Critique Ciné : Mon Frère (2019)

Critique Ciné : Mon Frère (2019)

Mon Frère // De Julien Abraham. Avec MHD, Darren Muselet et Aïssa Maïga.


Mon Frère n’est pas sans rappeler Dog Pound (2010) de Kim Chapiron. Ce n’est pas aussi violent et pas aussi fascinant mais Mon Frère s’accroche bien à son récit et utilise suffisamment bien son histoire pour nous intéresser au destin de Teddy. Certaines révélations sont assez prévisibles (notamment sur ce qui a conduit Teddy dans ce C.E.F.) mais pour son premier rôle au cinéma, le rappeur MHD (toujours en détention provisoire suite à un soupçon de meurtre) s’avère plutôt convaincant. Derrière le mutisme de son personnage se cache quelque chose qui permet à Teddy de devenir hypnotique par moment. Le reste du casting n’est pas en reste et nous permet de nous accrocher. Et c’est en grande partie grâce à l’épatante interprétation du rappeur MHD que je n’aurais jamais imaginé si bon acteur après avoir été un (bon) rappeur. Ce drame s’avère aussi violent dans certains moments où comme Dog Pound il tente de montrer (avec certains clichés) la dure réalité de ces centres éducatifs fermés qui ne sont pas des havres de paix. Le film propose aussi certains moments émouvants qui viennent nous rapprocher des personnages et rendent le tout un brin plus réaliste qu’il ne semble l’être au départ.

Parce qu’il voulait protéger son petit frère d’un père trop violent, Teddy, un jeune sans histoire, se voit accusé du meurtre de son père et est envoyé dans un Centre Educatif Fermé, dans l’attente de son procès pour parricide. Il plonge alors dans un univers brutal dont il ne connaît pas les règles. Il fait la connaissance d’Enzo, le caïd du centre. Après une période d’affrontement dur, leur amitié va leur permettre de déjouer le destin qui leur était promis.

Mon Frère est aussi solide car il est basé sur des années de recherches. L’écriture du scénario a duré trois ans ce qui lui donne justement cet angle plus fort que prévu. Même si par moment Mon Frère tombe sur des os, il les utilise pour mieux nous plonger dans cet univers glacial où les jeunes sont presque livrés à eux mêmes et où les éducateurs ont du mal à garder l’autorité en place. Son premier film cette année, Made in China, n’était pas spécialement réussi (malgré le fait qu’il montre un autre visage de la culture asiatique en France et à Paris). Mais ici, Julien Abraham parvient à faire quelque chose de sympathique et surtout un mélange intéressant. Parfois on peut aussi penser à La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot, même si ce n’est pas toujours à la hauteur de ce film là, mais avec quelques jolis flashbacks qui viennent nous conduire à la révélation finale ou encore la vie de ces jeunes ados dans le centre, le tout fonctionne comme un drame engagé. Le réalisateur veut que l’on oublie pas ces jeunes et une phrase de Jalil Lespert symbolise parfaitement ce qu’il veut dire « Je crois en vous, vous êtes l’avenir ».

Note : 7.5/10. En bref, un drame social engagé et plutôt réussi avec la découverte d’un talent : celui d’MHD.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article