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Profilage (Saison 7) : la fin d’une ère, le début d’une autre

28 Novembre 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Profilage

Profilage (Saison 7) : la fin d’une ère, le début d’une autre


Le départ d’Odile Vuillemin de Profilage est quelque chose d’important. La série a déjà connu un départ important après la saison 2, mais le départ d’Odile est le plus marquant. Car Odile Vuillemin et surtout son personnage de Chloé Saint-Laurent s’imposait comme l’héroïne de Profilage, comme un personnage qui devait survivre à la série. On ne commande pas les envies des acteurs et l’actrice a eu raison de quitter la série à l’issue des deux premiers épisodes de la saison 7 (qui à l’origine devaient être les deux derniers de la saison 6). La série étaient en train de s’essouffler énormément l’an dernier et son personnage boucle alors une boucle ouverte lors de la première saison. Il n’y a plus grand chose à raconter dans Profilage en dehors des cas de la semaine. Et encore, ces cas ne sont pas tous passionnants. Le problème c’est que la série s’était l’an dernier enfermée dans un schéma qui ne laissait pas présager grand chose de bon pour cette année. Aussitôt disparue, aussitôt remplacée. Le départ de Chloé mène aussi à l’arrivée d’Adèle, une psychocriminologue déjà apparue dans les saisons 4 et 5 de la série. Juliette Roudet était alors la descente logique d’Odile Vuillemin et ce même si au fond j’aurais peut-être apprécié que cela se fasse autrement. Adèle n’est pas Chloé c’est sûr et certain et dans un sens cela a été salutaire à la saison, beaucoup plus sympathique que la précédente.

On perd le côté lunaire de Chloé mais l’on gagne quelque chose de légèrement différent. Cela ne fait pas pour autant de cette saison 7 une grande réussite. La série se retrouve encore à propulser des cas de la semaine pas spécialement brillants en pensant que le téléspectateur vient pour les personnages plus que tout le reste. Sauf que ce qui faisait aussi l’originalité de Profilage c’était ses cas et la façon de les résoudre. Les techniques narratives sont alors poncées et Adèle ne peut rien changer. Ce qu’elle réussi au moins à faire c’est à nous faire oublier Chloé. Oui, Adèle s’installe très rapidement dans cet univers policier que l’on connait sur le bout des doigts et parvient à nous faire changer un peu d’avis sur le fait que c’était impensable que Profilage continue sans Chloé. Pour autant, même si le personnage est intéressant, la série n’en fait pas grand chose de passionnant. Toutes les intrigues sont téléphonées, comme si les scénaristes laissaient sous entendre qu’ils étaient fatigués. Cela peut se comprendre après sept ans de bons et loyaux services. Je regrette par moment les trois premières saisons de la série et leurs retournements de situation tant autour des cas que des personnages. Là, la mécanique adoptée par la série laisse alors une impression légère de déjà vu. Adèle n’est pas là pour boucher les trous et on nous le fait rapidement comprendre.

Elle est là pour apporter une vision nouvelle des choses, pour bousculer le monde qui s’était transformé en vraie charentaise. Le meilleur de cette saison reste le double épisode du départ de Chloé. C’est un départ soigné que les scénaristes ont eu le temps de préparer en prenant en compte ce que le téléspectateur pouvait espérer. C’était une très belle entrée en matière pour la saison mais je me demande si au fond cela n’a pas été la cause de tous les autres maux de la saison 7. Car il fallait enchaîner avec l’épisode suivant, tenter d’intégrer Adèle au centre du récit tout en ne modifiant pas totalement l’univers. Il aurait été judicieux de bousculer complètement Profilage cette année, de nous faire oublier Chloé autrement. Si Profilage séduit par sa capacité à proposer des intrigues intelligentes et efficaces (comme c’est le cas dans le double épisode), je trouve que la suite de la saison oscille surtout entre de belles tentatives et de plus mauvaises. C’est mieux équilibré que l’an dernier, certes, mais ce n’est pas non plus brillant pour autant. Finalement, si je ne suis pas contre le fait que Profilage conserve son identité et contre le départ de Chloé, je pense qu’il va falloir attendre la saison 8 pour que les scénaristes aient réellement l’occasion de ne pas se laisser porter par le spectre encore présent de Chloé Saint-Laurent et libérer au mieux Adèle.

Surtout que quand on voit les derniers épisodes de la saison, on se rend compte que Profilage n’a pas tout dit, qu’elle a encore pas mal de belles choses à raconter avec un autre personnage. Adèle a de la place maintenant pour grandir à condition bien entendu de l’adopter. C’est ce que j’avais déjà fait lors de ses précédentes apparitions dans la série. Pour Rocher les choses ne changent pas vraiment. Philippe Bas garde son côté taciturne et le personnage son stoïcisme légendaire. C’est une bonne chose car au fond c’est aussi pour ça que l’on apprécie Rocher. En tout cas, j’apprécie ce personnage. Je pense que Profilage a beau ne pas avoir totalement réussi cette saison 7, elle ne laisse pas le sale souvenir de l’an dernier et permet d’avoir envie de retrouver ces personnages au moins une année supplémentaire (et compte tenu des audiences, cela ne devrait pas être trop compliqué).

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