Calls (Saison 1, 10 épisodes) : écouter pour mieux ressentir

Calls (Saison 1, 10 épisodes) : écouter pour mieux ressentir


En voilà une série originale et audacieuse. En effet, Calls s’écoute plus qu’elle ne se regarde. Il n’y a pas d’images, juste des enregistres sonores. Si au départ on ne sait pas trop à quoi s’attendre, on se rend rapidement compte qu’il y a bel et bien un lien entre tous les épisodes : celui d’une Apocalypse imminente. Moi qui n’était pas lu le pitch de la série, juste vu la publicité au cinéma, je dois avouer que je ne savais pas à quoi m’attendre mais le procédé est terriblement intelligent. Grâce à des dialogues percutants et très imagés, le spectateur n’a pas besoin d’images car il peut facilement les imaginer. Timothée Hochet (Le Dernier Monde) trouve ici dans son scénario une manière originale de créer l’oppression. Car la série est oppressante et captivante du début à la fin. Mais Calls est aussi la première création originale de Canal + Décalé. Les situations sont étonnantes pour la plupart et le passionné de cinéma qu’est Timothée Hochet a su retranscrire des sentiments de panique, l’horreur et bien d’autres choses au travers de ce qu’il a écrit. Avant d’être une série, Calls était un court métrage que le créateur avait écrit et publié fin 2016. Si au premier abord les épisodes sont tous déconnectés les uns des autres, ce n’est pas vraiment le cas. Bien au contraire, tous les épisodes sont liés d’une façon ou d’une autre par leur thématique de départ.

Des enregistrements sonores, issus de la boîte noire d'un avion, de cassettes d'un magnétophone, de messages laissés sur un répondeur ou d'appels à Police secours, permettent de témoigner de tragiques événements survenus à différentes époques, mais tous connectés d'une manière ou d'une autre à une Apocalypse imminente.

Même si cette thématique apocalyptique plane au dessus de tout ce qui est raconté, Calls parvient à trouver une façon différente et nouvelle de se raconter. Calls est une série terriblement originale dans la façon dont elle parvient à surprendre son téléspectateur. C’est frais car l’on se concentre sur ce que l’on entend et pas ce que l’on voit. C’est d’autant plus complexe qu’il faut parvenir à captiver pendant 10x15 minutes un téléspectateur qui n’a que du texte à lire à l’écran. Cette expérience est immersive et parvient à captiver dès le premier épisode un spectateur en quête d’originalité. Calls apprend aussi de ses aînées et parvient à glisser ici et là des références bien senties notamment à Cloverfield (dans le premier épisode), au Projet Blair Witch (avec l’épisode sur l’appel des esprits), La Guerre des Mondes et bien d’autres références ici et là. En oubliant le visuel, Calls parvient à captiver grâce à des intrigues palpitantes et surtout concises. Chaque spectateur peut imaginer avec ce qu’il entend les images qui vont avec, ce qui fait du téléspectateur un participant clair au projet. Chacun a ses images et chacun a donc son propre film dans la tête, uniquement influencé par ce qu’il entend.

Si ce n’est pas la première oeuvre qui s’écoute et que d’autres avaient une valeur un peu plus importante (notamment La Guerre des Mondes par Orson Welles en version radiophonique où des gens s’étaient suicidés en pensant qu’il y avait réellement une invasion extra-terrestre), Calls reste une belle expérience qui nous ramène justement au moment où la télévision n’existait pas. Si Calls n’est pas dénuée de défauts et qu’elle part parfois un peu dans tous les sens, les dialogues sont suffisamment explicatifs afin de permettre d’imaginer les décors qui vont avec ou encore le casting. Afin de créer une ambiance toujours plus palpitante, Calls s’est offert les services de voix connues comme Gaspard Illiel, Jérémie Renier, Sara Forestier, Mathieu Kassovitz ou encore Camille Cottin et Marina Foïs (et j’en oublie quelques uns). S’il y a pas mal de « stars » du groupe Canal, quelques bonnes surprises viennent se glisser aussi. Finalement, si Canal + Décalé n’a pas encore confirmé le renouvellement ou non de Calls pour une saison 2 (pas nécessaire mais qui pourrait être intéressante si le sujet liant l’ensemble est différent), cette première salve d’épisodes est à ne manquer sous aucun prétexte.

Note : 6.5/10. En bref, une expérience originale qui nous ramène à une époque où la télévision n’existait pas.

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