Critique Ciné : Raoul Taburin (2019)

Critique Ciné : Raoul Taburin (2019)

Raoul Taburin // De Pierre Godeau. Avec Benoît Poelvoorde, Edouard Baer et Suzanne Clément.


Après Éperdument (2016) et 11.6 (2013), Pierre Godeau tente la fantaisie et l’absurde de l’aventure de Raoul Taburin. Cette bande dessinée pleine de potentiel cinématographique est alors retranscrite ici dans un film correct qui manque cruellement de folie. Pour autant, il y a une plénitude dans ce film qui donne la banane. L’histoire de Raoul Taburin est tout de même terrible, basée sur un mensonge qui court depuis sa plus tendre enfance et un exploit qu’il a laissé vivre pour l’éternité. Dans cette délicatesse bienveillante se cache alors l’oeuvre de Jean-Jacques Sempé qui, si vous la connaissez, est très joli en bande dessinée. Le film l’est un peu moins, notamment à cause de cette voix off souvent inutile qui vient en rajouter des tonnes sur ce calme olympien que Raoul Taburin tente de nous proposer en parallèle. Survie alors aussi un peu Benoït Poelvoorde qui est terriblement touchant dans cette histoire et probablement le membre le plus intéressant de ce casting. Sans lui, Raoul Taburin ne serait pas aussi sympathique. Peut-être aussi car Poelvoorde est un fan déclaré de Sempé et qu’il connait donc bien le personnage qu’il incarne. Du coup, tant celui-ci croit en ce qu’il raconte, tant les autres donnent l’impression de planer au dessus, sans réellement s’impliquer dans ce que le récit veut faire.

Raoul Taburin, c’est l’histoire d’un petit garçon devenu grand sans savoir faire du vélo. L’histoire d’un immense malentendu vécu comme une malédiction. Un imposteur malgré lui.

Et c’est justement ça qui est problématique à mon goût. Car la poésie de Raoul Taburin est justement cette capacité à nous transporter dans un univers fait de fantaisies et d’absurde. La façon dont chaque nom de ce petit village incarne des mots est probablement ce que j’ai le plus aimé, déjà dans la bande dessinée, mais aussi dans le film. Cela donne un côté plus personnifié à l’histoire qui la rend rapidement attachante. Mais bien que Pierre Godeau soit clairement sincère dans ce qu’il entreprend ici, je dois avouer que je m’attendais à quelque chose de légèrement différent, peut-être d’un peu plus fou où le film ne donnerait pas l’impression de tourner en rond par moment et autour d’un pot qui semble à moitié plein. Finalement, Raoul Taburin est donc une bonne surprise sur certains points et notamment la prestation de Benoït Poelvoorde, mais sur le reste il pêche un peu. Notamment dans ses autres membres du casting, Suzanne Clément si peu présente (alors qu’elle illumine le film par sa simplicité) et Edouard Baer légèrement ennuyeux en photographe qui ne sait pas faire de photos (ni de vélo).

Note : 4.5/10. En bref, d’une bande dessinée pleine d’amour de la fantaisie et de l’absurde ressort un film souvent plat. Reste cependant la prestation d’un Poelvoorde au sommet de son art.

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