Transparent (Saison 4, 10 épisodes) : mange, prie, aime...en Israël

Transparent (Saison 4, 10 épisodes) : mange, prie, aime...en Israël


La saison 5 de Transparent, déjà commandée, est compromise suite aux accusations de harcèlement sexuel qui planent sur la tête de Jeffrey Tambor, héros de Transparent. Alors que ce dernier aurait encre pu être récompensé pour son rôle, surtout quand on voit la qualité de la saison 4, on se rend compte que finalement tout n’est pas si simple. Mais si l’on met de côté la vie personnelle des acteurs et les procès dont ils sont victimes, la série de Jill Soloway voyage en Israël cette année ainsi qu’en Palestine (tiens, ça tombe bien puisque c’est là aussi très actuel depuis que Donald Trump a proclamé Jérusalem capitale d’Israël). Transparent nous fait voyager afin de nous faire respirer un nouvel air et éviter de trop se répéter par rapport à ce que l’on a déjà pu voir auparavant. C’est une série qui évolue constamment alors que la série abolit les frontières de son univers à la fois géographiques mais aussi d’un point de vue sexuel. Il y a une scène intéressante dans cette saison qui est sûrement celle qui m’a le plus marqué : la scène à l’aéroport quand Maura se retrouve face à l’agressivité des douaniers m’a intéressé. C’est un moment qui permet de voir à quel point la transophobie existe encore même si le but ici est d’en faire un moment comique et caricaturé.

Mais jamais dans le mauvais sens du terme pour autant. Jill Soloway est vraiment talentueuse pour créer des moments de ce genre là dans sa série. Il faut dire que Transparent s’inspire un peu (beaucoup) de sa vie personnelle et des expériences qu’elle a eu dans sa propre famille. Mais la saison 4 décide de plonger les membres de la famille Pfefferman dans un univers légèrement différent, afin d’explorer l’inconnu et c’est plutôt réussi finalement. C’est Israël qui a été choisie comme terre promise, comme nouveau lieu d’exploration des corps, des genres et de la famille bien entendu. La saison poursuit le travail fait en amont, à la fois dans le registre léger de la comique, mais aussi dans ces petits moments terriblement touchants dont la créatrice a réellement le secret. Car Transparent peut représenter pas mal de choses à la fois intimistes et beaucoup plus universelles, en traitant de sujets afin de donner des points de vue différent. Si la transophobie reste une thématique importante de la série c’est surtout une saison qui propose un parcours initiatique à Maura et les personnages qui l’entourent.

Maura ne peut pas avoir recours aux opérations de modification de son corps afin de confirmer qu’elle est une femme à cause d’un problème cardiaque, mais cela n’empêche pas Maura de vivre sa vie de femme à sa façon, libérée. Et tout cela au prix par moment de quelques problèmes. Le fait que la féminité de Maura doit se construire en dehors de son visage, son corps, son sexe, est une quête intéressante que la série explore au travers d’un voyage initiatique pertinent. Cela change de ce que l’on avait pour habitude de voir dans les saisons précédentes. La série questionne alors la frontière qu’il y a entre un homme et une femme de façon assez intelligente sans jamais tomber dans des facilités ou des pièges narratifs qui auraient pu prendre une tournure complètement différente. C’est donc une saison qui retourne aux sources, celles de la première saison et bien qu’il n’y ait pas nécessairement besoin de suite puisque la boucle est en grande partie bouclée, je regretterai qu’une saison 5 ne voit pas le jour. Ce serait sacrément dommage tout de même. Maura est alors une sorte de métaphore que Transparent utilise afin de parler du conflit Israélo-Palestinien ce qui est plutôt intéressant et pertinent, surtout que bien que l’idée soit curieuse au premier abord, cela donne un sens intéressant à cette saison.

Car le corps de Maura est entre deux, un corps d’homme occupé par une femme. C’est comme l’histoire du conflit entre les deux pays. S’il faut aller chercher cette référence, elle n’est pas si compliqué que ça à comprendre. Transparent continue donc d’explorer aussi la sexualité et la relation entre les corps. C’est beau et toujours fait de façon très posée. La mise en scène jour beaucoup et met en valeur les corps d’une façon dont peu de séries sont capables de le faire. Ce n’est pas du sexe pour du sexe mais bel et bien d’autres choses encore. Finalement, Transparent propose donc de belles lignes de dialogue afin d’enrober le tout de façon soignée, que demander de plus ou de mieux.

Note : 9/10. En bref, un parcours étonnant et brillant.

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zdzsp56vo6 16/12/2019 01:05

Sylhet Bangladesh

v9i2cpgc8z 06/12/2019 14:23

After this is completed, you can light the candle.