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Taboo (Saison 1, 8 épisodes) : quand les secrets de chacun tuent le suspense

6 Mars 2017 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Taboo

Taboo (Saison 1, 8 épisodes) : quand les secrets de chacun tuent le suspense


Taboo c’était une bonne idée et puis au fil des épisodes, on se rend rapidement compte des problèmes narratifs de la série, qui empêchent de vraiment prendre du plaisir. Je trouve ça assez dommage d’autant plus que Taboo était réellement capable de faire des tas de trucs différents. Les secrets de la série viennent alors engouffrer le scénario dans quelque chose qui n’est pas toujours très digeste. Visuellement, Taboo reprend pas mal de trucs qui laissent à penser que nous sommes sur BBC One et leurs séries policières tirant sur le côté boueux du vieux Londres (je pense notamment à Peaky Blinders). Mais un beau visuel ne suffit pas à faire de Taboo une bonne série. Il y a des atouts, notamment Tom Hardy qui parvient à insuffler un petit quelque chose à l’ensemble et à laisser respirer certaines intrigues. Créée par Tom Hardy et Steven Knight (Peaky Blinders), on retrouve alors la patte de ce dernier du début à la fin. Mais peut-être aussi que c’est une erreur car la comparaison ne tient jamais. Peaky Blinders est tellement brillante que finalement Taboo ne parvient pas à l’égaler. Et c’est ce qu’il y a de plus dommageable à cette série. La comparaison se ressent du début à la fin, surtout quand on adore Peaky Blinders. Tom Hardy parvient à s’imposer physiquement avec cette série et sa virilité parvient à donner un petit truc en plus à la série (ce qui est rassurant dans un sens).

Côté casting, la série tient donc plus ou moins quelque chose mais elle ne l’exploite pas toujours de la meilleure des façons. Je pense que Taboo avait largement de quoi faire mieux en parallèle ailleurs. Du coup, je suis sacrément déçu du résultat. Tom Hardy a eu l’idée de cette série après avoir joué Bill Sakes dans l’adaptation d’Oliver Twist par BBC One. Si c’est vraiment son inspiration de départ, alors je comprends pourquoi Taboo n’est pas aussi réussie qu’elle ne devrait l’être. Car le Oliver Twist en question n’est déjà pas brillant. Il y a peut-être un brin de Charles Dickens dans le récit, mais le tout ne ressort pas aussi bien que cela devrait être. L’un des plus gros problèmes de Taboo est que la série contient ses secrets, laisse imaginer que ses personnages sont mystérieux, sans jamais parvenir à inspirer le mystère comme il se doit. Et c’est bien là le problème. A l’issue des huit épisodes, le téléspectateur que je suis était dans un état de suffocation. Je me suis également pas mal ennuyé devant la première partie de la saison avant que les choses ne se réveillent légèrement dans la seconde partie. Je dis bien légèrement car Taboo n’implique pas grand chose de neuf non plus. Elle tente de s’imposer, sans parvenir à réellement le faire. La série arrive dans un monde encombré de bonnes idées auxquelles Taboo n’arrive pas du tout à la cheville.

Et c’est une sacrée belle erreur qui est faite ici. Le réalisateur danois Kristoffer Nyholm a au moins le mérite d’apporter un visuel unique et original à Taboo, ce que l’on n’a pas spécialement ailleurs non plus. Mis à part Peaky Blinders et quelques séries britanniques de BBC, je trouve que ce style visuel manque un peu à la télévision. Mais je pense que Tom Hardy va devoir revoir sa copie si jamais une saison 2 de Taboo voit le jour. Ce n’est pas que cette série est totalement mauvaise car il y a aussi de bons points et des avantages, sauf qu’elle ne surprend jamais et garde ses secrets pour elle-même, ce qui s’avère être une vraie déception en son genre. Finalement, Taboo n’aura pas marqué les esprits comme j’aurais adoré que cela se passe. Taboo a un vrai potentiel mais elle ne sit jamais vraiment comment s’y prendre pour nous prendre de cours. Même les mystères développés durant toute la saison n’ont pas l’impact qu’ils auraient probablement pu souhaiter au premier abord. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles cela n’a pas eu l’impact voulu. Tom Hardy devrait se concentrer sur le cinéma dans lequel il est très bon. Même s’il est bon ici, l’écriture n’est clairement pas son domaine de prédilection. Ici, même avec l’aide d’une bonne pointure, la série ne décolle pas.

Note : 4/10. En bref, déception.

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