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Bates Motel (Saison 5, 10 épisodes) : liquidation avant travaux

15 Mai 2017 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Bates Motel

Bates Motel (Saison 5, 10 épisodes) : liquidation avant travaux


La saison 5 de Bates Motel est la dernière et alors que Freddie Highmore a déjà retrouvé du boulot dans une série qui arrivera la saison prochaine sur ABC, je dois avouer que cette série va me manquer. La genèse de Psychose est un truc qui m’a fasciné durant près de 5 ans maintenant. Il faut dire que la série s’est énormément reposée sur la prestation de Freddie Highmore et Vera Farmiga. Toujours sans faute, les deux acteurs ont su faire quelque chose de vraiment intéressant. Et j’ai presque le coeur brisé de dire au revoir à Bates Motel. Cependant, il faut bien avouer que la série arrivait à son terme et qu’il n’y aurait pas eu bien plus à raconter. Il fallait une date de fin et Bates Motel a eu deux ans pour se préparer. Petit à petit, la série de a décidé de conclure son histoire tout en donnant la part belle sur la fin à une chose : Norman Bates, le héros (ou vilain) de l’univers de Psychose. Entre la fin de la saison précédente et le début de celle-ci, il s’est passé deux ans. Romero est en prison, Dylan et Emma sont mariés et ont une petite fille, Norman est heureux en gérant le motel familial pendant que maman est à la maison (enfin, on sait très bien ce qu’il en est). Cela fait désormais deux ans que Norman n’est plus du tout suivi par un médecin et qu’il ne prend donc plus ses médicaments.

Deux ans que personne ne semble vraiment trouver un intérêt à Norman. Tout cela lui permet de vivre pleinement sa vie de tueur en série, tout en remettant la faute sur sa mère qui reste encore dans son esprit la tueuse. Il pense que sa mère a fait semblant de se suicider dans le but qu’il soit tranquille alors que le corps de Norma est en train de trainer dans la cave. Cela change de Psychose où le corps de Norma est assis depuis des années, devenu un squelette, dans sa propre chambre. Cette saison a décidé de nous apporter son lot de personnages et donc de menaces pour Norman. Notamment cet homme étrange qui va tenter de le tuer, sa rencontre avec Madeleine (incarnée par Isabelle McNally) qui ressemble énormément à Norma. Sans compter le retour de Caleb qui va découvrir que sa soeur est décédée. L’une des choses les plus intéressantes dans cette saison 5 de Bates Motel c’est finalement la façon dont la série continue de confronter ses personnages. Que cela soit Norman et Dylan au téléphone dans l’épisode 5.06 ou bien que cela soit Norma et Caleb. Petit à petit, Norman embrasse ce qu’il est, c’est à dire fou. Il accepte ce sentiment là et c’est justement ce qu’il y a de plus intéressant. Freddie Highmore est parfait et même Vera Farmlga, enfermée dans l’esprit de Norman, est aussi brillante.

La saison 5 est aussi l’occasion pour Bates Motel de rejouer la scène mythique de Psychose. C’est Rihanna qui incarne alors le rôle de Marion, personnage iconique du film de Hitchcock que tout le monde connaît. La série a utilisé plusieurs fois au fil des saisons l’allusion de la scène de la douche et cette fois-ci, la série embrasse cela jusqu’au bout. Ce qui est dommage avec Rihanna c’est que son histoire est un peu ennuyeuse par rapport aux personnages emblématiques de la série qui a su faire quelque chose d’intéressant au fil des épisodes. De plus, la série décide de ne pas tuer Marion, ce qui est un twist intéressant. C’est son amant, qui l’a déçu, qui est finalement tué. Comme quoi, Bates Motel tente de faire la justice finalement. De toute façon, Bates Motel n’avait pas besoin de tuer constamment les personnages qui sont morts précédemment. Par ailleurs, au delà de cette scène mythique qui est rejouée autrement, Bates Motel décide aussi de créer un tout autre twist. Norman ne s’est pas transformé en sa propre mère pour faire passer ses crimes, il a créé un vrai double de sa mère quand il était enfant et cela continue de rester important pour la suite. C’est d’ailleurs, cette scène culte qui va être choisit pour incarner le seul meurtre que Norman commet lui seul. Ce que j’apprécie finalement avec Bates Motel c’est cette capacité que la série a à nous surprendre.

Cette saison veut nous dire que finalement, de toutes les scènes qu’il y a eu entre Norman et Norma, certaines sortent peut-être de l’imaginaire de Norman. La version imaginaire de Norma est inspirée de la vraie Norma et l’on ne peut pas dire que cette dernière était une sainte non plus. Vera Farmiga délivre cette année une prestation encore plus folle que les années précédentes. Le personnage qu’elle incarne est ici tellement libre que le résultat est d’autant plus étonnant. Il y a des trucs que je n’ai pas vraiment compris cette année et notamment Romero dont l’utilité s’est avérée être très accessoire. Son évasion par exemple est inutile et le fait qu’il envoie quelqu’un tuer Norman aurait pu créer de la tension mais n’en créé que de façon très minime. Pour ce qui est de Dylan, je dois avouer que je suis content de voir que la série n’ait pas décidé d’en faire une victime mais l’une des rares personnes capable d’aider Norman à aller mieux. La fin de la saison vient d’ailleurs nous dire à quel point les deux garçons s’aiment et qui’l est prêt à aller loin pour soutenir son frère. Car il ne voit pas son frère comme un meurtrier, juste quelqu’un de malade. Intelligemment, le scénario joue des relations avec les personnages et parvient alors à créer quelque chose de fort.

C’est une saison 5 particulièrement réussie que l’on nous a offert, arrivant à associer les éléments de Psychose tout en juxtaposant l’univers que Bates Motel a développé depuis le début. Le mélange des deux est savoureux avec quelques twists différents par rapport au film. Au final, Bates Motel est une belle réussite qui a su rester originale tout en s’inspirant soigneusement de l’oeuvre originale. Rien n’a été dénaturé, tout a été sublimé. Bien entendu, Bates Motel n’est pas un film de Hitchcock mais là aussi il y a eu des hommages et des références bien trouvées. Cette saison conclut parfaitement la saison et donc la série sans que l’on ait finalement besoin d’en voir beaucoup plus.

Note : 7.5/10. En bref, une belle saison.

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robi 20/05/2017 12:14

7,5/10 je trouve ça presque sévère. Un bon 9/10 pour ma part pour cette excellente saison, et plus largement, cette très bonne série qui tire sa révérence.

Un final conclut en apothéose et une saison qui m'a littéralement scotché par moments. Servit par des acteurs toujours aussi bons, une ambiance singulière et vraiment propre à la série, une crédibilité sans faille, et un signe qui ne trompe pas : Un terrible manque qui s'installe à la fermeture du rideau. Un peu comme ça a pu l'être dans Breaking Bad par exemple avec paradoxalement, une satisfaction certaine à la vue de cette conclusion qui parait "juste".

Un parallèle d'ailleurs qui se fait dans d'autres aspects de la série. Telle sa monté en puissance, avec un début et des bases qui se posent tout doucement, un désir de poser l'univers, pour mieux travailler la suite. On ne s'y trompe pas, les dernières saisons sont vraiment un ton au dessus du reste et des débuts. Alors il serait bien dommage de ne pas continuer (amis visionneurs des débuts) malgré certaines lenteurs du début qui pourraient presque faire décrocher (le business de drogue de Dylan, entre autres), car la suite et fin est au final, ce qui marquera pour moi, le passage de "bonne série" à "excellente" et même au rang des meilleurs du genre de cette dernière décennie.