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Chance (Saison 1, 10 épisodes) : psychologie de comptoir

4 Janvier 2017 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Chance

Chance (Saison 1, 10 épisodes) : psychologie de comptoir


Chance partait d’une bonne idée. La nouvelle série d’Hulu avec Hugh Laurie était une belle occasion de retrouver l’acteur dans un rôle qui lui va comme un gant. Cependant, Hugh Laurie ne délivre rien de bien original. Si l’acteur est bon, il est en terrain connu. Il en va de même pour Kem Nunn (Sons of Anarchy) et Alexandra Cunningham (Prime Suspect US) qui retrouvent eux aussi des terrains connus et ne parviennent pas à en faire éclore quelque chose de neuf. Au travers des dix épisodes de cette première saison (et une seconde avait déjà été commandée avant même le début de la diffusion de cette première), tout n’est pas à jeter et l’ensemble tient plutôt bien la route mais il n’y a rien d’original. Les errances de notre héros psychiatre ont du mal à donner vie à la série et à nous intéresser à ses personnages. Kem Nunn a ajouté à la série son amour pour le noir, ce genre particulier qui donne aussi une ambiance intéressante à la série. Il en va de même sur la philosophie des personnages mais la combinaison de tous les éléments forgeant la série ne sont pas aussi efficaces que l’on ne pouvait l’espérer. Hugh Laurie tente alors de porter la série avec son personnage d’Eldon Chance à sa façon, sans parvenir à en faire suffisamment pour nous faire oublier que certains épisodes trainent en longueur et ne permettent pas vraiment de faire évoluer l’histoire.

Au premier abord, Chance est un personnage parfait pour ce genre d’histoires. Quelqu’un d’assez commun qui se retrouve plongé au coeur d’une situation qui implique le besoin pour le héros d’enquêter à sa façon. Cependant, c’est un truc (le côté enquête) que Hugh Laurie connaît car dans House, il était un peu le Sherlock Holmes de la médecine. Les relations personnelles du héros oscillent entre des moments intelligents et bien construits et d’autres qui donnent l’impression que le schéma se répète encore et encore. C’est dommage car globalement j’ai tenu les dix épisodes sans trop de difficultés mais je n’ai pas retenu grand chose de cette série. Il n’y a rien de bien palpitant qui peut nous surprendre. C’est là que D, incarné par Ethan Suplee, entre en jeu. Ce dernier apporte un vrai quelque chose à Chance. Etonnamment c’est donc un second rôle qui parvient à donner à la série une chance d’avoir un vrai intérêt. Ce personnage mutilé par la vie et torturé a bien du mal à aller de l’avant et le personnage devient très rapidement satisfaisant pour plusieurs raisons et notamment la sobriété du scénario compte tenu de son histoire. Dès que Chance tente de nous plonger dans une série à suspense, les choses sont trop tendres et pas suffisamment bien marquées. Il y a notamment la course poursuite à l’hôpital (1.07) qui aurait pu lancer les derniers épisodes efficacement.

Mais non, tout est presque déjà oublié à la fin de l’épisode alors que les errances du héros tentent alors de maintenir en vie une histoire dans laquelle on a des difficultés à s’investir. Hugh Laurie ne manque pas d’user de ses charmes. L’acteur a une façon bien à lui d’incarner son personnage et c’est en partie pour cela que Chance tient aussi un peu debout tout de même. L’acteur n’injecte rien d’original mais sa présence est chaleureuse et l’on se sent tout de suite en confiance. Ce n’était pas gagné d’avance car l’histoire de la saison a énormément de mal à surprendre comme il se doit. A côté, Mol est la parfaite acolyte qui pourrait intégrer sans problème un film d’Alfred Hitchcock. Il y a d’ailleurs un brin Hitchcockesque dans Chance qui s’avère être assez intéressant. Notamment car j’ai par moment eu l’impression de retrouver Vertigo (ou Sueurs Froides en VF). Sans trop savoir pourquoi, Mol parvient à être un axe intéressant que Chance ne fait pas éclore suffisamment. Il y a bien des références, notamment à The Blue Angel de Josef Von Sternberg (1930), un classique. Mais ces références un peu surannées n’aident pas toujours Chance alors que la série a énormément de mal à nous donner une vraie impression de fraîcheur et/ou de modernité. Puis nous avons Paul Adelstein, plutôt abonné aux rôles de vilains.

Si dans Chance il a tout à fait sa place, au bon vieux souvenir de Scandal ou Prison Break, là aussi Chance semble avoir du mal à savoir quoi faire de son personnage. Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas brillant non plus. La fainéantise des scénaristes se ressent alors facilement et l’implication du téléspectateur en pâtit forcément. Le problème avec Chance est donc avec cette première saison que Kem Nunn n’arrive pas à créer un drame cohérent ou même un thriller efficace et attachant. J’aurais adoré qu’il trouve un bon équilibre mais je ne suis pas sûr qu’il savait en créant Chance ce qu’il voulait réellement faire. La première partie de la saison est d’ailleurs la plus décevante et la moins palpitante. Il est difficile de pénétrer le récit sans difficulté. C’est la seconde partie de la saison qui réveille un peu tout le monde sans pour autant que cela ne soit exceptionnel non plus. Finalement, Chance ne va pas entrer dans les annales et c’est bien dommage.

Note : 4.5/10. En bref, la première partie de la saison plombe l’ambiance et la série a énormément de mal à décoller, même sur la fin. Dommage.

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