Critique Ciné : Eva (2018)

Critique Ciné : Eva (2018)

Eva // De Benoît Jacquot. Avec Gaspard Ulliel et Isabelle Huppert.


J’aime bien Gaspard Ulliel et j’aime bien Isabelle Huppert. Cependant, avec Eva il y a un problème : Isabelle Huppert. Le problème de ce film va même au delà de l’actrice qui n’est pas spécialement brillante, mais aussi dans l’adaptation bien pâle du roman de James Hadley Chase. On a un point de départ intéressant et rapidement, le film s’embourbe les pieds dans des clichés pathétiques et des invraisemblances qui donnent le tournis. Le manque cruel d’audace ne permet pas à Eva de sortir des sentiers battus et rebattus par le genre malgré la présence de bonnes têtes au casting du film. Même Richard Berry en devient rapidement ridicule dans ce rôle grotesque de producteur esseulé par la vie, amoureux de la femme du héros. On ne peut pas dire que Benoît Jacquot soit encore un bon metteur en scène alors que son cinéma part en sucette depuis quelques années. Eva est aussi un remake, car un précédent film du même nom de Joseph Losey adaptait déjà le même roman. Le film perd rapidement l’équilibre alors qu’il ne sait pas du tout ce qu’il veut réellement être et c’est bien dommage, entre une comédie non assumée et un film noir rasoir, il manque un petit grain de folie et/ou d’originalité et c’est bien dommage car je m’attendais à un film différent, peut-être plus efficace et machiavélique.

Tout commence par une tempête de neige. Eva, troublante et mystérieuse, fait irruption dans la vie de Bertrand, écrivain prometteur. Cette rencontre va bouleverser Bertrand jusqu’à l’obsession et le fera glisser jusqu’à sa perte.

Plus le temps passe et plus le film laisse au spectateur l’impression de se taper la tête contre les murs. Comment peut-on parler aussi de cette histoire d’amour sans imaginer le côté ridicule de la chose. Il a une femme, très mignonne mais s’amourache d’une call-girl de luxe à Annecy et manipulatrice sur les bords. L’obsession de Bertrand est étrange car au départ le film veut nous faire croire l’inverse. Et Eva malheureusement n’arrive pas à être un film suffisamment bon pour impliquer une telle obsession. Finalement, le film repose sur des objets manquant cruellement de charme et d’intérêt, sur des personnages mal écrits et une intrigue qui tourne rapidement au vinaigre. Finalement, moi qui m’attendais à un bon film noir obsessionnel, je me retrouve avec un truc qui n’a pas l’intérêt qu’il veut avoir. La bande annonce, pourtant sympathique, me rendait curieux. A la sortie de la salle, je suis dépité de me dire que l’on peut gâcher de l’argent dans des trucs aussi niais que ça, où les acteurs sont froids et ne font passer aucune émotion, où l’ennui se fait de plus en plus présent au fur et à mesure que le film avance, sans compter sur une mise en scène qui elle aussi n’a pas grand chose à nous offrir.

Note : 3/10. En bref, je suis inquiet pour le cinéma français…

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