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Critique Ciné : Mr Wolff (2016)

2 Novembre 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Mr Wolff (2016)

Mr Wolff // De Gavin O’Connor. Avec Ben Affleck et Anna Kendrick.


Ce change un peu de voir un film qui n’est pas un remake ou adapté d’un quelconque livre. Mr Wolff est donc un film original, écrit par Bill Dubuque (à qui l’on doit déjà le scénario de Le Juge, avec Robert Downey Jr) et qui raconte une histoire assez simple : celle d’un expert-comptable qui a des choses à cacher et un passé troublant. Dans le fond, il n’y a rien de bien exceptionnel dans ce Mr Wolff qui se contente de reprendre une formule que l’on connaît, celle du thriller qui vire au revenge-movie. Mais la réussite de Mr Wolff c’est avant tout Ben Affleck (Batman vs. Superman). Ce dernier livre ici une interprétation taciturne. Si l’acteur a tendance à manquer d’expression, ici son rôle lui va comme un gant. Il donne corps au personnage et c’est peut-être bien ce qu’il y a de plus fascinant là dedans. Pourtant, Mr Wolff reste aussi un film travaillé au scénario complexe. Bien que cela soit par moment un peu trop complexe uniquement pour être complexe, l’ensemble parvient à nous séduire grâce à tout un tas de bonnes et belles idées. Le film n’a donc de cesse de rajouter des cases dans une histoire déjà bien chargée. Les flashbacks notamment qui en disent trop sans en dire vraiment.

L’histoire de Christian Wolff, un expert-comptable dans le civil qui est en réalité à la solde de la mafia.
Petit génie des mathématiques, Christian Wolff est plus à l'aise avec les chiffres qu'avec les gens. Expert-comptable dans le civil, il travaille en réalité pour plusieurs organisations mafieuses parmi les plus dangereuses au monde. Lorsque la brigade anti-criminalité du ministère des Finances s'intéresse d'un peu trop près à ses affaires, Christian cherche à faire diversion : il accepte de vérifier les comptes d'une entreprise de robotique ayant pignon sur rue. Problème : la comptable de la société a décelé un détournement de fonds de plusieurs millions de dollars. Tandis que Christian épluche les comptes et découvre les rouages de l'escroquerie, les cadavres s'accumulent…

Mr Wolff est un film labyrinthique sur un personnage énigmatique. Au premier abord, ce film est d’ailleurs très étrange. Il est difficile de ne pas voir la créativité qu’il y a derrière mais justement, Bill Dubuque donne l’impression qu’il a voulu tellement en mettre dans son film qu’il est étonnant par moment qu’ils ne se sont pas emmêlés les pinceaux. A cause de quelques longueurs qui n’étaient pas nécessaires (notamment certains flashbacks qui nous donnent l’impression que le film cherche à étirer son histoire en longueur), Mr Wolff accuse alors un rythme en dents de scie. Le film, pour pouvoir répondre à nos questions doit alors prendre quelques raccourcis étranges et douteux, et révéler des twists prévisibles (dont le twist final qui est sûrement le plus facile à cerner) mais malgré tous les défauts que Mr Wolff peut avoir, c’est frais et cela fait du bien qu’il y ait un film qui n’ait pas été pompé d’une autre idée. Gavin O’Connor de son côté parvient tant bien que mal à cacher les erreurs du scénario grâce à une mise en scène intelligente. Le réalisateur de Le Prix de la Loyauté ou encore Jane Got a Gun choisit ici de nous plonger dans une ambiance qu’il maîtrise de bout en bout.

Ainsi, si Mr Wolff n’est sûrement pas la plus grande réussite de l’année, c’est un film tout à fait honorable et qui fait au moins preuve d’audace dans un Hollywood rongé par les films à suite et les franchises en tout genre. Ben Affleck s’est d’ailleurs trouvé des compagnons de route qui lui collent à la peau. La charmante Anna Kendrick (Pitch Perfect) est parfaite dans le rôle de cette comptable un peu trop guillerette ou encore J.K. Simmons dans le rôle de cet agent qui gagne bien rapidement notre sympathie.

Note : 6/10. En bref, un honorable thriller avec un Ben Affleck convaincant.

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