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Critiques Séries : The Affair. Saison 3. Episodes 8 et 9.

24 Janvier 2017 , Rédigé par delromainzika Publié dans #The Affair

Critiques Séries : The Affair. Saison 3. Episodes 8 et 9.

The Affair // Saison 3. Episodes 8 et 9. 308 / 309.


Quand elle le veut bien, The Affair est capable de bonnes et belles choses. Comme dans « 309 » qui rappelle les démons de Noah sur le devant de la scène. Gunther est un personnage parfait pour faire évoluer cette histoire et la conclusion de « 309 » laisse forcément espérer bien des choses pour la suite de The Affair. La série délivre avec « 309 » l’un de ses meilleurs épisodes et le tout au milieu d’une saison ridiculement médiocre. Gunther est donc une présence importante dans la vie de Noah ces derniers temps et cet épisode vient apporter une certaine forme de conclusion à tout cela. Et une conclusion qui fonctionne bien plus que l’on ne pouvait probablement l’imaginer au départ. Gunther est donc ici une apparition, mais représente également tout ce que Noah avait réussi à garder au fond de lui pendant tout ce temps. Les démons de Noah sont importants pour The Affair car ils parviennent à créer quelque chose d’inattendu. Si j’aurais imaginé que Helen allait être le personnage le plus important de l’épisode, Noah a dépassé toutes mes attentes. C’est d’autant plus étonnant que Noah est clairement le personnage que j’apprécie le moins dans The Affair. Mais pour une fois, le tout fonctionne comme sur des roulettes. Les surprises s’enchaînent et la série parvient enfin à redevenir passionnante. Je ne sais pas si cela va durer au delà de cet épisode mais en tout cas, j’ai pris mon pied.

Et c’est important, surtout quand on voit à quel point cette saison 3 n’a pas vraiment été à la hauteur des attentes qu’elle créée au fur et à mesure. Accessoirement, si Helen apparaît elle aussi comme un personnage fonctionnel dans la narration de l’épisode, The Affair prépare encore une fois le terrain pour la fin de la saison. Le petit discours de Gunther à Noah est presque une sorte de référence meta sur la perception en expliquant que souvent, il n’y a pas de réponse facile. Alors que The Affair tente réellement de trouver des réponses et de nous en donner, elle cherche aussi à complexifier les problèmes car après tout, la narration le demande. Helen et Alison partagent quant à elle une très jolie scène là aussi dans cet épisode. Le point de vue des deux femmes est très différents et surtout passionnant. Cela permet de voir comment chacune se perçoive. Avec « 308 » les choses sont légèrement différentes alors que l’amour entre Alison et Cole revient au galop. Je ne sais pas si c’est ce que j’ai réellement envie de voir d’autant plus que l’épisode ne fait pas trop d’efforts pour rendre le tout réellement efficace. C’est un problème que The Affair a depuis le début de cette saison 3 alors qu’elle tente de trouver un équilibre entre les personnages et les intrigues. Si tous les gestes que The Affair tente de mettre en scène restent cohérents, je ne sais pas vraiment ce que cherche à faire la série avec Cole et Alison.

Dans un sens, je comprends ce besoin de revenir à certains fondamentaux, de rappeler certaines relations mais ce n’est pas toujours très bien fait. C’est en tout cas ce que j’ai pu ressentir avec The Affair et cela m’a un peu déçu. Alors que Showtime a annoncé le renouvellement de The Affair pour une saison 4, je me demande si la série n’a pas intérêt à changer complètement de direction et sortir ainsi de ce qu’elle a déjà raconté. Car cette saison souffre du manque de nouveauté et surtout de ce sentiment qui fait que le tout ne fonctionne pas aussi bien que l’on ne pouvait l’espérer. Si The Affair dépeint plutôt bien une certaine vision de l’amour et des choses, cela n’en reste pas moins une série qui est un peu grippée. Fort heureusement que l’épisode « 3.09 » a été là pour nous surprendre et nous offrir de nouvelles perspectives. Comme quoi, Brendan Fraser est peut-être bien le meilleur ajout fait au casting de The Affair depuis le début.

Note : 4.5/10 et 10/10. En bref, le contraste entre deux épisodes de The Affair…

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Sam 31/01/2017 21:46

Ton article est bien mais quand on ecrit autant et aussi bien, évite d'ecrire "si j'aurais"

Sam 31/01/2017 21:46

Ton article est bien mais quand on ecrit autant et aussi bien, évite d'ecrire "si j'aurais"

JFR 26/01/2017 15:25

« Les démons de Noah sont importants pour The Affair car ils parviennent à créer quelque chose d’inattendu. » : Absolument pas, bien au contraire. Après la première saison qui parvenait à trouver un terrain mélodramatique intéressant à une époque qui délaisse plutôt ce genre, The Affair s'est enfoncée peu à peu dans un champ balisé et très codifié de la condition amoureuse. L'épisode 9 de la saison 3 ne fait que confirmer le programme de cette série : montrer comment une liaison ne peut être — selon une conception très anglo-saxonne et puritaine — qu'une rencontre entre deux personnes (déjà) fautives. Cette liaison sera à la fois un péché originel qu'il faudra payer lors de la saison 2, et le produit pathologique d'un double sentiment de culpabilité qu'on nous décrit lourdement dans la saison 3.

Dès la saison 1, par ailleurs bien écrite et interprétée, l'introduction du genre policier intriguait. Pourquoi cette histoire d'accident ou de meurtre alors que les difficultés étaient déjà nombreuses pour empêcher Noah et Alison d'être ensemble ? Parce qu'il fallait immédiatement montrer l'échec comme seule issue possible à toute cette histoire. Oser regarder ailleurs, hors du couple, c'est prendre le risque de déchaîner des forces aboutissant à l'annihilation de la vie (la famille), entraînant donc la mort.

Quant au personnage de Brendan Fraser (lui-même impeccable dans son rôle) et l'utilisation de l'alter ego pour traiter la dissociation de personnalité et rejeter sa culpabilité, c'est du déjà-vu. Mais pourquoi pas après tout ? Sauf qu'ici, on nous montre très clairement un personnage, Noah, qui n'arrive non seulement pas à assumer son matricide — ou l'interprétation qu'il en fait — mais qui est surtout très clairement malade. Ce qu'il vit dans la saison 3, et qu'il fait vivre aux autres, est le résultat d’une très grave maladie mentale. Parler alors de «démons», c'est minorer considérablement ce que nous montre la série.

Dommage que notre époque, et singulièrement la fiction américaine, ne fasse pas plus confiance à la seule puissance du mélodrame / drame sentimental en se sentant trop souvent obligé d’introduire mille artifices (différents sous-genres policier, le double, etc.). Dommage surtout d’aboutir finalement à une série qui sous des aspects modernes est finalement extrêmement classique, voire réactionnaire. Il n’est pas question de défendre l’adultère, mais de dire que la vie offre aussi autre chose que ce déterminisme US bien pensant. Que peut donc proposer la saison 4 alors qu’il n’y a plus de mystère dans la série ? Selon toute vraisemblance, il n’y a que deux voies possibles : la rédemption et / ou la reformation de la famille. Selon un schéma classique tellement éculé.