Marvel’s Daredevil (Saison 3, 13 épisodes) : quand les vilains prennent le pas sur le héros

Marvel’s Daredevil (Saison 3, 13 épisodes) : quand les vilains prennent le pas sur le héros

Après une saison 2 parfois en demi-teinte, cette saison 3 de Daredevil décide de changer la donne. L’avantage de cette saison 3 de Daredevil est de nous introduire Bullseye, l’imposteur de Daredevil (qui sert aussi de cliffangher à la saison) mais aussi de se concentrer sur Wilson Fisk. En donnant une place prédominante à Vincent D’Onofrio dans cette saison, la série parvient à regarder mon intérêt. Sans parler du fait que Wilson Bethel, qui incarne Bullseye, est lui aussi parfait. Bien meilleur que Colin Farrell dans le film avec Ben Affleck. Mais la saison se concentre aussi sur le retour de Matt Murdock après les évènements de la saison précédente. Et d’un côté ou d’un autre, son alter-ego Daredevil commence aussi à devenir problématique pour lui, et sa façon de vivre sa vie de tous les jours. A la fin de The Defenders, Daredevil était laissé pour mort mais étant donné que la saison 3 était déjà commandée, on ne pouvait pas imaginer Daredevil sans son héros. Et pourtant, cette saison n’a presque pas besoin de son héros pour que cela fonctionne réellement. On peut logiquement se demander si au fond, Daredevil ne peut pas vivre sans Daredevil et se concentrer sur d’autres personnages de l’univers. Comme cela a été le cas avec The Punisher (vu dans la saison 2) qui a eu droit à sa propre série. Je ne serais pas surpris de voir une série dérivée sur Bullseye, pendant que Daredevil disparaît (ou ne finit par devenir qu’un personnage annexe de cet univers)

Quoi qu’il en soit, la saison 3 démarre lentement et place ses pions petit à petit. Notamment avec la sortie de prison de Wilson Fisk ou bien de l’imposteur de Daredevil qui parvient à transformer ce dernier en ennemi de la nation. J’ai beaucoup aimé les ressorts narratifs et le changement de showrunner est probablement pour quelque chose là dedans. La phase de convalescence de Daredevil est donc faite pour se concentrer sur les autres personnages et donner à Vincent d’Onofrio une meilleure place que celle qu’il avait dans la première saison. En privant Daredevil de son costume, la série parvient aussi à changer un peu la dynamique et à revenir à ce qu’elle avait déjà pu faire lors de sa première saison. C’est une forme brute du héros qui permet aussi de voir que les scénaristes osent faire autre chose que de la série de super-héros classique avec un vilain et puis s’en va, ce que la saison 2 a déjà été plus ou moins. Les protagonistes de la saison sont différents mais complémentaires avec le reste. Sans parler du fait que Wilson Fisk tente de son côté de se racheter une image auprès des new-yorkais. Et cela passe par faire passer Daredevil pour le vrai traitre du peuple new-yorkais. La façon dont il installe son pouvoir est intéressant et plein de bonnes surprises.

Il y a des morts (notamment des agents) et Daredevil fait donc un peu le ménage dans tous les sens. Tout cela permet de capturer des moments différents autour de notre héros et du peu d’amis qu’il a autour de lui. Ce que je regrette dans cette saison 3 c’est probablement le fait que la première partie prend énormément de mal dans l’installation de l’histoire, alors que moins d’épisodes étaient clairement nécessaire pour raconter tout ce que la saison a voulu nous raconter. L’un de mes épisodes préférés est clairement celui nous donnant plus d’informations sur la jeunesse de Fisk et la façon dont ce dernier se rend compte aussi qu’il était un psychopathe depuis le départ. Mais son côté manipulateur est traité de façon soignée, à la fois dans la mise en scène et dans le scénario. Vincent d’Onofrio aura probablement droit à une nouvelle nomination aux Emmy Awards, comme ce fût le cas lors de la première saison et il mériterait bien d’être récompensé pour son talent. L’acteur a su habiter le personnage comme jamais et nous offrir ainsi de bonnes surprises. Le Matt Murdock vulnérable et perdu de la saison est aussi un autre intérêt de cette saison qui bouscule les codes pré-établis et permet donc d’aller de l’avant dans une dimension complètement différente. Dans un souci d’installer sa propre vision des choses, le nouveau showrunner de Daredevil a su bousculer les codes et proposer une réflexion intéressante sur le héros qui laisse la place aux vilains sur le devant de la scène. Un choix audacieux qui a payé.

Note : 7.5/10. En bref, une saison 3 soignée et efficace qui permet aux vilains de prendre le dessus sur un héros désorienté et vulnérable.

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