Critique Ciné : I Feel Good (2018)

Critique Ciné : I Feel Good (2018)

I Feel Good // De Benoît Delépine et Gustave Kervern. Avec Jean Dujardin, Yolande Moreau et Joseph Dahan.


Delépine / Kervern sont connus pour faire du cinéma social français décalé. On leur doit le brillant Mammuth avec Gérard Depardieu et le médiocre mais intéressant Le Grand Soir. Ils reviennent cette fois-ci avec Jean Dujardin en guise de héros, et toujours Yolande Moreau, leur muse. Le film nous plonge alors dans l’univers d’Emmaüs et d’un homme qui a une envie : réussir. Il veut devenir milliardaire sauf que son idée est loin d’être la révolution du siècle. On sent le message qu’il y a derrière, sur la société qui abandonne les gens mais comment Emmaüs est là pour leur donner une chance inouïe de rebondir, qui les accepte comme ils sont : beaux, moches, pauvres, riches, etc. Il y a une phrase dans le film qui est importante : quand les gens arrivent ici, on ne leur demande pas qui ils sont, juste leur prénom. Je trouve le message intéressant et l’idée derrière ce film presque brillante, sauf que l’exécution n’est pas aussi bonne que l’on aurait pu le souhaiter. Au contraire. Jean Dujardin est bon dans son rôle d’escroc à la petite semaine, même si finalement l’ensemble a bien du mal à décoller et semble patauger du début à la fin. Avec un tel titre, on ressort de la salle avec cette folle envie de se dire que finalement la vie que l’on vit n’est pas bonne ou mauvaise, qu’elle vaut le coup pour les gens qui nous entourent.

Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Et puis l’on retrouve alors le côté à la fois réaliste et surréaliste du cinéma de Delépine / Kervern. Ils savent créer ce paradoxe, tout en délivrant ici un film abouti qui ne se perd pas toujours dans tous les sens. Sauf que je n’ai pas été aussi sensible au fil que leurs précédentes oeuvres et c’est bien ça le problème. En confrontant le capitalisme à outrance (et d’ailleurs Jacques est là pour le dénoncer au détour d’une phrase sur Karl Marx) et le communisme (lors d’un petit voyage en Roumanie) tout en mettant en lumière le travail de l’abbé Pierre. Sauf que I Feel Good a de bonnes idées qu’il n’exploite pas toujours très bien. On est alors au milieu de situations et de dialogues qui ne fonctionnent pas toujours malgré toute la bonne volonté de chacun et notamment Yolande Moreau, toujours parfaite dans le cinéma de ces deux réalisateurs ou Jean Dujardin qui fait l’exercice pour la première fois et qui nous délivre quelque chose de très réussi en son genre. Je m’attendais peut-être à un film différent de leur part, même si au fond il est loin d’être raté mais quelques longueurs m’ont par moment donné l’envie de regarder le temps qui passe sur ma montre et c’est bien dommage.

Note : 6/10. En bref, un film à la fois ingénieux qui souffre de quelques longueurs problématiques qui ne permettent pas toujours de s’imprégner totalement de ce qu’il nous conte.

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