The City and the City (Mini-series, 4 épisodes) : il faut de tout pour faire un monde

The City and the City (Mini-series, 4 épisodes) : il faut de tout pour faire un monde


The City and the City est une série hybride, un savoureux mélange entre la SF (la dystopie) et le polar noir. Nous sommes ici dans une ville imaginaire d’Europe, dans un futur proche, qui n’a rien à voir avec le monde que l’on connait. Il y a à la fois un autre langage, des villes imaginaires (celles de UI Qoma et Beszel). Mais The City and the City est avant tout l’adaptation d’un roman de China Miéville par Tony Grisoni (Tideland, L’homme qui tua Don Quichotte). On retrouve dans cette aventure tous les éléments nécessaires pour passer un bon moment même si je dois avouer que cela manque peut-être d’un petit truc en plus. Car pourtant, The City and the City a réussi à faire quelque chose visuellement. De ce point de vue là, la série est très réussie et nous propose un truc qui change de ce que l’on a pour habitude de voir dans le registre. Sans compter que David Morrissey (The Walking Dead) sait s’imposer dès sa première apparition dans le premier épisode comme le héros parfait pour cette série. Tony Grisoni, très habitué de l’univers de Terry Gilliam, parvient ici à délivrer sa propre vision du roman avec une inspiration qui n’est pas sans faire penser à du Gilliam.

Quand le corps d'une étudiante étrangère est découvert dans les bas-quartiers de la ville de Besźel, c'est une journée de routine pour l'inspecteur Tyador Borlú. Très vite, des indices indiquent que la victime est originaire d'Ul Qoma, laquelle partage des relations troubles avec Besźel. Cette affaire coûtera à Borlú tout ce qui lui est cher...

Ce n’est pas aussi bien j’en conviens mais cela a tout de même quelques pointes de ressemblance. Sans compter que la dystopie est un genre que Gilliam adore et Tony Grisoni tente alors d’enrichir intelligemment cet univers. Afin d’aller au bout des choses, la série parvient à nous plonger dans un univers étonnant qui change de ce que l’on a pour habitude de voir. Si les deux villes que l’on suit dans ces quatre épisodes ne sont situées sur aucune carte, la série joue très bien la carte de deux villes différentes qui nous plongent dans des univers que l’on ne connait pas (mais qui restent inspirés de notre société). BBC Two continue de proposer des séries étonnantes et je dois avouer que celle-ci fait partie des bonnes surprises. Les deux villes sont situées dans le même espace physique mais sont différentes car les citoyens de l’une d’elle sont éduqué depuis leur enfance à « ne pas voir » les gens, immeubles et évènements de l’autre ville. Chaque personne qui traverse la frontière de ces limites psychologiques risque d’être puni. Si au premier abord l’univers de The City and the City est riche et surtout complexe, la série délie alors rapidement l’histoire afin de nous raconter le tout sous un angle policier.

Car c’est là que The City and the City devient intéressante. Elle utilise l’histoire policière de cette mini-série afin de développer son univers. Et l’inspecteur Tyador Borlu est notre porte d’entrée dans ce monde là. Côté casting, The City and the City est là aussi pleine de ressource. Nous avons la femme de notre héros incarnée par Lara Pulver (Sherlock) et qui est l’un de ces personnages mystérieux dont The City and the City semble avoir le secret au départ. Et il y a la partenaire de Borlu : Corwi (incarnée par Mandeep Dhillon qui est là aussi un ajout intéressant au casting qui change de ce que l’on pouvait attendre au départ). Finalement, avec un univers coloré comme celui-ci, The City and the City est une mini-série brillante qui nous plonge dans un monde qui n’a rien à voir avec ce que l’on a pour habitude de voir et ce n’est pas plus mal. Finalement, le roman de Miéville que je ne connaissais pas est une belle métaphore de la vie moderne et le tout reste très clair. The Handmaid’s Tale prouvait qu’il était possible de passer d’un roman à la série avec un univers dystopique riche, mais The City and the City est une autre confirmation du genre.

Note : 6.5/10. En bref, agréable surprise.

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