Critique Ciné : La belle et la meute (2017)

Critique Ciné : La belle et la meute (2017)

La belle et la meute // De Kaouther Ben Hania. Avec Mariam Al Ferjani et Ghanem Zrelli.


La belle et la meute est adapté d’une histoire vraie tirée d’un livre qui a fait sensation en Tunisie « Coupable d’avoir été violée ». Avec ce film, Kaouther Ben Hania poursuit le combat des femmes de Tunisie afin de faire reconnaître leurs droits. Ce n’est pas facile de parler de la femme en Tunisie et de ses droits mais La belle et la meute ose quelque chose d’assez étonnant en prenant un sujet de départ assez difficile : le viol. Car en Tunisie, pour pouvoir porter plainte pour un viol, il faut un certificat de la part d’un médecin dans un hôpital. La nuit de Mariam est un enfer et La belle et la meute nous fait partager cet enfer de façon intelligente, soignée et digne d’un grand polar noir. Le film est clairement engagé d’un point de vue social et politique, ce qui rend le tout forcément bien plus efficace que l’on ne pouvait l’imaginer au premier abord. Le film veut faire état de tout un tas de choses et finalement le résultat est assez stupéfiant (et édifiant). En effet, en voulant mettre en scène les problèmes d’un pays, le film se veut violent et ne se refuse clairement rien de ce point de vue là. Bien au contraire. Mariam Al Ferjani est alors parfaite dans le rôle de Mariam, cette jeune tunisienne qui n’avait rien demandé à part passer une bonne soirée en dehors de son foyer de jeunes filles.

Lors d'une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef.
Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc.
Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

Le viol est un sujet compliqué en Tunisie et La belle et la meute vient de mettre la lumière sur un problème que le livre dont le film est adapté avait déjà mis en avant. A la fin de ce film, ce dernier nous hante encore. Il est impossible de rester de marbre. D’autant plus que La belle et la meute est un vrai espoir pour la jeune république tunisienne, avec un tel film qui n’aurait sans aucun doute jamais pu exister avant 2011. Le film mélange aussi plusieurs genres car au delà du film de viol, La belle et la meute se transforme assez souvent en huis clos, cloisonnant son héroïne dans des lieux confinés transformant alors le tout en film de garde à vue, sur la transition difficile du pays vers une démocratie. La pression policière dépeinte dans La belle et la meute est surréaliste quand on regarde cela avec un point de vue français, mais c’est pourtant quelque chose qui a réellement existé (et qui existe sûrement encore). Et notre héroïne n’est ni témoin ou suspect, c’est une victime qui n’arrive pas à faire reconnaître ses droits. Une phrase est citée plusieurs fois dans le film et signe parfaitement le ton ici : « N’abandonnes pas tes droits », qui va donner de la force à l’héroïne pour aller au bout de son combat.

Note : 9/10. En bref, étonnant et brillant.

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