Rick and Morty (Saison 3, 10 épisodes) : la profondeur métaphysique de la famille

Rick and Morty (Saison 3, 10 épisodes) : la profondeur métaphysique de la famille


La comédie animée la plus inventive de la télévision actuellement dévoilait l’été dernier sa troisième salve d’épisodes. Si je suis toujours aussi heureux de retrouver Rick et Morty, je dois avouer que j’avais laissé un peu ces petits personnages de côté par manque cruel de temps. L’une des forces de cette petite comédie animée est de constamment trouver une façon de se renouveler et de proposer des intrigues farfelues et originales. L’originalité de cette saison est d’avoir su remettre les personnages en question et de les mettre dans des intrigues différentes. Rick peut donc être le vilain car Rick est toujours le vilain dans l’épisode 3.04 qui est l’un des plus originaux de la saison. Mais il y a tellement de bonnes choses cette saison qu’il est difficile de ne pas en aimer chaque recoin. Rick and Morty n’est pas qu’une série comique, c’est aussi une série qui parle difficilement et avec un humour noir de la famille, de la vie ou même de ce que c’est qu’une série. D’une façon ou d’une autre, elle sait constamment se renouveler afin de ne pas parler de la même façon de tout ce qu’elle peut mettre en scène. A la fin de la saison précédente, Rick and Morty suggérait que la saison 3 serait plus sombre alors que l’on est ici dans une comédie clairement potache. Mais intelligemment, les intrigues files et fuses afin de conserver ce ton résolument sombre cette année.

Tout cela permet de casser un peu tout ce que l’on avait pu voir auparavant dans la série. Rick, notre savant fou était alors prisonnier d’une fédération alien dans le but de protéger sa famille (même si bien souvent on nous prouve qu’il ne l’aime peut-être pas du tout). Rick and Morty n’est pas qu’une comédie avec des éléments de SF, c’est un vrai drame familial qui propose une vraie réflexion sur ce que c’est qu’une relation grand père / petit fils, sur le sens de la famille et de la vie, mais pas seulement. Car au delà de ça, il y a aussi de vraies intrigues dans Rick and Morty. Des intrigues farfelues qui ne sont pas facilement croyable, alors que le propos de base se repose justement sur des éléments réalistes. La SF est donc ici une sorte de prisme. Dan Harmon et Justin Roiland continuent donc de développer leur petit univers sans se soucier de qui que ce soit car c’est eux qui ont décidé de construire Rick and Morty, et personne d’autre à leur place. La liberté de ton que leur offre Adult Swim permet toutes les folies et surtout d’être plus impertinente que d’autres comédies animées (notamment celles de FOX qui ont beau l’être mais de façon complètement différente).

Rick and Morty ne tarie pas non plus sur les références comme celle à Mr. Pickles (ancienne série de Adult Swim) quand Rick se transforme en cornichon dans le façon « Pickle Rick », un épisode aux situations plus absurdes les unes que les autres mais qui encore une fois permet de poser des questions sur le sens de notre existence. Car c’est une série bien plus intelligente et métaphysique qu’elle ne peut le laisser imaginer au premier abord. Le but est ici de parler de la difficulté de se faire une place dans notre monde en prenant le prisme du cornichon. Mais au delà du cosmos et des dimensions parallèles, c’est se faire une place au sein de sa propre famille qui en ressort réellement. Il y a des épisodes brillants aussi, comme « The Rickshank Rickdemption » où Rick se sort des griffes de cette fédération extraterrestre où l’humour a toujours une place, ne serait-ce que pour cette référence assez funky à McDo. Et l’on enchaine les épisodes de ce genre là, avec une volonté de raconter des strates complètement différentes, comme dans « The Ricklantis Mixup », mélangeant les intrigues et les personnages tout en interconnectant le tout autour de sujets qui restent fidèles à la série. Rick and Morty sait parler de sujets forts comme la discrimination sous toutes ses formes et apporte alors un message universel d’acceptation et de tolérance qui sort du lot.

Car cela ne se fait jamais sans un peu de cynisme sur les bords. Cette saison 3 est le bon exemple de ce dont Rick and Morty est réellement capable et surtout de montrer ses émotions, sa mélancolie dont elle est emplie à chaque fois qu’elle veut sortir une fois de plus du lot. Rick and Morty n’oublie pas non plus la légère critique politique toujours cynique qui permet de parler des problèmes d’un pays. La saison 3 est donc clairement une sorte d’apogée narrative qui ne tourne pas que autour de ces multiples dimensions et de la version différente des personnages que l’on a pu voir dans les deux saisons précédentes. C’est la maturité et l’on sent que Rick and Morty sait où elle va alors que la saison 4, déjà commandée par Adult Swim, est attendue pour cette année.

Note : 9/10. En bref, une brillante saison mature.

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