Critique Ciné : A Beautiful Day (2017)

Critique Ciné : A Beautiful Day (2017)

A Beautiful Day // De Lynne Ramsay. Avec Joaquin Phoenix, Ekaterina Samsonov et Alessandro Nivola.


Récompensé du prix d’interprétation masculine, Joaquin Phoenix délivre ici une belle performance d’homme solitaire et torturé, qui n’a que de la violence à revendre au fond de lui. Mais le film, décrit par le Times comme Le Taxi Driver du 21 siècle, n’est pas toujours aussi bon et fort que je n’aurais probablement pu l’imaginer. Lynne Ramsay (We Need to Talk about Kevin) a un regard propre dans sa façon de filmer que j’aime bien mais disons que j’ai préféré sa précédente oeuvre à celle-ci. Le film est étrange et justement derrière cette étrangeté qui n’a finalement pas toujours de réponse, le spectateur peut rester perplexe comme je l’ai été. On attend jusqu’au bout que le film veuille bien nous dire ce qu’il a au fond de lui mais il n’en est rien. Tout ce vacarme que le film brasse du début à la fin ne manque pas d’originalité, juste de simplicité. Le film ne délie finalement pas tout son récit suffisamment bien pour que l’on en comprenne au moins les trois quarts. C’est dommage car je pense qu’il ne manquait pas grand chose à A Beautiful Day pour être un brillant thriller sombre, surtout que le héros s’impose rapidement derrière les traits d’un Joaquin Phoenix métamorphosé.

La fille d’un sénateur disparaît. Joe, un vétéran brutal et torturé, se lance à sa recherche. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, il est entraîné malgré lui dans une spirale de violence...

On se retrouve alors avec un film clivant qui ne va pas au bout des choses même si l’on peut en comprendre une partie. Notamment le réseau de prostitution dans lequel cette jeune fille est plongée et duquel ce vétéran brutal tente de l’en extirper. Puis nous avons les besoins de Lynne Ramsay de s’obstiner autour de la cruauté du film, sans véritablement avoir le poids suffisant derrière pour dénoncer l’horreur qu’il voulait bien mettre en scène de la façon la plus élégante qu’il soit. Mais ce besoin de faire de la cruauté du film quelque chose de beau est parfois un truc que je n’ai pas trop cerné. C’est là que l’on peut rapidement imaginer que le film tombe dans les éléments les plus gratuits de la violence pour tenter de choquer un spectateur au lieu de ça va finir par rester de marbre. Fort heureusement que Joaquin Phoenix tente tant bien que mal d’extirper ce thriller de l’échec complet. Et c’est plutôt réussi de ce point de vue là finalement. Lynne Ramsay a donc un égo, et si We Need to Talk About Kevin était plutôt bien équilibré, celui-ci est une vilaine caricature qui manque cruellement de fond derrière des formes esthétiques qui sont là pour cacher la misère.

Note : 3/10. En bref, si Joaquin Phoenix est parfait dans ce rôle de brute épaisse, le film tombe dans tous les pièges et finit alors en sauce sans saveur.

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