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Emerald City (Saison 1, 10 épisodes) : la route n’est pas toujours pavée de bonnes intentions

4 Mars 2017 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Emerald City

Emerald City (Saison 1, 10 épisodes) : la route n’est pas toujours pavée de bonnes intentions


Emerald City est un projet qui a connu quelques problèmes sur NBC. En effet, au départ annoncé en grande pompe par la chaine avant d’être injustement (ou presque) annulé, puis NBC a décidé de faire revivre le projet… Est-ce que NBC avait besoin d’Emerald City ? Non. Est-ce que cette relecture du mythe du magicien d’Oz et Dorothy était nécessaire ? Non. J’aurais vraiment préféré que NBC commande une saison complète de Grimm plutôt que de se lancer dans ce pari fou qui à son issue devient un regret. Pourtant, Emerald City est une jolie série. NBC s’est donné les moyens de ne pas ridiculiser la série de fonds verts dégueulasses comme cela aurait sûrement été le cas sur ABC. C’est déjà pas mal. Cette réécriture plus sombre des histoires de L. Frank Baum avait tout pour réussir, sauf peut-être dans son casting pas vraiment excitant. Le premier problème d’Emerald City est sa narration. La série utilise une narration de série du câble des années 90. Vous savez, ces séries fantastiques d’aventure qui étaient racontées de manière procédurière. C’est donc une vraie erreur commise alors qu’au fond il aurait été plus intelligent de raconter quelque chose de fluide, une vraie aventure de dix épisodes et pas un truc qui doit s’étirer en longueur et qui ne va jamais vraiment coller au mur.

Après le double épisode (et ses gros défauts), le personnage de Dorothy Gale ne gagne pas vraiment l’attention du public. Ou en tout cas pas la mienne. Adria Arjona ne brille jamais et reste un peu trop fade à mon goût. Elle n’est pas aidée par des dialogues polissés, pas suffisamment forts et intelligents pour nous surprendre. Oui, c’est une fille du Kansas mais son caractère et son coeur d’or ne sont pas suffisamment intéressants à suivre ici. Le caractère du personnage manque un peu de folie et la série tout autant. Cela ne suffit pas de tout mettre dans les décors, il faut aussi garder de l’argent pour payer de bons scénaristes. J’aurais presque préféré que Emerald City soit une comédie musicale, que la série s’amuse et qu’elle nous enchante plutôt que de nous plonger dans un univers sombre qui n’a pas vraiment de sens ou en tout cas d’intérêt. L’histoire d’Oz et cie a déjà été racontée plusieurs fois et cette réadaptation est loin d’être celle que j’attendais. Quand NBC a finalement décidé de commander Emerald City, je me suis dit la série vaut le détour. La chaîne revient sur une décision c’est que le projet vaut vraiment le coup. Et au final, pas du tout. Emerald City n’arrive pas à créer le mythe ou en tout cas à donner un vrai élan à ce qu’elle tente de créer.

Narrativement parlant c’est donc trop lisse malgré la volonté de raconter une histoire sombre et fantastique. Cela me fait un peu penser à ce que Disney n’a pas réussi à faire dans son adaptation du second volet des aventures d’Alice au pays des Merveilles ou encore le récent film des aventures du Chasseur de Blanche Neige avec Chalize Theron. Ce sont des films qui mettent énormément d’argent dans des décors afin de nous en mettre plein la vue mais qui à la sortie ne marquent pas vraiment le spectateur. Emerald City joue dans la même cour, une cour décevante. La série arrive dans un épiphénomène créé par Game of Thrones il y a quelques années de ça. Personne n’a réussi à trouver un succès digne de ce nom. Mais pourquoi vouloir tenter de recopier ce qui se fait bien ailleurs pour le faire en moins bien ? Je sais bien que Emerald City n’est pas Game of Thrones et que les deux histoires sont totalement différentes mais l’on ne peut pas nier le fait que Emerald City a été construite avec le souci de s’accorder au public qui aime la série de HBO. L’un des avantages de Emerald City est tout de même Tarsem Singh, qui a réalisé tous les épisodes de la saison et qui donne alors une véritable ligne de conduite au récit. Il tente de faire de son mieux pour cacher les défauts, même s’il le fait difficilement.

Finalement, Emerald City est donc une déception qui aurait pu être une brillante série. Peut-être avec des scénaristes moins épris des directives d’une chaîne et libre de leurs mouvements. Ou alors plus intéressés par ce qu’ils racontent que par la volonté d’entrer dans un moule, à la fois procédurier et fantastique câblé. La substance ne tient jamais ses promesses de départ alors que le double épisode ouvrant Emerald City aurait réellement pu introduire, malgré ses défauts, une belle série. Le casting ne parvient pas non plus à sortir le scénario de sa sinistre écriture. Reste alors peut-être que Josh Freidman et Matthew Arnold, les créateurs de Emerald City, ne devraient pas avoir une telle série entre les mains. Même Vincent d’Onofrio, qui a brillé dans Daredevil (Netflix) et bien d’autres séries et fictions auparavant ne change pas mon avis sur ce gâchis monstrueux qu’Emerald City aurait été durant toute sa première saison.

Note : 4/10. En bref, visuellement sympathique mais série creuse à l’ambition mal démontrée.

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