Critique Ciné : Guy (2018)

Critique Ciné : Guy (2018)

Guy // De Alex Lutz. Avec Alex Lutz et Tom Dingler.


Après Le Talent de mes Amis (2015), Alex Lutz est de retour au cinéma avec Guy, un documentaire sur un chanteur créé de toute pièce pour les besoins de ce film. En somme, Alex Lutz imagine ce que la vie de Claude François aurait pu être si ce dernier avait toujours été en vie (et une petite référence est jouée dans le film sous forme de clin d’oeil assez cocasse). Alex Lutz fait la prouesse de se glisser dans la peau d’un chanteur de 74 ans avec brio, délivrant une performance assez étonnante. Ce qui est étonnant avec ce second film c’est ce mélange savoureux entre comédie (et on rigole dans Guy) mais aussi des moments plus tendres où l’on finit bouleversés par cette histoire. On suit alors la vie de ce chanteur pathétique et émouvant à la fois avec ferveur tout au long du film, mélangeant plusieurs thématiques : la filiation, la vie d’un artiste qui reste dans le passé et le temps qui passe mais ne revient jamais en arrière. C’est un film beau et touchant qui ne tombe jamais dans le pathos. Mais le film est une belle réussite au delà de la performance d’Alex Lutz, qui finit comme une petite Madeleine de Proust. Le film cherche alors à raconter une histoire sur la recherche d’identité, sur la quête d’un père (et la film laisse alors libre court à l’imagination du spectateur).

Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu'il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

Alex Lutz démontre avec Guy qu’il est à l’aise, aussi bien dans le montage, la mise en scène que dans l’écriture de ce scénario. Sans parler des chansons qui animent le film, toutes des créations originales qui ne sont pas sans rappeler quelques titres connus des époques 60-90. Le film est au départ une sorte de fable se moquant d’un chanteur qui a vieilli, mais c’est plus que ça. En effet, le film a une vraie profondeur qui mérite que l’on s’attarde sur son cas, qui va bien au delà de la caricature. Tout ce qui est fait dans Guy est fait pour nous faire croire que Guy Jamet a réellement existé. Au delà du personnage ringard, la provoc est amusante. On sent que Alex Lutz prend ses inspirations un peu de partout où il peut, face à la nouvelle génération qu’il ne comprend pas et face à cette ancienne génération qui l’a perdu (mais pas vraiment oublié). En tout cas, je vous promet que vous allez passer un beau moment, où vous chantonnerez « Dadidou » en sortant de la salle avec l’impossibilité de vous la sortir de la tête mais cette chanson donne la banane, alors une vraie réussite.

« Il a morflé J.R. »

Note : 9/10. En bref, un documentaire étonnant sur un faux chanteur créé de toute pièce par Alex Lutz.

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