Critique Ciné : Neuilly sa mère, sa mère (2018)

Critique Ciné : Neuilly sa mère, sa mère (2018)

Neuilly sa mère, sa mère // De Gabriel Julien-Laferrière. Avec Samy Seghir et Jérémy Denisty.


Dix ans après le premier film, une suite n’était pas forcément facile à mettre en boîte mais en prenant conscience de la situation politique actuelle et des changements opérés, alors Neuilly sa mère, sa mère nous offre un spectacle estival sympathique, sans trop forcer qui n’était pas pour autant nécessaire non plus. Disons que l’erreur de Neuilly sa mère, sa mère est de vouloir trop en raconter en un seul film et donc se contente la plupart du temps de sketchs ici et là avec des situations qui pour certaines sont drôles et pour d’autres beaucoup moins. Malgré quelques qualité humoristiques, certaines intrigues n’ont pas l’aplomb nécessaire pour tenir le film de bout en bout. Je pense notamment à l’histoire de Porc Ever qui mélange tout un tas de scandales qu’il y a eu ces dernières années afin de trouver une façon de se moquer encore un peu plus de la politique et des grands patrons. Pourtant, Denis Podalydès est parfait mais il lui manque surement Valérie Lemercier, trop peu présente dans le film, afin d’apporter un vrai équilibre. Mais Neuilly sa mère, sa mère reste une comédie familiale à laquelle il ne faudra pas trop en demander. Il y a donc tous les ingrédients du genre même si l’on perd un peu la satire sociale que pouvait être le premier film.

En 2008, Sami Benboudaoud découvrait l’enfer de Neuilly-sur-seine !
Dix ans plus tard, alors que tout va pour le mieux pour Sami qui termine brillamment ses études de sciences politiques, plus rien ne va pour son cousin Charles de Chazelle. Depuis la défaite de son idole Sarkozy aux présidentielles, il a sombré dans une profonde dépression quand sa famille perd toute sa fortune et doit quitter Neuilly. Rejetés de tous, les Chazelle trouvent refuge chez Sami, cité Picasso, à Nanterre !
Dès lors, pour Sami et les habitants de sa cité, la vie ne sera plus jamais un long fleuve tranquille.

Pas mal de bons gags du film sont déjà dans la bande annonce (ce qui en dit long sur l’humour que celui-ci procure) mais quelques apparitions sont sympathiques comme une voix imitée de Nicolas Sarkozy au téléphone ou encore Arnaud Montebourg qui se paye un rôle dans le film (dans son propre rôle). L’idée de se concentrer sur Jérémy Denisty dans ce film est à la fois une bonne et mauvaise idée alors que le premier film était justement celui de Samy Seghir. Ce dernier, en amoureux transit qui va devenir paranoïaque à cause de ses révisions manque de l’énergie qui avait fait de lui une petite révélation il y a de ça dix ans en arrière. Du coup, Jérémy Denisty a plus de place pour dévoiler l’étendue de son talent ce qui est un mal pour un bien même si son personnage n’évolue jamais vraiment. On sait déjà comment cela compte évoluer et certaines moqueries de la politique française dans le film ne sont pas aussi brillantes que prévues. On se satisfait donc des discours de François Hollande qui ouvrent le film, ou encore des « cars Macron » adulés par les migrants, et j’en passe. Finalement, Neuilly sa mère, sa mère sait rester honnête et intègre dans sa proposition mais ne nous offre rien d’exceptionnel pour autant non plus. L’été me rend plus indulgent et j’avais besoin de reposer les neurones alors Neuilly sa mère, sa mère saura peut-être faire de même avec vous.

Note : 5/10. En bref, moins drôle et original que le premier, la satire sociale se mue en comédie française classique. Dommage.

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