Critique Ciné : Anna (2019)

Critique Ciné : Anna (2019)

Anna // De Luc Besson. Avec Sasha Luss, Helen Mirren et Luke Evans.


Après la déception Valérian, Luc Besson propose une sorte d’actualisation de sa propre filmographie. Anna n’est pas sans rappeler Nikita par moment, sauf que Anna n’est pas Nikita. Et ne sera jamais le phénomène de pop culture française que Nikita a pu être (qui avait tout de même conduit à la création d’une série adaptée du film). Anna c’est du film d’espionnage pop corn, qui se consomme et ne donne pas forcément envie de revenir non plus en déguster un nouveau pot. Fort heureusement pour Luc Besson, ce sont des années d’expérience dans le domaine du film d’action qu’il met ici au service de son histoire d’agent du KGB, de double agent, de triple agent (et franchement, au bout d’un moment les révélations donnent le tournis plus qu’elles ne surprennent). Les aller-retour dans le passé n’apportent jamais vraiment de rythme au film mais au contraire cassent bien souvent ce que celui-ci tente de mettre en place. Le passé d’Anna est peut-être intéressant sur certains points mais n’était pas toujours indispensable et donne alors l’impression parfois que tout ne sert strictement à rien dans la construction du « présent » de l’histoire.

Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment ANNA et qui est “échec et mat”.

Luc Besson, derrière sa caméra, fait ce qu’il sait faire et le fait bien. Malgré les défauts inhérents au scénario, il sait donne à son histoire des images efficaces qui nous plongent dans un univers pourtant vu et revu (mais avec sa vision des choses). L’action peut donc largement rattraper certains problèmes narratifs, tant dans la mise en scène que dans les chorégraphies (même si de ce point de vue là, on n’est pas dans John Wick non plus). D’un autre côté, j’ai eu l’impression en regardant Anna d’avoir revu Red Sparrow (avec Jennifer Lawrence) et ce n’était pas vraiment brillant. Du coup, Sasha Luss tente de jouer son rôle de femme fatale et d’apporter un petit truc qui manque au film. Même si cela est assez vain, elle a tout de même un charme de vierge du cinéma qui donne à son personnage une allure différente, un peu comme Nikita à son époque. Luc Besson recycle donc encore un peu ce qu’il sait faire, pas toujours avec les meilleurs trucs mais Anna sera le petit divertissement de votre été si vous avez envie de sortir votre cerveau de sa coquille et le poser à l’entrée de la salle.

Note : 5/10. En bref, honorable mais dispensable.

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