House of Cards (US) (Saison 6, 10 épisodes) : le passé n'en fini jamais avec le présent

House of Cards (US) (Saison 6, 10 épisodes) : le passé n'en fini jamais avec le présent

House of Cards c’est fini ! Avec Kevin Spacey viré de la série suite aux allégations d’agressions sexuelles dont il est aujourd’hui accusé, c’est au tour de Robin Wright de prendre les commandes. Elle prend alors sa place sur le fauteuil de Présidente des Etats-Unis (puisque dès que le Président meurt, c’est le vice Président qui prend sa place). Au fil des années, House of Cards n’a eu de cesse de baisser en intérêt pour les téléspectateurs de Netflix. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti, même si la saison 5 était plutôt bonne dans son ensemble et laissait envisager une saison finale explosive. Mais il n’en est rien. La série a bien du mal à rattraper ici toutes ses erreurs passées et ce même si Robin Wright, qui a toujours été le membre du casting que j’apprécie le plus ici, prend clairement son rôle à coeur. La série peut alors plonger sereinement dans la vague féministe du mouvement #MeToo. Le scénario est simpliste et c’est justement là que House of Cards fait une véritable erreur. En formant un cabinet entièrement féminin, la série tente alors de jouer avec son scénario avec parfois des moments étranges qui ne parviennent pas à faire grand chose. La série joue alors aussi sur des thématiques actuelles sans réellement traiter des sujets en profondeur. C’est l’erreur que fait déjà Designated Survivor (que Netflix a racheté et dont elle produira une saison 3).

La série n’a de cesse de nous rappeler qui a été le héros de la série pendant cinq saisons. Les scénaristes ont du mal à faire de Claire la Présidente alors que la série aurait dû conserver son héros jusqu’au bout. C’est là que l’on imagine que finalement cette saison a été écrite et construite par dépit, à cause de Kevin Spacey (quel con tout de même !). Frank Underwood est alors omniprésent de par son nom et qui prend une place des plus importante dans l’intrigue de la saison. Robin Wright a alors souvent du mal à se faire une place dans ce monde impitoyable même si l’actrice s’en donne à coeur joie. Tout est alors fait pour rappeler qui a été le Président dans cette série et qui a été le personnage le plus important. Même quand Claire demande, face caméra, au téléspectateur, « Est-ce que Francis vous manque ? ». C’est comme une façon de se moquer de nous finalement et je dois avouer que sur le coup c’est assez drôle mais qu’au bout d’un moment, House of Cards devient répétitive sur le sujet et a du mal à se défaire de ses propres fantômes. La série n’a alors de cesse de répéter ce qui s’est fait durant les cinq saisons précédentes au détour de dialogues en tout genre (notamment la mort de Zoe Barnes dans la première saison).

Sans parler de personnages qui débarquent dans la série et qui auraient connu les Underwood. Sauf que l’on n’en a jamais entendu parler auparavant. C’est un peu facile que de créer des personnages de toute pièce pour le besoin de l’intrigue. Et la saison se laisse alors faire avec toutes ces facilités qui deviennent très rapidement ennuyeuses. Si globalement il y a aussi de bonnes idées (revenir sur le passé de Claire par exemple), et que la manière dont la politique de Claire tente de se faire une place face aux accusations dont elle est la victime (notamment ses avortements à répétition, etc.) est assez sympathique, je trouve que House of Cards manque d’un petit truc encore. Côté fin, je dois avouer que le dernier épisode fait son petit effet. La dernière image de l’épisode est suffisamment bonne pour conclure la série comme elle a commencé. Le final est mené tambour battant avec des révélations qui tombent et des personnages qui ont enfin un intérêt dans la narration. Pourtant, le début de saison a été sacrément laborieux et c’est justement ça qui plombe complètement l’ambiance ici. La série manque toujours de Kevin Spacey, ce qui cause aussi un certain manque de rythme pendant que la série tente de trouver ses nouvelles marques.

A un moment j’ai vraiment eu l’envie de décrocher, de me dire que j’irai voir la suite de la saison beaucoup plus tard. Puis, en prenant sur moi, je me suis dit que ce n’était pas totalement mal non plus et j’avais une soudaine envie de voir la conclusion de cette série que j’ai suivi pendant 6 ans. La série brosse tout un tas d’éléments sans chercher à creuser en profondeur les sujets : le problème russe, les médias et leur vision de Claire et de son passé, etc. Tout est fait sans réellement chercher à creuser quoi que ce soit alors forcément le tout est légèrement décevant à mon goût. La scène finale de la saison est clairement un hommage à Frank où Doug devient finalement Frank cette année par la force des choses. Finalement, House of Cards n’offre pas sa meilleure saison, loin de là, mais se rattrape sur les trois derniers épisodes qui permettent d’apporter un rythme suffisant pour faire frémir notre palpitant.

Note : 5/10. En bref, la fin rattrape un peu un début de saison mou du genou qui a du mal à trouver ses marques après le départ de son héros.

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