Critique Ciné : Silence (2017)

Critique Ciné : Silence (2017)

Silence // De Martin Scorcese. Avec Andrew Garfield, Adam Driver et Liam Neeson.


Un film de Martin Scorcese c’est toujours attendu sauf que dans le cas de Silence, je n’ai pas spécialement été frappé comme j’aurais aimé l’être. Le film est resté une semaine à l’affiche dans mon cinéma, m’empêchant ainsi de le voir. Puis je l’ai oublié jusqu’au moment où je l’ai vu trouer dans un classement des meilleurs films de l’année… Du coup, je me suis penché sur le cas de Silence. Dans une mise en scène très classique, Martin Scorcese sort de son écrin une vraie histoire, particulièrement terrifiante et touchante à la fois. Adapté du roman de Shûsaku Endô par Martin Scorcese lui-même avec Jay Cocks (qui avait écrit pour lui Gangs of New York), Silence est un film étonnant. Pas toujours mon film préféré du réalisateur mais sûrement l’un de ses plus intéressants. Pas son meilleur à mes yeux, mais un film qui pense intelligemment son histoire et nous propose alors une histoire aboutie. Le film est aussi très étonnant dans sa capacité à pouvoir être clivant. Après tout, on parle de religion catholique dans un Japon qui a déclaré le christianisme comme illégal. Ce qui fascine avec Silence ce n’est pas forcément l’idée de départ mais la façon dont Martin Scorcese la met en scène.

XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

Martin Scorcese (car il est vraiment question de lui dans Silence), parvient à délivrer ici un film sage et sobre, loin de toutes ses oeuvres précédentes. On le sent engagé, comme il a déjà pu l’être dans d’autres domaines auparavant, mais l’on ressent sa foi à lui, en le cinéma notamment. Il y a pas mal de scènes qui sont assez dures où des gens sont tués dans d’horribles circonstances. Le film se veut donc étonnant avec la violence et la gravité dont il fait preuve, en même temps que d’être un très beau film. On sent aussi Martin Scorcese inspiré par le cinéma japonais dans ce que ce dernier a à offrir avec Silence. Et le film ne cherche pas à nous imposer sa vision du christianisme. Bien au contraire, il laissera le spectateur seul juge de ce point de vue là. Car Martin Scorcese a la pudeur nécessaire pour ne jamais nous dire de faire quoi que ce soit ou de réagir de telle ou telle façon. La façon dont il superpose ce déchirement spirituel à des décors magnifiques est étonnant et je dois avouer que je ne m’y attendais pas du tout. Et puis nous avons bien entendu Andrew Garfield (The Amazing Spiderman) qui nous offre ici l’une des prestations les plus mémorables de sa (pour le moment) courte carrière.

Note : 8.5/10. En bref, un très beau film, clivant mais soigné.

Date de sortie : 8 février 2017

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