Critique Ciné : Native Son (2019, HBO)

Critique Ciné : Native Son (2019, HBO)

Native Son // De Rashid Johnson. Avec Ashton Sanders, Bill Camp et Margaret Qualley.


On a pu réellement découvrir Ashton Sanders dans Moonlight (2016) sous les traits de Chiron. Il revient ici en tête d’affiche de Native Son, le dernier film de HBO mit en scène par Rashid Johnson (dont c’est le premier film) en adaptant le roman de Richard Wright (déjà adapté en 1951 et 1986) sur un scénario de Suzan-Lori Parks (Girl 6). L’histoire controversée qu’il y a derrière Native Son est intéressante et d’autant plus au XXIe siècle. En transposant l’histoire de Richard Wright de nos jours, le film donne un élan moderne à cette aventure pas toute rose. En ajoutant au récit toutes les sources de problème autour de la race, de la classe sociale et des privilège, le film trouve un point d’attache intéressant. Rashid Johnson nous invite dans le monde torturé de Bigger Thomas, en séparant son histoire en trois chapitres distincts : Destin, Peur et Fuite. Si au départ Bigger Thomas est un brin sur de lui et arrogant, l’histoire évolue de façon suffisamment intéressante pour nous envelopper de cette aventure. Johnson filme Chicago à son avantage, en montrant toute la grandeur de la ville. Et quand tout le monde demande à Bigger Thomas de chercher un boulot plus intéressant que celui qu’il a actuellement dans lequel il semble se complaire, alors les choses changent et évoluent et les questionnements sont d’autant plus intéressants.

Bigger Thomas, jeune afro-américain de vingt ans, évolue dans la pauvreté du sud de Chicago. Jusqu'au jour où il se fait embaucher comme chauffeur pour un riche homme d'affaires. Très vite, il va se retrouver entraîné dans une situation dangereuse avec sa fille.

Le film nous plonge rapidement dans la société de classes sociales et le monde des privilégiés, avec tout ce que cela peut impliquer pour Bigger Thomas mais aussi pour les autres. Sa relation avec le millionaire Henry (incarné par Billy Camp) qui l’accueille à bras ouverts, met alors le personnage au milieu de son univers et d’un monde qu’il ne connait pas. Cette intersection entre la race et la classe sociale est une étude que Native Son tente de faire de façon intelligente, non sans quelques défauts. Native Son est un film assez simple à développer, mais les questions de races, classes sociales et justices ne le sont jamais vraiment. Le choix de Johnson d’adapter le travail de Wright est ce qui garde le film à flot, mais la narration ne donne pas toujours le résultat escompté quand le réalisateur se repose un peu trop sur l’empreinte de l’auteur. Le film pousse par moment son spectateur à chercher des réponses un peu plus loin que le bout de son nez et c’est peut-être ce qu’il y a de plus dommageable. Car si l’imagination du spectateur n’est pas forcément une mauvaise chose, elle livre plusieurs interprétations des images que l’on a à l’écran et peut-être pas le message que voulait faire passer Native Son au premier abord.

Note : 5.5/10. En bref, une adaptation sympathique mais qui manque par moment du mordant de l’oeuvre originale.

Date de sortie : Prochainement en France - Directement sur HBO aux Etats-Unis

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