Critique Ciné : Première Année (2018)

Critique Ciné : Première Année (2018)

Première Année // De Thomas Lilti. Avec Vincent Lacoste, William Lebghil et Michel Lerousseau.


Pas sûr que le dénouement de Première Année se passe dans le monde réel mais peu importe. D’un film aussi simpliste que celui-ci ressort quelque chose de bien plus profond et très emphatique sur l’amitié, la difficulté de trouver sa voie, le besoin de reconnaissance d’un père absent dans sa vie, etc. Première Année est juste, à plusieurs reprises, et sait rester aussi proche de l’actualité alors qu’en 2020 ce concours, le PACES, sera supprimé. Thomas Lilti, ancien médecin, continue d’explorer ce monde en France et retrouve Vincent Lacoste qu’il avait dirigé en 2014 dans Hippocrate. Mais le film, bien que simpliste, ne cherche pas forcément à l’être non plus. Il développe la relation entre Antoine et Benjamin. L’alchimie entre les deux acteurs est déjà bâtie depuis plusieurs années de travail ensemble au cinéma, ce qui facilite forcément le plaisir que l’on peut prendre à retrouver ces deux là. Vincent Lacoste semble adorer le thème médical mais il trouve ici un rôle qui lui sied bien. Mais c’est clairement William Lebghil qui crève l’écran, qui diffuse dans le film le plus d’émotions et j’aime beaucoup ce qui est fait dans ce sens là. C’est en tout cas un film sur le combat de deux garçons. L’un, Benjamin, cherche à rendre fier son père qui l’a toujours laissé de côté. Il a des capacités de mémorisation étonnante et forcément, ça fait des jaloux.

Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions plutôt qu'à la fête, les deux étudiants devront s’acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d’aujourd’hui et les espérances de demain.

De l’autre côté c’est Antoine, qui vit en banlieue moyenne, né de parents moyens et doté d’une intelligence bien moins importante que son pote mais qui tente pour la troisième fois sa première année de médecine. La morale que Première Année cache est donc celle que l’amitié est toujours plus forte que le reste. Même que son avenir professionnel. C’est beau. Il y a aussi une vraie pudeur de la part des acteurs qui nous permet d’apprécier autant ce film chaleureux. On retrouve alors le ton d’Hippocrate, l’un des précédents films du réalisateur datant de 2014 et qui m’avait beaucoup plu. Par moment, on pourrait croire que Première Année est une sorte de documentaire sur l’obsession du numerus clausus qui choisit une petite partie de tous les étudiants qui veulent aller en médecine. Le film se veut sérieux mais jamais pompeux. C’est agréable et l’on se prend au jeu des révisions de ces personnages, ou même des petits jeux qu’ils peuvent inventés (les desserts du Resto U, les poubelles de l’allée de l’immeuble et la gardienne, etc.). Première Année est donc une joyeuse histoire qui n’a pas toujours des moments faciles à nous raconter mais qui sait très bien le faire, avec beaucoup de délicatesse et c’est justement ça qui est intelligent là dedans.

Note : 7/10. En bref, une agréable surprise.

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