Run (Mini-series, 4 épisodes) : la vie n'est pas un long fleuve tranquille

Run (Mini-series, 4 épisodes) : la vie n'est pas un long fleuve tranquille

Ce qui a brillé sous les traits d’une reine dans La Favorite se retrouve ici à incarner l’une des quatre histoires que Run nous conte. J’ai toujours été fasciné par le talent d’Olivia Colman qui incarne d’ailleurs la Reine Elizabeth II dans The Crown (Netflix) et que j’ai adoré dans Broadchurch ou encore Flowers (cette dernière est une petite pépite). Mais dans cette mini-série de Channel 4, l’actrice est l’héroïne du premier épisode et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas vraiment la joie pour elle. L’humanité qui transpire de l’écriture de cette mini-série m’a tout de suite fasciné, comme un long voyage dans les méandres de la vie mais aussi dans ses malheurs. Tout cela est lié à quelque chose de bien différent car le crime qui a été commis permet justement de lier le destin de tous ces personnages alors qu’au premier abord, on pourrait penser l’inverse. Mais Olivia Colman brille constamment tout au long de cet épisode qui pose les bases de cette mini-série. On est clairement ici dans la vie mais dans ce qu’elle a de plus difficile par moment et ce personnage de mère lui sied tellement bien que l’on n’a plus l’impression de voir l’actrice, mais réellement son personnage de Carol. Cette mère de famille avec deux enfants terribles va rapidement tomber dans un piège, celui de ses propres enfants qui ont battu un inconnu à mort, elle est alcoolique et son ex est un ex mari violent.

Les destins croisés de vies séparées, à travers l’histoire de quatre personnes qui vont se retrouver face à des choix dans un monde où la survie n’est jamais un cadeau.

Les scénaristes ont vraiment décidés de ne pas faire de cadeau à son personnage. La misère qui transpire de ce premier épisode a de quoi devenir rapidement déprimante mais le scénario est tellement bien écrit que l’on oublie par moment que ce n’est que de la fiction. Mais afin de faire le lien avec le second épisode, Carol a vendu des téléphones volés à une jeune immigrée chinoise qui est sur le sol britannique illégalement. Cette dernière est le sujet du second épisode et permet de retrouver Lennie James (Line of Duty, The Walking Dead) dans un rôle qui là aussi lui va très bien. Même si ce dernier n’est pas le sujet de l’épisode 2 mais de l’épisode 3, son introduction fait tout de suite son petit effet. « Ying », le second épisode nous plonge dans un univers complètement différent de « Carol ». Nous sommes ici dans un monde particulièrement violent alors que Ying, pour payer sa dette, est obligée d’endurer des viols et de vendre des copies pirates de DVD. Je me demande si ce genre de marché parallèle fonctionne encore de nos jours étant donné qu’avec le téléchargement et les services de streaming, le DVD a un peu disparu des ménages.

Mais quoi qu’il en soit, ce destin est presque plus horrible que celui de « Carol ». Le lien entre le premier épisode et le second est rapidement défini par une histoire de téléphones volés et sincèrement, je dois avouer que le scénario est suffisamment malin pour que l’on ait véritablement l’impression que ces destins sont liés. Car même Richard, le troisième épisode de la mini-série, incarné par Lennie James, est lié par le second épisode assez rapidement. Le casting est terriblement important dans l’histoire de Run et aucun de ceux qui incarnent chacun des personnages de la série n’est mauvais. Au contraire, ils semblent tous se surpasser. Neil Maskell, sous les traits de l’ex terrifiant de Carol, est lui aussi brillant. Lennie James de son côté apporte une certaine forme de pathos dont il a le secret dans son jeu d’acteur et c’est brillant. Cet ancien junkie, accro à l’héroïne, n’est pas le genre de personnages qu’il a pour habitude d’incarner dans mon esprit, mais dans son combat contre ses addictions, là aussi la vie ne lui réserve aucun cadeau. Alors que la série s’appelle Run, tout le monde tente justement d’échapper à ce destin terrible.

Quant au dernier épisode, c’est celui de Kasia, une jeune femme polonaise qui est arrivée à Londres au départ avec l’espoir d’une vie meilleure. Mais elle a rapidement déchanté. Des années après son arrivée elle travaille toujours en tant que femme de ménage, avec la difficulté de boucler les fins de mois et faisant face à un petit ami avec une addiction au jeu. Cette dernière historie m’a rappelé Cleaning Up même si les aventures sont légèrement différentes. Au travers de ces 4 épisodes, Run développe de vraies aventures particulièrement terrifiantes autour de la vie de chacun des personnages, tout en interconnectant intelligemment les destins de chacun avec ceux des autres. Je ne m’attendais pas à être aussi surpris mais je suis forcé de constater que les britanniques sont toujours des champions dans tout ce qui touche aux mélodrames tire larmes avec un vrai constat social dans le fond qui peut donner à réfléchir sur la société britannique et la façon dont chacun est traité s’il n’est pas un privilégié et les conséquences que cela peut avoir (de terrible) sur les choix de vie que chacun de ces personnages peut faire.

Note : 7.5/10. En bref, des chroniques de vie particulièrement terrifiantes mais brillantes.

Diffusée en juillet 2013 sur Channel 4.

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