Critique Ciné : Frères Ennemis (2018)

Critique Ciné : Frères Ennemis (2018)

Frères Ennemis // De David Oelhoffen. Avec Matthias Schoenaerts, Red Kateb et Sabrina Ouazani.


David Oelhoffen retrouve Reda Kateb qu’il a déjà dirigé dans Loin des Hommes (2014) aux côtés de Viggo Mortensen. Cette fois-ci, il dirige à ses côtés Matthias Schoenaerts (Bullhead) dans une histoire de meurtre, de cocaïne et d’enquête policière, mêlant la crim’ avec les stups. Frères Ennemis n’est au fond pas très novateur dans le cinéma français, étant donné que ce genre a déjà été éculé, notamment avec Olivier Marchal pendant plusieurs années. Cependant, on retient ici la performance du casting. Matthias Schoenaerts et Reda Kateb crèvent l’écran, dans des rôles de trafiquant de drogue d’un côté et agent de la brigade de stups de l’autre. L’histoire est une sorte de puzzle où l’on doit découvrir qui a voulu faire porter le chapeau à Manuel, mais aussi qui a réellement tué Ibrahim, le personnage qui lie notamment Manu et Driss dans cette aventure. Si le fond du récit n’est pas novateur, les échanges sont solides, l’action sobre et efficace, la mise en scène soignée. Ces quartiers de la banlieue « chaude » de Paris sont un brin différents de ce que l’on a pour habitude de voir. Ici, point de Pigalle, Barbès ou Gare du Nord, on est plongé dans un univers légèrement plus simpliste où l’univers de la drogue (et donc de la cocaïne) fait rage jusqu’au bout.

Manuel et Driss ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais aujourd’hui tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic. Quand celui-ci est promu aux Stups, son retour bouleverse les équilibres et met Manuel en danger.

David Oelhoffen, dont j’ai vu le dernier essai, propose ici quelque chose d’intelligent qui connait les rouages du système d’enquête français et de comment les agents des stups parviennent à faire tomber des réseaux, en montant en épingle des scénarios qui permettent justement d’aller au bout d’une enquête tout en protégeant certains personnages. L’enquête est passionnante car elle est truffée de rebondissements et de on-dit qui laisse le spectateur pantois. Je dois avouer que même si le dénouement n’est pas une surprise, la façon de nous conduire au bout de cette aventure me plaît car l’on ne sait pas ce qui nous attend à chaque coin de rue (ni même qui est vraiment responsable de la mort de Ibrahim et pourquoi). Le film révèle alors petit à petit ce qu’il cache au fond de lui dans un monde particulièrement solide, mais jamais glacial. Les émotions sont elles aussi présentes, notamment quand Driss rend visite à la femme d’Ibrahim incarnée par une excellente Sabrina Ouazani que j’aime toujours voir dans le cinéma français et qui crève elle aussi l’écran à sa façon dans un rôle presque réduit à peau de chagrin. Mais tout cela a clairement été fait pour que justement chacune de ses apparitions soit un vrai moment. Cette année, on retiendra donc plus Frères Ennemis que Carbone le film d’Olivier Marchal (en tout cas, pour ma part).

Note : 7/10. En bref, une belle réussite.

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