Dark Mon£y (Mini-series, 4 épisodes) : l'Enfer c'est les autres

Dark Mon£y (Mini-series, 4 épisodes) : l'Enfer c'est les autres

Parler du mouvement #MeToo dans une mini-série était un choix judicieux. Dark Money décide donc d’explorer la face sombre de Hollywood avec une histoire créée de toute pièce mais qui résonne comme un récit inspiré. Et pourtant… Dark Money n’est pas aussi bonne qu’elle en avait l’air sur le papier. Créée par Levi David Addai (Youngers), la série a beau faire ressentir la charge émotionnelle à certains moments, il manque tout de même des personnages suffisamment bien construits pour donner à Dark Money tout son intérêt. Le but est clair ici : parler des travers de Hollywood et la façon dont l’argent peut parfois détruire une famille alors que le but était tout l’inverse. Ce n’est pas la première fois qu’une série met en scène une telle histoire, mais c’est la première fois que c’est le sujet principal. Au fil des épisodes, l’idée pourtant passionnante n’arrive jamais à décoller suffisamment pour rendre le récit palpitant. Certes, l’émotion qui se dégage de cette famille est papable et c’est clairement ce qui donne l’envie d’aller au bout des quatre épisodes.

Famille ordinaire de la classe moyenne londonienne, les Mensahs voient leur fils projeté sous les feux des projecteurs. Alors qu'Isaac rentre tout juste des Etats-Unis, leur monde s'effondre lorsqu'il se fait jour que le jeune garçon a été sexuellement abusé sur le tournage d'un film Hollywoodien. Désemparés, les parents acceptent un dédommagement financier afin de passer sous silence les mauvais traitements subis par leur enfant. L'argent suffira-t-il à effacer les dégâts ?

Peut-être que pour raconter cette histoire moins d’épisodes étaient nécessaires. On sent que le créateur de la série cherche à étirer inutilement certains moments à la recherche probable d’émotions, mais ne parvient pas vraiment à en créer. C’est un sujet délicat que de parler d’abus sexuel, mais je ne suis pas sûr que le silence et les moments lancinants soient mieux que des dialogues bien écrits. Après quatre épisodes, j’aurais aimé en retenir quelque chose, comme une sorte de leçon sur Hollywood et les vilains qui ont, pendant des années, abusés d’enfants, de femmes, d’adolescent(e)s, etc. J’ai l’impression que le drame que Dark Money cherche à créer se perd à un moment au milieu du premier épisode pour laisser place à de la contemplation émotionnelle. Bien que cela soit une idée riche, ce n’est pas aussi bien fichu que prévu. Car le sujet n’avait pas besoin d’autant de temps pour être conté. Il manque alors des dialogues pour enrichir le récit et surtout le développer de façon plus soigneuse.

De plus, Dark Money parle de parents qui ont décide de vendre leur âme au diable pour leur propre bien pour sortir de la situation dans laquelle ils sont. Ce sont des gens lambda, de la classe moyenne, et un peu de beurre dans les épinards sur le dos de leur fils abusé, ce n’est pas grave. Et la série joue assez mal sur les conséquences malgré quelques jolis moments où le casting parvient à devenir la force numéro une de Dark Money. Tout cela ne parvient pas à suffisamment rendre le tout intéressant, où les personnages naviguent sans être dirigés par une histoire qui tient la route du début à la fin. Pire, plus les épisodes passent et plus Dark Money s’embourbe dans sa bonne idée de départ pour délivrer quelque chose de décevant.  

Note : 3.5/10. En bref, si je salue l’idée, l’exécution est plus que ratée.

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