguilles dans Jurassic World). Je pense que l’on ne pouvait pas demander mieux en termes de casting, elle est parfaite dans le rôle que la série lui donne ici, celle d’une femme qui a toujours rêvé de faire partie d’une certaine élite et qui tente de jours en jours d’être à la hauteur des attentes qu’on les autres d’elle. Elle ne vit plus pour elle comme n’ont de cesse de le démontrer certains mais seulement pour accéder à un lotissement où tous les gens qui vivent là bas sont plus que jamais superficiels. Black Mirror traduit donc ici à merveille tout un tas de choses sur l’état de notre société tout en extrapolant le tout intelligemment. Tout le monde est noté, de 1 à 5, ce qui permet de rapidement identifier les gens qui seront les plus intéressants et ceux qui seront le moins pour notre ascension sociale. Bryce Dallas Howard est parfaite dans ce rôle car elle colle parfaitement au rôle de la femme tout le monde qui veut elle aussi son heure de gloire, son accès au rêve ultime de la société dans laquelle elle vit.

J’apprécie le fait que Black Mirror ne donne pas de nom aux lieux, qu’elle nous laisse imaginer tout cela dans notre propre pays, dans notre propre monde. On ne parle pas vraiment de dates non plus même si l’on sait que le but de Black Mirror est de raconter cela dans un futur proche. L’intelligence de la série avec cet épisode est de ne jamais chercher à nous prendre pour des gens qui ne savent pas tout. On comprend ce qui est conté et l’on suit tout cela avec horreur et délectation. L’émotion se créée alors de façon plutôt instantanée ce qui permet de rapidement s’attacher à cette héroïne. Si certains passages sont un peu too-much (comme celui dans le camion de cette femme qui a tout perdu du jour au lendemain) et qui sont là pour créer une certaine forme de morale dont Black Mirror n’avait pas forcément besoin de façon outrancière, l’ensemble brille par sa capacité à nous plonger dans ce monde sans que l’on ne cherche à en sortir. On est pris au piège, comme Lacie. On a envie de sortir mais l’on ne peut pas. L’issue de l’épisode est terrible mais aussi réaliste et permet de voir à quel point toute cette superficialité pourrait finalement altérer notre jugement et la façon dont nous vivons en société.

Note : 9/10. En bref, un retour étonnant et brillant pour une série qui m’avait réellement manqué.

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Anonyme 30/01/2017 00:49

J'apprécie vos critiques, mais je pense que vous êtes passé à côté de points importants.

Premièrement, je vous trouve un brin trop optimiste quant au fait qu'une telle société ne puisse advenir.
La tendance depuis quelques décennie (pas seulement depuis Facebook. Sans doute depuis la télé-spectacle) me semble aller dans cette direction
(Culte de l'image plutôt que de l'honneur: les petits garçons rêvent plus d'être footballeur, chanteur, ou aujourd'hui youtubeur, voire trader, que d'être pompier, instituteur, médecin. L'individualisation de la société. La rupture des véritables liens sociaux et son remplacement par de l'amitié superficielle. La lente dépression dans laquelle on fait grandir la jeunesse, dont les rêves se résument à rien si ce n'est d'être 'au sommet' de la société pour enfin, l'espèrent-t-ils à tord, se sentir valorisé,...)
Et, pour l'instant, je ne vois pas vraiment d'indicateur laissant à penser à un retournement de tendance. Black Mirror y contribuera un peu malgré tout.

Ensuite, la scène du camion est tout sauf too-much.
Elle est d'autant plus indispensable que vous n'avez pas saisi la toute fin de l'épisode.
(j'y reviens ci-après)
Et qu'attendre la fin pour le saisir serait premièrement un peu long, et surtout ferait perdre une partie du sens de la dégringolade sociale de l'héroïne.
Cette scène du camion permet de montrer que dans toute forme de société, il y a toujours des gens qui finissent par se rebeller contre la stupidité/méchanceté que cette dernière engendre.
Dans le cadre de l'épisode, cela nous donne une première porte de sortie de cet univers insupportable.

Puis le "destin" entre en marche.
(succession de plus ou moins petits événements conduisant inexorablement à un point. Ex: les points enlevés par son frère lui ont manqué pour prendre l'avion bis).
C'est seulement quand ce destin amène l’héroïne à être rejetée par la société, que celle-ci découvre à quel point, il est bon d'être libre d'exprimer ce qu'on ressent.
Paradoxalement, alors qu'elle est en prison, elle fait le chemin de se libérer de la prison émotionnelle que lui a imposé la société.
L'homme en face d'elle est dans la même situation.
(avec le petit bonus qu'il est noir comme dans le petit fantasme commercial. Un peu comme si, là encore, être hors de cette société où tout est virtuel, allait lui permettre de vivre réellement ses rêves).
En sommes, ils prennent tous deux la pilule rouge qui fait sortir de la matrice.
Le dernier plan le montre car bien que s'insultant l'un l'autre, tous deux se mettent à sourire d'une joie véritable. Ils se libèrent individuellement et se trouvent l'un l'autre.

Ce premier épisode est tout simplement un bijou.