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Top of the Lake (Saison 2, 6 épisodes) : retour sur les terres de son enfance

3 Août 2017 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Top of the Lake

Top of the Lake (Saison 2, 6 épisodes) : retour sur les terres de son enfance


Nicole Kidman continue de se faire une place dans le monde des séries. Après la première saison de Big Little Lies (HBO) et dont une saison 2 est en cours d’écriture, elle a aussi eu un rôle dans la saison 2 de Top of the Lake où elle est méconnaissable. A la manière de True Detective, mais dans un style légèrement différent, la série de Jane Campion (dont elle est la co-créatrice et showrunneuse), s’intéresse cette année à quelque chose de différent, à un lieu différent, tout en conservant l’actrice fétiche : Elisabeth Moss (récemment vue dans la brillante The Handmaid’s Tale). Avec cette saison 2, le lac dans le titre de la série a complètement disparu ainsi que les paysages de la première saison tournée en Nouvelle Zélande. Tout cela se déroule désormais dans un milieu beaucoup moins sauvage et donc plus urbain. Et seul le personnage de Robin, incarné par Elisabeth Moss a survécu entre les deux saisons alors qu’elle revient ici dans sa vie natale. C’est le meurtre d’une jeune femme asiatique qui va retenir toute notre attention, nous plongeant ainsi dans un univers complètement différent, alors que son corps a été retrouvé dans une valise rejetée par la mer. Le ton a changé lui aussi alors que la série est bien moins sombre et beaucoup plus légère. Enfin, dans un sens car l’histoire reste terrible car l’on parle de meurtre tout de même.

On pourrait dire que cela a suivi le chemin inverse de True Detective dont la première saison était très lumineuse et dont la seconde se perdait dans un Los Angeles de nuit. Mais Jane Campion oblige, la série se joue des codes et nous propose ainsi un duo de flics féminin. C’est l’excellente Gwendoline Christie (Game of Thrones) qui se retrouve à ses côtés et le duo de choc permet d’apporter un peu de féminisme dans le monde des séries policières honteusement trop masculin. Afin d’ajouter un petit plus à cette saison, nous avons l’arrivée de Julia incarnée par une Nicole Kidman méconnaissable. Grande amie de Jane Campion, l’actrice ne pouvait pas refuser une telle proposition et le moins que l’on puisse dire c’est que « China Girl » (le sous titre de cette saison 2) trouve en son casting encore une fois son salut. En plus du scénario, jamais labyrinthique mais toujours soigné dans les moindres détails, notamment pour créer de l’émotion. Julia est alors la mère adoptive de Mary, fille biologique de Robin (notre héroïne). Et derrière ce personnage se cache une femme attachante et manipulatrice. Car Top of the Lake ne cherche pas qu’à parler d’éléments policiers mais aussi d’éléments bien plus personnels.

Le but est de creuser l’émotion au travers de l’histoire de chacun des personnages. On a déjà pu le voir dans la première saison de Top of the Lake, et la série continue tout cela à sa façon sans trop de problèmes. Au travers de la saison, Jane Campion se permet de traiter tout un tas de sujets. A commencer par l’exploitation des femmes asiatiques par les Occidentaux. Les disparités entre les populations est un truc que Jane Campion adore et avait déjà utilisé brillamment dans Top of the Lake première saison du nom. Sans compter que l’on ne peut oublier le fait que Robin, l’héroïne est survivante d’un viol, ce qui permet encore une fois de voir que la série est là pour parler à sa façon de sujets difficiles et il faut l’avouer, un brin déprimants. Mais Top of the Lake parle aussi de parentalité, de filiation, et toujours avec cette même candeur. Mais l’histoire mise à part, le changement de décor est peut-être un peu trop abrupte. Il aurait peut-être été judicieux de créer une vraie transition entre les deux saisons avec un épisode où Robin revient chez elle. Surtout que Top of the Lake utilise des chemins un peu plus conventionnels du monde du polar, ce qui n’est pas totalement dérangeant puisque c’est très bien écrit, mais qui ne permet pas toujours de retrouver l’originalité de la première saison.

On peut tout de même être fasciné par la façon dont tout cela est mis en scène. C’est brut. L’image est mat, mais donne au genre une vraie allure. On n’est pas là pour apporter la lumière californienne mais pour montrer la dépression du monde dans lequel les personnages vivent. Finalement, en six petits épisodes on ne s’ennuie jamais devant Top of the Lake et l’on a surtout envie d’en voir plus ou de se demander ce que Jane Campion pourrait encore faire de Robin si jamais une saison 3 était commandée par Sundance TV et BBC.

Note : 7.5/10. En bref, une nouvelle saison soignée.

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