Critiques Séries : Years and Years. Saison 1. Episode 3.

Critiques Séries : Years and Years. Saison 1. Episode 3.

Years and Years // Saison 1. Episode 3. #1.3


Russell T. Davies continue de faire Madame Irma sur notre futur politique, économique et social. Ou plutôt surtout celui des britanniques mais le destin de l’Europe reste aussi important avec la montée du populisme, l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en France et la montée en puissance des lois anti-homosexuels en Ukraine à cause du régime russe.

Pour autant, je dirais que la série commence à en faire un peu trop. A trop prédire de choses dans ce monde qui va vite, je dirais qu’elle s’égare par moment. Viviane Rook a donc désormais sa propre chaîne de télévision qu’elle ne décrit pas comme une campagne mais comme sa propre « maison ». Ce n’est pas la première fois qu’un politique a sa propre chaîne de télévision. Pas si loin de chez nous, en Italie, Berlusconi a utilisé la télévision à son avantage. Viviane est donc maintenant au parlement britannique et avec ses sièges, elle peut faire ce qu’elle veut et choisir les lois. En effet, avec le même nombre de sièges pour le parti conservateur et le parti travailleur, elle peut maintenant choisir l’avenir du pays. Et peut-être faire passer ses idées : imposer une taxe sur les importations de vin étrangers pour financer le vin britannique (un truc qui n’est pas sans faire écho à Trump et sa politique vis à vis des importations chinoises vers le sol américain) ou bien imposer un test de QI aux citoyens qui veulent voter et interdire de vote ceux qui sont en dessous de 70. Je dirais que tout n’est pas surréaliste, mais que la série veut toujours partir du point de vue de la catastrophe qui peut venir balayer nos petites vies.

Viviane Rook - « On every vote they can come to me and I will decide. »

Comme la crise des banques dans l’épisode précédent qui conduit à de gros problèmes dans l’industrie pharmaceutique, sans parler de tout le reste. En parlant de médecine, les avancées technologiques continuent de toucher les Lyon alors que Bethany part sur un bateau de croisière (tenu par des russes, slovaques et roumains) transformés en hôpitaux de fortune pour se faire opérer à moindre prix. Elle veut un oeil « digital ». Sauf que l’opération ne va pas très bien se passer. L’idée est saugrenue, mais la façon dont la série amène la chose et créé finalement un débat sur les avancées technologiques : sont-elles réellement bonnes pour notre santé ? Je dirais que non. Enfin, pas toutes. Puis par moment, la série revient à sa vision de la politique qui ressemble finalement un peu trop à ce que l’on vit déjà de nos jours. Comme quoi en 2026, peu de choses vont changer. Après tout, les extrémistes sont arrivés en tête lors des élections européennes en France… donc quand Russell T. Davies les imagine au pouvoir, rien ne m’étonne plus vraiment.

Stephen de son côté a perdu 1,135 millions de livre dans l’épisode précédent avec la crise économique et la fermeture de plusieurs banques. Il devient maintenant livreur à vélo. La scène où avec sa famille muette dans la voiture il roule sur un vélo est complètement absurde. Ce moment casse un peu le délire que la série veut créer. Si par moment Years and Years est une satire, elle pourrait aussi très bien le faire à la manière d’un Ken Loach, sans scènes ridicules de ce genre là qui n’apportent rien au final. Oui, et pour Stephen cela sent le roussi maintenant que sa femme a appris qu’elle était trompée. De son côté, Daniel continue de discuter avec son petit ami Viktor mais le danger est toujours là pour sa vie et Viktor décide alors de passer la frontière pour immigré en Espagne. Si pour le moment l’histoire ne va pas très loin, le prochain épisode devrait rendre les deux personnages pas intéressants. Rosie de son côté perd son boulot à la cantine à cause de la chute des marchés banquiers, le gouvernement les sauve et prend de l’argent aux écoles. Sans parler d’Edith, dont l’espionnage va faire tomber une grosse société qui se trouve avoir financer des camps de concentration à Damas. Si j’aime bien Edith, je trouve que Years and Years n’exploite pas suffisamment bien son histoire.

Côté personnage, la série explore donc les évolutions du monde et les conséquences que cela peut avoir sur la vie de chacun des Lyon. Si par moment je trouve que c’est absurde ou que Russell T. Davies va trop loin, je ne peux pas m’empêcher d’être fasciné par ce qu’il a créé ici. C’est à la fois un monstre et quelque chose qui me fascine terriblement.

Note : 7/10. En bref, pas le meilleur épisode de la saison, mais j’ai déjà hâte de voir la suite…

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Askwhy 03/06/2019 18:29

"La scène où avec sa famille muette dans la voiture il roule sur un vélo est complètement absurde."
Au contraire, c'est la conclusion logique de cet arc narratif qui n'a absolument rien d'une fiction. Dans sa vie antérieure, Stephen avait tout fait "comme il fallait" jusqu'à ce que ce le système s'écroule. Alors quand il faut changer brusquement de mode de vie, et passer à un "bullshit job" mal considéré, mal payé, avec des contraintes ubuesques, voir ce livreur en pleine nuit le ramène obligatoirement à sa condition et à son échec personnel dont il endosse (presque) toute la responsabilité. Alors s'il y a bien quelque chose de cohérent, c'est bien cela; lui rouler dessus pour exprimer sa frustration et son impossibilité de voir le bout du tunnel. C'est à lui-même qu'il en veut, finalement. Moi j'ai crû qu'il allait le tuer, le pauvre livreur ! Il n'y a aucune absurdité dans ce geste de désespoir, c'est humain, et superbement mis en scène par ailleurs.