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Critique Ciné : La fille de Brest (2016)

24 Novembre 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : La fille de Brest (2016)

La Fille de Brest // De Emmanuelle Bercot. Avec Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel et Charlotte Laemmel.


Le scandale du Mediator avait fait des remous en 2009 jusqu’à son interdiction de commercialisation en 2011 alors un film sur le sujet s’imposait. C’est Emmanuelle Bercot, qui a adapté l’histoire d’Irène Frachon après avoir été approché par des productrices. C’est en rencontrant le docteur Irène Frachon qu’elle a décidé de raconter cette histoire avec l’aide de sa scénariste Séverine Bosschem. Mais Irène n’est pas la seule personne qui a été rencontrée dans cette histoire, bien d’autres protagonistes de l’affaire ont eux aussi été entendu afin de se rapprocher au mieux de la réalité de l’époque. Alors qu’elle ne voyait aucune actrice française incarner le rôle, la réalisatrice de La Tête Haute a eu l’aide de Catherine Deneuve qui lui a soufflé le nom de Sidse Babette Knudsen. Quiconque connaît Borgen connaît le talent sans démesure de son talent et sachant parler français, elle était parfaite pour incarner ce personnage étonnant. C’était la petite histoire du film. Mais au delà de ça, La Fille de Brest se transforme très rapidement en thriller médical qui, très documenté, parvient à nous raconter son histoire du début à la fin sans aucun temps mort. Avec deux heures de film ce n’était pas ce qu’il y avait de plus simple et pourtant, le résultat est bel et bien présent.

Dans son hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l’isolement des débuts à l’explosion médiatique de l’affaire, l’histoire inspirée de la vie d’Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité.

Au delà de l’aspect thriller-esque du film, celui-ci parvient à nous plonger au coeur de cette affaire et surtout des personnes qui ont été directement touchées. Notamment Irène Frachon qui s’est donnée corps et âme dans cette affaire. La Fille de Brest c’est le film d’une femme, forte, qui s’est battue pour les lobbys pharmaceutiques, contre ses pairs et l’indifférence des institutions d’Etat. Il y a des moments difficiles dans ce film, et pas seulement pour les opérations à coeur ouvert, également pour tout ce qui gravite autour. L’émotion est palpable et constituée de séquences qui ne peuvent qu’émouvoir un spectateur qui a envie de comprendre ce qu’il a déjà vu il y a quelques années dans les médias. Emmanuelle Bercot parvient à nous plonger dans cette histoire avec une vraie fascination pour le personnage d’Irène Frachon. On sent qu’elle aime la femme qu’elle a rencontré et Sidse Babette Knudsen se donne elle aussi corps et âme dans le rôle qui pourrait bien être l’un de sa carrière. La Fille de Brest pourrait être l’équivalent du Erin Brokovich de Steven Soderbergh, un autre film avec une héroïne qui s’est battue corps et âme contre l’industrie dans la quête d’une vérité que tout le monde veut ignorer.

Emmanuelle Bercot prouve aussi sa capacité à gérer des acteurs sur un plateau. On avait déjà pu le voir récemment avec La tête Haute, mais cela se perçoit d’autant plus ici. Je ne connaissais pas tous les ressorts de l’histoire du Mediator, hormis ce que j’ai pu voir brièvement dans les médias. La Fille de Brest est donc un film intense, parsemé de moments forts qui permettent de ne jamais prendre le temps de s’ennuyer.

Note : 8/10. En bref, un film fort sur le combat d’une femme.

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