Critique Ciné : Greta (2019)

Critique Ciné : Greta (2019)

Greta // De Neil Jordan. Avec Isabelle Huppert, Chloe Grace Moretz et Maika Monroe.


Neil Jordan (The Borgias) propose donc avec Greta de faire du Roman Polanski, sans réellement sortir des sentiers battus. Je trouve dommage que ce thriller psychologique à l’idée de départ particulièrement excitante tombe souvent dans certains pièges et laisse alors une sorte d’arrière goût simpliste. Le vrai intérêt de ce film est donc clairement de voir Isabelle Huppert incarner une psychopathe en puissance qui n’a pas froid aux yeux et qui ose tout ce qui est possible pour nous filer quelques frissons. Neil Jordan dans sa façon de faire ici s’inspire clairement de ce que l’on a déjà pu voir chez Roman Polanski au cinéma, en se concentrant sur des personnages féminins qui supplantent souvent le scénario en lui-même. Le but de Greta n’est clairement pas de dévoiler un twist imprévisible (il aurait été compliqué de ne pas comprendre la fin au début du film), mais de nous offrir un divertissement, qui sans renouveler le genre propose tout de même de bonnes surprises. En effet, Isabelle Huppert est une vraie tordue. Pour autant, Greta manque parfois d’ingrédients qui pourraient sortir l’histoire de la naphtaline. En effet, on a déjà vu ce genre de thriller des dizaines de fois auparavant et le seul lot de consolation serait donc l’actrice française ? Malheureusement oui.

Quand Frances trouve un sac à main égaré dans le métro de New York, elle trouve naturel de le rapporter à sa propriétaire. C’est ainsi qu’elle rencontre Greta, veuve esseulée aussi excentrique que mystérieuse. L’une ne demandant qu’à se faire une amie et l’autre fragilisée par la mort récente de sa mère, les deux femmes vont vite se lier d’amitié comblant ainsi les manques de leurs existences. Mais Frances n’aurait-elle pas mordu trop vite à l’hameçon ?

Et Chloe Grace Moretz dans tout ça? Une vraie gourde. Pas que l’actrice soit mauvaise, juste que son personnage de fille gentille perdue dans une ville trop grande, ce n’est pas spécialement excitant. Le film commence alors plutôt bien en installant un climat d’insécurité, où l’on ne sait pas trop où l’on met les pieds. Mais, patatra, la bande annonce qui avait tournée en boucle au cinéma pendant les semaines précédentes n’aide pas à trouver le tout suffisamment original. De plus, malgré le côté invraisemblable de Greta, le film a parfois du mal à s’accrocher au spectateur au milieu de celui-ci. On se retrouve alors avec un mauvais cruel de surprise et le film peut devenir légèrement ennuyeux. Jusqu’au moment où celui-ci nous offre un rebondissement… Neil Jordan met le tout en scène de façon classique, sans chichi ce qui n’est pas plus mal dans un sens mais qui manque justement de fraicheur. Greta c’est donc un thriller psychologique qui sent bon la naphtaline où Isabelle Huppert démontre encore une fois qu’elle peut faire peur avec son regard de femme folle, monoexpressive. En somme, du divertissement sympathique du dimanche pluvieux, rien de bien transcendant non plus. Mais efficace pour certains jolis moments.

Note : 5/10. En bref, un thriller psychologique passable avec une fille pas dégourdie qui entre dans le cercle d’une folle furieuse prête à tout.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article