Kim Kong (Mini-series, 3 épisodes) : dictature pour l’amour du cinéma

Kim Kong (Mini-series, 3 épisodes) : dictature pour l’amour du cinéma


Créée par Simon Jablonka (Engrenages, Flics) et Alexis Le Sec (Caïn), Kim Kong reprend alors l’humour de Jonathan Lambert (qui incarne le héros, Mathieu Stannis) dans une relation de King Kong. Plus qu’une simple comédie , Kim Kong m’a par moment fait penser à L’interview qui tue ! avec un scénario tout de même un peu plus travaillé ici. Car la satire fonctionne bien, dans sa façon de se poser de questions sur la situation de ce pays. Mais même si Kim Kong ne brille pas forcément par son originalité (le sujet reste éculé) cela fonctionne bien malgré tout. Notamment car la mini-série est énergique et véhicule de façon magique cette énergie grâce à des personnages intéressants. Le point de départ est vraiment fun, et ce même si dans un sens cela ne brille pas totalement non plus.

Kim Jong-un - « Vous êtes bien meilleur que Spielberg et son poisson pourri »

Kim Kong parle alors de son besoin de créer une certaine forme de liberté afin de pouvoir être heureux. Car c’est le message de cette mini-série. Tout cela pour réaliser un remake de King Kong qui fait l’avènement du régime totalitaire asiatique dépeint dans le film. On sait tous que tout cela est une façon burlesque de se moquer de la Corée du Nord avec tout un clin d’oeil pleinement assumé au pouvoir de Pyongyang.

Mathieu Stannis, réalisateur aigri et frustré de films d'action à succès sans âme, est kidnappé par les agents d’une dictature asiatique. Le leader de ce pays est un grand amateur de 7ème art, excédé par la nullité des productions cinématographiques locales, qui va exiger de Mathieu qu'il mette en scène une nouvelle adaptation de King Kong, dont il a personnellement écrit le scénario et qui vise à chanter les louanges de sa patrie.

Mais Kim Kong ne veut pas être une mini-série politique sur la Corée du Nord. C’est plutôt une sorte de réflexion qui permet de se poser des questions sur créer sous contraintes et comment se libérer de ces chaînes afin de vivre le moment de sa vie. Mathieu Stannis est un réalisateur de nanar qui a perdu foi en son métier et qui va redécouvrir son propre métier. Mais c’est Jonathan Lambert qui est très bon car loin d’en faire des tonnes, qui apporte un vrai truc en plus à la mini-série. Kim Kong c’est aussi une sorte de vision globale des choses sur l’amour du cinéma et ce que cela peut représenter en chacun de nous. Si Kim Kong semble mélanger tout un tas de choses, entre la critique géopolitique et les diktats du monde du cinéma, avec un brin de romance et tout ce qui va avec bien entendu. Si la critique géopolitique est un point qui semble important dans le premier épisode, les deux suivants parlent d’autres choses complètement différentes. Kim Kong est donc une invitation à l’absurde à sa façon, qui sait toujours se moquer pour mieux régner. On se laisse alors happer par ce récit et tout ce qu’il tente de faire afin que l’on puisse rigoler de façon intelligente.

Kim Kong c’est l’amour du cinéma engoncé derrière une satire pleine de est. On s’amuse du début à la fin et ce malgré quelques longueurs qui viennent alors gâcher le plaisir. Par chance, la mini-série évite tout de même certains sujets poissards comme le fait de parler de la révolution qu’il y a dans ce pays contre le régime actuel. Car la résistance dans Kim Kong c’est finalement au travers du personnage de Mathieu Stannis qu’elle s’incarne. Arte nous propose donc une série originale qui s’inscrit parfaitement dans le renouveau français (en tout cas celui qui est tenté) et je regrette presque que cela s’arrête en si bon chemin.

Note : 7.5/10. En bref, l’originalité (même partielle) paye toujours.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article