Critique Ciné : Suspiria (2018)

Critique Ciné : Suspiria (2018)

Suspiria // De Luca Guadagnino. Avec Dakota Johnson, Tilda Swinton et Chloé Grace Moretz.


Luca Guadagnino s’est lancé dans une opération assez complexe dans le sens où faire le remake de Suspiria, l’un des films marquants l’essor du giallo (un genre cinématographique d’horreur) créé par Dario Argento n’était pas ce qu’il y a de plus facile. Mais tout en gardant des traces du travail du réalisateur italien, Luca Guadagnino (A Bigger Splash, Call me By your Name) parvient à donner sa propre vision de l’oeuvre. Le film a la chance de ne pas être américanisé à outrance alors que nous sommes plongés dans un Berlin pré-chute du mur, dans une ambiance particulièrement froide et glauque. Dans le registre du remake, je dois avouer que Suspiria est étonnant. Disons que le réalisateur parvient à apporter sa propre patte et vision de l’histoire du film de Dario Argento (et je serais pour un remake de Inferno, la suite de Suspiria, et peut-être même de La Troisième Mère sorti en 2007 même si ce dernier n’était pas particulièrement exceptionnel). Suspiria nouvelle génération est tout ce que j’aime dans le cinéma d’horreur tout en conservant les meilleurs idées du film original. Le gore est graphique mais différemment mis en scène, alors que Luca Guadagnino parvient donc à apporter un vrai plus au film original plutôt que de se contenter de remettre au goût du jour un produit que l’on a déjà vu.

Susie Bannion, jeune danseuse américaine, débarque à Berlin dans l'espoir d'intégrer la célèbre compagnie de danse Helena Markos. Madame Blanc, sa chorégraphe, impressionnée par son talent, promeut Susie danseuse étoile.
Tandis que les répétitions du ballet final s’intensifient, les deux femmes deviennent de plus en plus proches. C’est alors que Susie commence à faire de terrifiantes découvertes sur la compagnie et celles qui la dirigent…

Le film décide alors de mélanger plusieurs éléments en fond dans son scénario : la seconde Guerre Mondiale, la bande à Baader, la séparation de l’Eglise Amish de l’église Ménnonite, etc. En convoquant toutes ces histoires, le film trouve alors sa force et parvient par moment à devenir d’autant plus intéressant que le film original qui valait surtout pour ses idées esthétiques, dignes d’une vraie oeuvre d’art. Ici, on conserve le côté très travaillé de l’esthétique, mais Luca Guadagnino ajoute alors sa mise en scène tout en faisant des clins d’oeil bien sentis à Dario Argento par moment.  D’une heure exceptionnelle de 2h30, il fallait que le film sache accrocher son spectateur et pour le coup, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Il y a toujours quelque chose à aller chercher et aucune des intrigues lancées durant le film ne tourne en rond. Côté casting, Dakota Johnson (50 Shades of Grey) réussi à sortir de son personnage d’esclave d’un dominateur pour nous offrir probablement la prestation la plus intéressante de sa carrière pour le moment et Tilda Swinton, que Luca Guadagnino connait déjà, brille par cette froideur naturelle qui rend son personnage addictif. Suspiria est finalement une convocation de plein de choses mais ajoute aussi quelques références à l’original de façon soignée sans pour autant tomber dans la copie.

Note : 9/10. En bref, une belle oeuvre qui s’affranchit du film de départ pour créer sa propre vision des choses. Une belle réussite.

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