Critique Ciné : Dogman (2018)

Critique Ciné : Dogman (2018)

Dogman // De Matteo Garrone. Avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce et Nunzia Schiano.


Marcello Fonte, héros de Dogman, a été récompensé du prix d’interprétation masculine lors du dernier Festival de Cannes pour son rôle. Et je dois avouer qu’il le mérite amplement. Ce film dégage une vraie puissance, une profondeur, qui provient essentiellement du magnétisme de son héros. Matteo Garrone, déjà à l’origine de Gomorra, signe ici un film fort qui semble un brin plus personnel que les autres. Dans cette station balnéaire perdue de Campanie, où les richesses sont parties et où finalement l’espoir a disparu, Dogman dévoile l’histoire d’un homme discret, aimé de tous, qui va devoir faire face à son ami, qui va le ramener à une époque qu’il avait envie de laisser derrière lui. Dès le départ, Dogman s’impose. Matteo Garrone nous offre des plans bruts, qui viennent alors assumer le spectateur d’un coup de hache sans jamais lui donner envie de décrocher. On ressent alors rapidement l’ambiance de ses oeuvres précédentes mais une influence différence, plus proche des films noirs américains. Comme si son cinéma européen s’était mué en un mélange différent, à la recherche d’une étoile peut-être de l’autre côté de l’Atlantique. En apportant tout cela, il garde tout de même ce réalisme italien qui lui sied bien et sied à merveille à Dogman. Car tout ce que le film nous offre semble tout droit sortir de la réalité, tel une sorte de documentaire.

Dans une banlieue déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier. D’abord confiant, Marcello se laisse entraîner malgré lui dans une spirale criminelle. Il fait alors l’apprentissage de la trahison et de l’abandon, avant d’imaginer une vengeance féroce...

Plus le film avance et plus celui ci nous plonge dans sa spirale criminelle infernale dont il semble difficile de sortir. Le héros, si gentil, devient alors une sorte de sous-fifre qui subit finalement ce qu’il vit une fois que Simoncino est de retour. C’est un gentil garçon, trop bon trop con. Ce thriller est alors assez souvent brut et rugueux, une occasion en or de parler encore une fois de thématiques qui sont chères à Matteo Garrone mais de façon légèrement différente. Il porte aussi un regard sur la société italienne et ce coin délaissé du pays, où le pessimisme de la vie a de quoi faire peur. Comme si tout le monde avait perdu tout espoir dans la vie. Dogman est donc une oeuvre complète dans la filmographie du réalisateur et son héros, magnétique, nous conduit dans une spirale de laquelle le spectateur ne peut se défaire. Je dois avouer que je suis passé à côté de ce film, resté peu de temps au cinéma, mais je le regrette vivement. Après cette découverte, j’en ressors secoué et son héros mérite amplement sa Palme d’interprétation masculine. Le cinéma italien n’a clairement pas dit son dernier mot et Matteo Garrone semble destiné encore à une grande carrière si ce dernier continue sur cette lancée.

Note : 9.5/10. En bref, brillant.

Date de sortie : 11 juillet 2018

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