Critique Ciné : Que Dios Nos Perdone (2017)

Critique Ciné : Que Dios Nos Perdone (2017)

Que Dios nos Perdone // De Rodrigo Sorogoyen. Avec Antonio de la Torre et Roberto Alamo.


Nous sommes en 2011, la crise bat son plein en Espagne, c’est la canicule à Madrid et le Pape Benoît XVI vient rendre une petite visite. Sauf que tout cela n’est que le climat de Que Dios nos Perdone puisque le film se concentre sur une histoire de tueur en série un peu particulier. Que Dios nos Perdone n’est pas un film hyper original au fond mais il sait très bien nous surprendre car au delà du polar sombre classique que le film développe, il y a une vraie volonté de raconter la vie de ces personnages et les problèmes que ces derniers rencontrent dans leur vie de flics de tous les jours alors que l’on a l’impression qu’il n’y a plus d’espoir. Entre l’inspecteur bègue et l’inspecteur alcoolique, le concours entre les services, etc. tout est là afin de montrer la tension ambiante qui règne dans cette ville, même au sein de la Crime. Que Dios nos Perdone pourrait être un polar d’Oliver Marchal dans un sens mais le film reste plutôt sobre tout en gardant quelque chose de très sombre au fond. Le film tire alors du côté de Les Enquêtes du département V, tout en sachant nous surprendre au travers de choix narratifs intéressants et originaux.

Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI.
C’est dans ce contexte hyper-tendu que l'improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l'enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion…

Le truc avec Que Dios nos Perdone c’est que les rebondissements sont soignés et les révélations sont appuyées par un propos et une réflexion. Ce n’est pas un polar écrit à la va-vite, mais un film qui propose de parler de la situation actuelle des choses dans un contexte complexe pour l’Espagne. Que Dios nos Perdone sait aussi être violent et Rodrigo Sorogoyen (Impares) utilise alors Madrid de façon intelligente, sans jamais tomber dans le cliché espagnol ou touristique. Ce n’est pas un film carte postale même si certains décors sont là pour nous rappeler dans quelle ville nous somme. Dans la lignée de La Isla Minima (2014), Que Dios nos Perdone nous plonge dans une atmosphère poisseuse où la violence règne, même chez les flics, aidée par la canicule qui bat son plein et fait tourner la tête à tout le monde. La fin du film est elle aussi intéressante alors que Que Dios nos Perdone propose finalement une sorte de réflexion à double tranchant sur la vengeance et la façon dont celle-ci doit s’opérer. Finalement, dans ce film fataliste où aucun personnage ne mérite finalement d’être sauvé, Rodrigo Sorogoyen parle du malheur qui règne dans son pays à cet époque de façon frappante avec pour trame une affaire policière classique mais efficace.

Note : 7.5/10. En bref, un petit polar qui ne mange pas de pain mais qui s’avère réellement efficace.

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