Special (Saison 1, 8 épisodes) : aimer et être aimer

Special (Saison 1, 8 épisodes) : aimer et être aimer

Ryan O’Connell a adapté ses mémoires (« I’m Spécial : And Other Lies We Tell Ourselves ») pour Netflix et se met même en scène dans son propre rôle. Dans huit épisodes très courts (20 minutes maximum) on se retrouve plongés dans le quotidien pas toujours facile de notre héros. Cette petite comédie a tout d’une grande et mélange finalement les bons ingrédients. Avec un brin de Please Like Me et un autre d’Atypical, Special est justement spéciale, mais dans le bon sens du terme. Ryan O’Connell, alors plus connu pour avoir été scénariste de Will & Grace ou encore Awkward, trouve ici une façon de raconter ses mémoires et donc de s’inspirer de sa propre vie et de ses propres expériences pour faire une série touchante, loin de la caricature. C’est alors que l’on plonge dans le quotidien de ce garçon qui veut s’émanciper et quitter sa mère qui n’a de cesse de le couver depuis tout petit. Tout cela va commencer avec un stage dans la rédaction d’un magazine en ligne où il va rédiger l’article le plus lu de tout le site Internet. Bien que par moment Special tire sur la corde pour créer des ressorts comiques, le tout est fait sans jamais moquer le héros. Bien au contraire, le but est de nous toucher avec son histoire et ça fonctionne.

Couvé par sa mère, un jeune homosexuel atteint de paralysie cérébrale légère décide de prendre son destin en main, et réécrit son histoire pour vivre sa vraie vie, enfin

L’autodérision est donc une force dans Special, mais elle sert le récit et la façon dont la vie ne fait pas de cadeau à Ryan. C’est donc un récit sur le travail acharné d’un garçon qui a voulu être accepté comme il est, et qui a voulu avoir une vie différente que celle que sa maladie semble le contraindre à avoir. Certaines répliques sont d’ailleurs hilarantes, car l’on sent que tout cela est fait avec bienveillance. Par ailleurs, cette comédie est aussi Special par son format. De court épisodes de 15 minutes c’est étonnant mais cela donne un rythme aussi à cette série qui change de ce que l’on peut voir sur Netflix. Il y a un vraie espace de liberté sur cette plateforme qui permet aux créateurs de faire ce qu’ils veulent dans leur façon d’aborder les formats de leurs séries. Grâce à une écriture finaude et des personnages attachants, Special s’inscrit comme la bonne surprise venue un peu par hasard sur Netflix. Produite par Jim Parsons (The Big Bang Theory), la série permet aussi de créer un espace de visibilité pour le handicap. Après Atypical, Netflix semble chercher de nouvelles idées pour mettre en valeur des gens que l’on voit peu sur le petit écran et c’est remarquable. Surtout quand c’est fait avec autant de finesse que dans Special. Car même l’humour est aussi soigné, où toutes les répliques tombent sous le coup d’une bonne idée et ne sont pas baladées par un scénario ronronnant.

Special ne cherche pas à faire de la démonstration et sait séduire au delà de son héros handicapé. Car cette comédie parle aussi d’autres sujets et notamment d’homosexualité et de la difficulté de s’engager dans une relation. Je retrouve un peu de Please Like Me dans cette partie du propos et ça me plaît là aussi. Je n’attendais rien de cette série, d’autant plus qu’elle est tombée sous mon nez par hasard, mais je dois avouer qu’elle est soignée, produite avec élégance et met en scène des personnages auxquels on s’attache tout de suite. Je regrette presque le fait qu’il n’y ait que huit épisodes d’une durée aussi petite car il aurait justement été intéressant de creuser le tout différemment.

Note : 7.5/10. En bref, une belle surprise venue de Netflix.

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